vendredi 13 juin 2008

L'espoir, la censure et résolution

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Il est coïncidences parfois troublantes dans l'actualité. Des événements dont l'occurrence simultanée ne présente pas de rapport de causalité, mais dont l'association prend un sens pour qui les perçoit, c'est la définition que Jung donnait de la synchronicité.

Voici une synchronicité qui devrait parler aux membres du MoDem comme à de nombreux autres citoyens:


Premier événement: l'espoir.

Le 8 juin dernier lors de la Convention sur l'Europe, organisée par le MoDem et Marielle De Sarnez, la magistrate franco-norvégienne Éva Joly intervenait brillamment sur le pillage des ressources des pays pauvres, l'industrie du blanchiment d'argent, l'impossibilité de tacler les abus par les instances judiciaires nationales et la nécessité d'une justice financière supranationale et européenne. Attentivement écoutée, chaleureusement applaudie, Éva Joly a convaincu au MoDem. Un MoDem unanimement prêt à l'accueillir dans ses rangs et l'investir comme candidate aux prochaines élections Européennes, ce qu'elle n'a pas refusé. Il faut dire que cette adhésion apporterait une crédibilité et une cohérence au MoDem qui veut porter haut les valeurs de justice et d'intégrité.


Pour rappel, en mai 2001, aux côtés d'autres juges signataires de l'Appel de Genève de 1996, Éva Joly co-signait une tribune dans le monde intitulée "Les boîtes noires de la mondialisation financières". Cette tribune appelait à prendre toute la mesure de la portée du livre "Révélation$", de Denis Robert et Ernest Backes, mettant en cause la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream ainsi que la passivité et le silence de tous les acteurs du système.

Si l'intervention d'Éva Joly, dimanche dernier, indique malheureusement que ces appels et autres tribunes se sont révélés vains, le fait qu'un mouvement politique pro-européen comme le MoDem lui offre un micro, une carte d'adhérente et une investiture est porteur d'espoir quant aux solutions qu'elle propose.


Deuxième événement: la censure.

Le 10 juin dernier, sur son blog, Denis Robert jette l'éponge. Depuis qu'il a entamé ses enquêtes sur ces opérations financières extrêmement douteuses, quelle que soit la qualité de ses informations, de ses preuves ou encore de ses témoins, Denis Robert n'a cessé d'être persécuté par Clearstream, abandonné par la plus grande part des médias comme de la classe politique.

Je le cite:

Je me suis battu pendant vingt ans pour la construction d’une justice européenne. J’ai toujours écrit pour informer l’opinion de l’intégration croissante du crime organisé dans les circuits financiers et les processus de décision de nos sociétés mondialisées. Depuis mon travail à Libération à la rédaction de l’appel de Genève ou par mes autres livres et films, j’ai essayé d’informer le public de ce qui se passait dans les coulisses du pouvoir et de la finance clandestine. Mais la partie est devenue trop dure et inégale.

Harcelé, censuré puis condamné, Denis Robert doit renoncer à sa liberté de parole.


La résolution:

La mise en parallèle de ces deux événements met en relief plusieurs éléments.

En premier lieu le blanchiment d'argent, avec la complicité des états, étant devenu une industrie, il ne peut être combattu par une personne seule et sans visibilité médiatique, aussi crédible soit-elle. Ni même par une équipe de magistrats aussi intègres qu' expérimentés. Il faut impérativement conscientiser l'opinion public européen et porter ce dossier sur le devant de la scène politique continentale.

Ensuite, ni l'U.M.P. ni le P.S., ni aucun de leurs pendants européens, qui se partagent le pouvoir depuis des décennies n'ont voulu prendre cette responsabilité. C'est au MoDem, mouvement pro-européen porteur de valeurs de justice et d'intégrité, d'en prendre la charge.

Pour finir, les élections européennes de 2009 approchent à grand pas. Le "Non" irlandais résonne à Bruxelles et à Paris. Les citoyens européens aiment l'Europe, mais pas à n'importe quel prix. Ils veulent la comprendre et lui faire confiance. Ils veulent qu'elle parle et agisse pour eux, qu'elle leur ressemble. À l'heure ou l'économie, la défense ou encore l'agriculture dominent les débats européens, il sera aussi porteur qu' indispensable de rééquilibrer les idées, les discours et les actes en faveur de la justice et de la transparence.


Aurélien

P.S.: Si ce n'est pas encore fait, il vous reste 6 jours pour voter dans le sondage sur l'avenir de l'U.E.

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