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jeudi 2 avril 2009

Les Jeudis d'Edgar - 23 - Complexité, Enseignement, Humanisme

Chaque jeudi (ou presque...) je viens vous présenter un échantillon de l'œuvre et de la pensée d'Edgar Morin. Je souhaite ainsi, en rapprochant à ma modeste mesure ses idées de la politique en général et du MoDem en particulier, nourrir les débats qui prendront place pour définir, et éventuellement mettre en application, ce nouveau modèle de société que des millions de français ont appelé de leurs vœux en mai 2007.

Ce long billet tente de tisser des liens non seulement entre la Pensée Complexe et le projet politique et sociétal du Mouvement Démocrate, mais aussi entre Éducation et Humanisme, deux thèmes majeurs au MoDem.


Les disciplines devraient par ailleurs être inscrites dans des "objets" à la fois naturels et culturels, comme le monde, la Terre, la vie, l'humanité. Ils sont naturels car ils sont perçus par chacun dans leur globalité, et nous semblent évidents. Or ces objets naturels ont disparu de l'enseignement ; ils sont actuellement morcelés et dissous par les disciplines non seulement physiques et chimiques, mais aussi biologiques (puisque les disciplines biologiques traitent de molécules, de gènes, de comportements, etc., et rejettent comme inutile la notion même de vie) ; de même, les sciences humaines ont morcelé et occulté l'humain en tant que tel, et les théoriciens du structuralisme ont même pensé présomptueusement qu'il fallait dissoudre la notion d'homme. [Edgar Morin - Relier les connaissances]

Parce que la réalité n'est pas disciplinaire, c'est notre esprit qui la morcelle ainsi, Edgar Morin nous invite constamment à relier les connaissances, à les "tisser" ensemble (complexus). Les études disciplinaires, qui forgent une bonne part de notre identité, représentent un danger d'enfermement, d'aveuglement. Il serait avantageux d'apprendre aux élèves à reconnaître les liens qui existent entre les disciplines, entre les multiples facettes d'une même problématique.


L'explication est un processus abstrait de démonstrations logiquement effectuées, à partir de données objectives, en vertu de nécessités causales matérielles ou formelles et/ou en vertu d'une adéquation à des structures ou modèles. La compréhension se meut principalement dans les sphères du concret, de l'analogique, de l'intuition globale, du subjectif. L'explication se meurt principalement dans les sphères de l'abstrait, du logique, de l'analytique, de l'objectif. La compréhension comprend en vertu de transferts projectifs/identificatifs. L'explication explique en vertu de la pertinence logico-empirique de ses démonstrations. Alors que comprendre est saisir les significations existentielles d'une situation ou d'un phénomène, "expliquer, c'est situer un objet ou un événement par rapport à son origine ou mode de production, ses parties ou composants constitutifs, sa constitution, son utilité, sa finalité."(J. Schlanger)[Edgar Morin - La connaissance de la connaissance]

L'enseignement français suit généralement une logique mathématique classique qui n'évolue que trop rarement et par petites retouches. Une logique quasi-exclusivement déductive et démonstrative qui limite la compréhension au point de laisser, parfois, les enseignants impuissants face à certaines incompréhensions des élèves. La Pensée Complexe entend stimuler l'induction, les associations d'idées, l'imaginaire ou encore la créativité, notamment grâce aux boucles dialogiques.


L'éducation doit donc se vouer à la détection des sources d'erreur, d'illusion et d'aveuglements...L'importance du fantasme et de l'imaginaire chez l'être humain est inouïe ; étant donné que les voies d'entrée et de sortie du système neuro-cérébral, qui mettent en connexion l'organisme et le monde extérieur, ne représentent que 2 % de l'ensemble, alors que 98 % concernent le fonctionnement intérieur, il s'est constitué un monde psychique relativement indépendant, où fermentent besoins, rêves, désirs, idées, images, fantasmes, et ce monde imprègne notre vision ou conception du monde extérieur...

Ce qui permet la distinction entre veille et rêve, imaginaire et réel, subjectif et objectif, c'est l'activité rationnelle de l'esprit qui fait appel au contrôle de l'environnement (résistance physique du milieu au désir et à l'imaginaire), au contrôle de la pratique (activité vérificatrice), au contrôle de la culture (référence au savoir commun), au contrôle d'autrui (est-ce que vous voyez la même chose que moi ?), au contrôle cortical (mémoire, opérations logiques).

Autrement dit, c'est la rationalité qui est correctrice. La rationalité est le meilleur garde-fou contre l'erreur et l'illusion. D'une part, il y a la rationalité constructive, qui élabore des théories cohérentes en vérifiant le caractère logique de l'organisation théorique, la compatibilité entre les idées composant la théorie, l'accord entre ses assertions et les données empiriques auxquelles elle s'applique; une telle rationalité doit demeurer ouverte à ce qui la conteste, sinon elle se referme en doctrine et devient rationalisation; d'autre part, il y a la rationalité critique qui s'exerce particulièrement sur les erreurs et illusions des croyances, doctrines et théories. Mais la rationalité porte aussi en son sein une possibilité d'erreur et d'illusion quand elle se pervertit, nous venons de l'indiquer, en rationalisation.

La rationalisation se croit rationnelle parce qu'elle constitue un système logique parfait, fondé sur déduction ou induction, mais elle se fonde sur des bases mutilées ou fausses, et elle se ferme à la contestation d'arguments et à la vérification empirique. La rationalisation est close, la rationalité est ouverte. La rationalisation puise aux mêmes sources que la rationalité, mais elle constitue une des plus puissantes sources d'erreurs et d'illusions. Ainsi, une doctrine obéissant à un modèle mécaniste et déterministe pour considérer le monde n'est pas rationnelle mais rationalisatrice. [Edgar Morin - Les sept savoir nécessaires à l'éducation du futur]

Ceci rend primordiale la déconstruction des représentations erronées des élèves avant de faire un cours. En effet les élèves ont chacun un bagage propre, un univers psychique interne vivant, avant même d'apprendre. Leurs esprits ne sont ni vierges ni forcément correctement disposés pour la leçon du moment.

C'est notre concept même d'"intelligence" qu'il faut recadrer et rassembler. Par exemple, comment mesurer l'intelligence? Est-ce une question de résultats? de compétences? de succès? Une conception plus large serait de considérer sa capacité à saisir la complexité des questions, à gérer l'imprévu, à relier ce qui est disjoint. L'intelligence de la complexité propose une autre vision et sept enseignements fondamentaux:

1- Les cécités de la connaissance (les erreurs, la normalisation, l'inattendu, l'incertitude...)
2- Les principes d'une connaissance pertinente (le contexte, le global, le multidimensionnel, le complexe...)
3- La condition humaine (enracinement, déracinement, les boucles: cerveau/esprit/culture...)
4- L'identité terrienne (le legs du XX e siécle, les nouveaux périls, la conscience terrienne...)
5- Affronter les incertitudes (historiques, de la connaissance, du réel, boucles risque/précaution...)
6- La compréhension (obstacles, l'esprit réducteur, conscience de la complexité humaine...)
7- L'Éthique du genre humain (démocratie et complexité, la citoyenneté terrestre, le destin planétaire... )

L'enseignement systémique proposé par Edgar Morin est des plus réformateurs. Il s'agit d'enseigner une méthode plutôt qu'un programme:

Rien n'est plus éloigné de notre conception de la méthode que cette vision composée d'un ensemble de recettes efficaces pour la réalisation d'un résultat prévu. Cette idée-là de la méthode présuppose son résultat depuis le début ; dans cette acception, méthode et programme sont équivalents. Il se peut que dans certaines situations il ne soit pas utile d'aller au-delà de l'exécution d'un programme, dont le succès ne pourra pas être exempt d'un relatif conditionnement par le contexte dans lequel il se déroule. Mais en réalité, les choses ne sont pas aussi simples, pas même lors de la préparation d'une recette de cuisine, plus proche d'un effort de recréation que de l'application mécanique de mélanges d'ingrédients et de modes de cuisson....
Cependant, si nous sommes dans le vrai lorsque nous affirmons que la réalité change et se transforme, une conception de la méthode comme programme est plus qu'insuffisante, car si face à des situations changeantes et incertaines les programmes ne sont pas très utiles, la présence d'un sujet pensant et stratège est en revanche indispensable. Nous pouvons affirmer ceci: dans des situations complexes, c'est-à-dire là où dans un même espace et dans un même temps il y a non seulement de l'ordre mais aussi du désordre, là où il y a non seulement des déterminismes mais aussi des hasards, là où émerge l'incertitude, il faut l'attitude stratégique d'un sujet ; face à l'ignorance et à la confusion sa perplexité et sa lucidité sont indispensables.[Edgar Morin - Éduquer pour l'ère planétaire]

Cette méthode ne doit pas être exclusive au monde enseignant, elle doit faire partie intégrante du fonctionnement humain, quelles que soient les générations, les classes sociales, les professions. Elle doit devenir naturelle jusque dans la sphère où le naturel est pour l'instant proscrit: la politique. Nous sommes tous, en permanence, dans la même galère, sur la même planète Terre et ce n'est pas sans conséquence sur nos attitudes.

Aujourd'hui, on isole les problèmes du chômage, de l'emploi, de l'exclusion hors de leur contexte et on prétend les traiter à partir d'une logique économique close. Il faut au contraire les considérer au sein d'une grande problématique de société et partir des besoins de civilisation qui, d'eux-mêmes, exigent de nouveaux emplois. Il ne suffit pas de partir d'un "social" qui mettrait entre parenthèse le civilisationnel... Enfin, si nous partons des problèmes français, nous ne devons oublier ni leur singularité, ni leur généralité: les problèmes fondamentaux de civilisation qui affectent la France sont aussi ceux de l'Europe et, plus largement, ce sont les problèmes qui, dans le monde, se trouvent posés partout où il y a eu "développement" — c'est-à-dire développement de notre civilisation —, et ils se poseront tôt ou tard partout où on est "en cours de développement".

Je reconnais ici le projet humaniste dont parle régulièrement François Bayrou, aussi bien pour la France, pour l'Europe que pour le Monde, ainsi qu'une approche permettant de le réaliser. En effet, la méthode avancée par Edgar Morin serait un outil fondateur de conscience, de compréhension et de responsabilité pour des citoyens alors capables de faire vivre un régime pleinement démocratique.

Pour lire ou relire tous les épisodes des Jeudis d'Edgar, c'est par ici.


Aurélien
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mardi 17 mars 2009

Bluff démobilisateur

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Je m'interrogeais vendredi dernier sur la véritable nature d'un sondage BVA. Aujourd'hui c'est un sondage Ipsos, ou plutôt la manière dont il est rapporté médiatiquement sur les sites du Point, du Figaro ou du JDD, qui me donne envie de publier régulièrement sur les sondages, d'en préciser et compléter l'information, ce que les journaux en ligne sont manifestement incapables, par manque d'intégrité, de volonté ou de compétence, de faire.

Voici ce qu'on nous dit sous des titres qui annoncent l'UMP en tête ou un gauche mobilisée:

L'UMP et le Nouveau Centre, qui font liste commune pour les élections européennes en France métropolitaine, arrivent en tête des intentions de vote, avec 27 % des voix, selon un sondage Ipsos, à paraître dans Le Point disponible en kiosque jeudi. Aux européennes de 2004, l'UMP a obtenu 16,6 % des voix.

Le Parti socialiste arriverait en deuxième position avec 24 % des intentions de vote (contre 28,9 % en 2004). Le MoDem rassemblerait 10 % des suffrages (l'UDF, d'où est issu ce parti, en a eu 12 % il y a cinq ans), tandis que le Nouveau Parti anticapitaliste et Europe-Écologie (Verts et associatifs) feraient jeu égal avec 9 % des voix.

La liste commune du Mouvement pour la France (MPF) et de Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) obtiendrait 6 % des voix (contre 6,67 % au MPF et 1,73 % à CPNT), tout comme le Parti communiste et le Parti de gauche (contre 5,6 %). Les points restants se partagent entre le Front national (5,5 % contre 9,8 %), Lutte ouvrière (2 %), Debout la République (1 %) et le Parti de la France (0,5 %).

Sondage réalisé les 13 et 14 mars, auprès d'un échantillon représentatif de 887 personnes âgées de 18 ans et plus. Les élections européennes se dérouleront le 7 juin. Il y a sept circonscriptions métropolitaines.

Contrairement au sondage BVA, celui-ci parle au moins du Mouvement Démocrate et lui donne un score faible par rapport aux sondages précédents le situant plus proche des 15%. Je ne vois pas ce qui dans l'actualité récente peut justifier une telle chute dans l'opinion, mais admettons.

Allons voir si, contrairement à BVA, Ipsos met un minimum de détails concernant ses enquêtes en ligne. Heureusement, la réponse est oui. On y retrouve les mêmes pourcentages... deux éléments majeurs non rapportés par les médias sautent aux yeux cependant:

1- Les scores n'émanent que des personnes s'affirmant certaines d'aller voter, soit seulement 49% des sondés, ce qui correspond à un taux de participation certainement plus faible qu'il ne le sera en juin prochain.

2- 15% des personnes certaines d'aller voter n'ont pas exprimé d'intentions de vote, ce qui laisse une porte ouverte sur de multiples scénarios.

Sans ces précisions, quelle est la pertinence de ce sondage? Surtout, quel est son sens?

Je pense que puisqu'il s'agit d'une commande du Point que l'on peut, sans choquer personne, qualifier de pro-gouvernemental, l'objectif de ce sondage, ou plutôt de l'article le rapportant, est de favoriser l'UMP en jouant notamment une carte bien usée en 2007: la bipolarité démobilisatrice du scrutin. Je précise que mon commentaire expliquant ceci sur l'article du Point a été censuré par les modérateurs...

En ne mentionnant pas les incertitudes sur la participation comme sur les intentions de vote, on présente comme acquis que le duel se limitera aux deux grands partis historiques, l'UMP et le PS qui ne demande sûrement pas mieux. On cherche à nous enfermer dans une lutte droite-gauche franco-française qui n'a que peu de sens à l'échelle européenne. Les troubles-fête que seraient le MoDem, le NPA ou encore les écologistes semblent définitivement largués. C'est commode... de quoi démobiliser ceux qui croient en une troisième voie, qu'elle soit centriste, verte ou anticapitaliste.

Par cette stratégie, l'UMP concentre les votes contestataires de sa politique sur son meilleur ennemi du PS qui, lui, aura beau jeu d'appeler les électeurs au très mal nommé "vote utile". C'est à mon avis assez révélateur du peu d'estime que la majorité et l'opposition ont en réalité pour la dimension politique européenne, alors que 80% des lois votées à l'Assemblée Nationale ne font qu'adopter les décisions prises en amont par le Parlement Européen. C'est là, de nos jours, que survit la démocratie.

Selon moi, si beaucoup de citoyens ne sont pas encore certains de leur participation ou de leur vote, c'est parce que la campagne n'a pas démarré. Les partis politiques comme les médias tardent à en donner le véritable coup d'envoi, pris par l'actualité toujours en ébullition sous l'impulsion de l'Élysée. L'OTAN, Hadopi... aujourd'hui la mini-polémique interne à l'UMP sur une éventuelle suspension du bouclier fiscal, sinon de la loi TEPA dans son ensemble. Les enjeux européens, majeurs et d'ailleurs souvent caractéristiques des partis plus modestes, sont renvoyés au mois de mai, au plus prêt des dates d'une campagne officielle ridiculeusement réduite (du 25 mai au 6 juin).

Du côté de l'UMP comme du PS, on semble oublier que l'Europe peut mobiliser les citoyens et contredire tous les pronostiques lorsque les enjeux sont importants et que le contexte social interne est particulièrement tendu. 2005 ce n'est pourtant pas si loin...


Aurélien
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jeudi 12 mars 2009

Les Jeudis d'Edgar - 20 - Les démocrates et la Fraternité

Chaque jeudi (ou presque...) je viens vous présenter un échantillon de l'œuvre et de la pensée d'Edgar Morin. Je souhaite ainsi, en rapprochant à ma modeste mesure ses idées de la politique en général et du MoDem en particulier, nourrir les débats qui prendront place pour définir, et éventuellement mettre en application, ce nouveau modèle de société que des millions de français ont appelé de leurs vœux en mai 2007.

Lors de l'excellente émission de Ce soir ou jamais de mardi soir, où François Bayrou était invité par Frédéric Taddéi à débattre avec trois intellectuels - le philosophe Régis Debray, l'historien Jean-François Sirinelli et le professeur de sciences politiques Olivier Duhamel - un échange profond sur la Fraternité entre le Président du MoDem et Régis Debray a particulièrement retenu mon attention. Je vous invite à visionner cette émission. En mêlant culture, histoire, philosophie et politique à un tel niveau qualitatif, elle représente un événement trop rare dans nos médias et vaut le détour que l'on aime Bayrou ou non, que l'on s'intéresse à la politique ou non.

Pour ce vingtième Jeudi d'Edgar, voici comment Edgar Morin définit le concept de fraternité:


J'aime bien l'idée, discutable et peut-être naïve mais avant tout belle, avancée par François Bayrou, des trois composantes de la devise nationale Liberté, Égalité, Fraternité qui auraient chacune leur propre mouvement politique. En schématisant, la droite défendrait la Liberté, la gauche l'Égalité, resterait à créer un mouvement pour défendre la Fraternité. Si l'on considère ensemble le projet humaniste, à justice croissante, que veut porter le Mouvement Démocrate et la définition de la Fraternité proposée par François Bayrou, c'est à dire un lien de solidarité qui devrait unir tous les membres de la famille humaine, il apparaît cohérent que le MoDem soit ce mouvement pour la Fraternité.

Je remarque aussi que les trois composantes Liberté, Égalité, Fraternité peuvent être aussi bien antagonistes que complémentaires. En ce sens elles forment une boucle dialogique essentielle que l'on peut certainement superposer à celle reliant individu, société et espèce. Si l'on y superpose encore la dimension politique droite-MoDem-gauche alors on obtient une preuve éclatante de la nécessité du pluralisme, et je dirais même du pluralisme complexe où chaque mouvement politique ne doit pas voir ses adversaires uniquement comme des opposants mais aussi comme des compléments. Pluralisme et ouverture, deux thèmes chers aux démocrates.

On pourrait aussi pousser jusqu'à invoquer le principe hologrammatique, stipulant que la partie est dans le tout comme le tout est dans la partie. Par exemple, il y a de l'humain chez l'homme comme chez la femme, il y a de la féminité dans le masculin et de la masculinité dans le féminin. Cela signifie que chaque composante de la devise Liberté, Égalité, Fraternité porte son propre idéal comme elle porte celui des deux autres mais aussi l'idéal généré par l'association des trois. Ramené à la sphère politique cela signifie qu'un modèle politique adapté à la complexité devrait faire en sorte que chaque mouvement porte et assume sa part d'identité commune avec les autres.

Or, lorsque l'on observe les différents horizons politiques d'où sont venu les adhérents du Mouvement Démocrate et l'inscription dans ses textes fondamentaux du respect de cette diversité, le MoDem apparaît comme l'organisation politique la mieux armée pour saisir la complexité de l'homme, de la société et du monde.


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Aurélien
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vendredi 27 février 2009

Les Jeudis d'Edgar - 18 - Esquissons des papillons

Chaque jeudi (ou presque...) je viens vous présenter un échantillon de l'œuvre et de la pensée d'Edgar Morin. Je souhaite ainsi, en rapprochant à ma modeste mesure ses idées de la politique en général et du MoDem en particulier, nourrir les débats qui prendront place pour définir, et éventuellement mettre en application, ce nouveau modèle de société que des millions de français ont appelé de leurs vœux en mai 2007.

Les nouveaux outils dont le Mouvement Démocrate vient de se doter, le réseau social pour sympathisants et la plateforme pour les adhérents, m'offrent une alternative pour relier la Pensée Complexe et l'action politique au MoDem.



Ainsi, sur lesdemocrate.fr, j'ai créé le groupe Démocratie Cognitive, d'après le tout premier Jeudi d'Edgar, pour rassembler ceux qui voudront partager leurs idées et réflexions sur cette réforme, devenue indispensable, de la Pensée.


Depuis des années nos sociétés se figent, l'éthique est asphysiée, la politique est en crise. Une crise qui aujourd'hui atteint d'inquiétants sommets. Il faut préparer notre révolution. Comme la chenille, notre modèle politique et social est dans sa chrysalide et attend sa métamorphose. Je vous invite à venir esquisser des papillons...

Chacun dans notre coin nous sommes tour à tour dispersé, résigné, révolté. Partageons nos idées, nos incertitudes, nos contradictions. Qu'elles dialoguent, interagissent, se stimulent, s'anéantissent et se subliment. C'est un saut dans l'inconnu mais nous n'avons rien à perdre. Au contraire, tout est à construire.

Certes, il faudra bien du temps, des débats, des combats, des efforts pour que prenne figure la révolution de pensée qui s’amorce ici et là dans le désordre. On pourrait donc croire qu’il n’y a aucune relation entre ce problème et la politique d’un gouvernement. Mais le défi de la complexité du monde contemporain est un problème clé de la pensée, de l’éthique et de l’action politique.[Edgar Morin - Ethique]

Je vous propose un simple point de départ pour relever ce défi, ici.


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Aurélien
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jeudi 19 février 2009

Les Jeudis d'Edgar - 17 - Ressourcer l'éthique

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Chaque jeudi (ou presque...) je viens vous présenter un échantillon de l'œuvre et de la pensée d'Edgar Morin. Je souhaite ainsi, en rapprochant à ma modeste mesure ses idées de la politique en général et du MoDem en particulier, nourrir les débats qui prendront place pour définir, et éventuellement mettre en application, ce nouveau modèle de société que des millions de français ont appelé de leurs vœux en mai 2007.


Ce billet est la suite directe du précédent Jeudi d'Edgar. Nous y avons vu les origines et les moteurs de la crise éthique, mère de toutes les crises actuelles. Je concluais ainsi: Il devient ainsi urgent, à l'heure où l'on ressource les banques et certaines industries, de ressourcer l'éthique. Mais comment?




La Pensée Complexe contient des pistes. La plus importante, la plus fondamentale, est sans doute celle du principe de reliance:

L'éthique est pour les individus autonomes et responsables, l'expression de l'impératif de reliance. Tout acte éthique, répétons le, est en fait un acte de reliance, reliance avec autrui, reliance avec les siens, reliance avec la communauté, reliance avec l'humanité et, en dernière instance, insertion dans la reliance cosmique.

La reliance est un concept inventé par le sociologe Marcel Bolle de Bal qui caractérise les aspirations à diverses identités. Reliance à soi: indentité individuelle. Reliance aux autres: fraternité. Reliance au monde, à la Terre Patrie: identité terrienne. On retrouve ici la boucle complexe individu-société-espèce, qui devient ici une boucle de reliance qu'il nous faut régénérer.

Cette régénération peu partir du réveil intérieur de la conscience morale, du surgissement d'une foi ou d'une espérance, d'une crise, d'une souffrance, d'un amour, et aussi, aujourd'hui, de l'appel qui vient du vide éthique, du besoin qui vient du dépérissement éthique.

Il ne s'agit donc pas pour nous de trouver un fondement pour l'éthique, mais à la fois de la ressourcer et de la régénérer dans la boucle de reliance.

Une simple prise de conscience ne suffit pas, ou plutôt ne peut survenir sans effort. Il faut fournir l'effort de travailler à bien penser. Quatre éléments essentiels à cela: favoriser l'ouverture entre les connaissances et les disciplines, reconnaître l'urgence de l'essentiel, intégrer et accepter incertitudes et contradictions et lutter contre les puissances d'aveuglement et d'illusion de l'esprit humain.



La reliance: un défi énorme en général et en politique en particulier. Reconnaître, accepter et entretenir les antagonismes complémentaires avec ses opposants. Ne pas s'entêter à avoir des idées arrêtées sur tout mais se concentrer et être implacables sur l'essentiel. Accepter de ne pas avoir réponse à tout, de déléguer. Assumer, voir revendiquer, une dose d'incohérence. Faire en continu son autocritique constructive. C'est à peu près comme cela que je définirais "faire de la politique autrement", pour que l'éthique y retrouve son rôle à la fois moteur et régulateur.


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Aurélien

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jeudi 12 février 2009

Les Jeudis d'Edgar - 16 - Crise éthique

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Chaque jeudi (ou presque...) je viens vous présenter un échantillon de l'œuvre et de la pensée d'Edgar Morin. Je souhaite ainsi, en rapprochant à ma modeste mesure ses idées de la politique en général et du MoDem en particulier, nourrir les débats qui prendront place pour définir, et éventuellement mettre en application, ce nouveau modèle de société que des millions de français ont appelé de leurs vœux en mai 2007.

Et si les diverses crises que le monde traverse aujourd'hui - économique, sociale, écologique, sanitaire, alimentaire, politique, idéologique... - ne pouvaient être expliquées que par une crise bien plus profonde, plus fondamentale et plus universelle? Il s'agirait de la crise éthique.




Extraits d'Éthique, vol. 6 de La Méthode:


Les fondements de l'éthique sont en crise dans le monde occidental. Dieu est absent. La Loi est désacralisée. Le Sur-Moi social ne s'impose pas inconditionnellement et, dans certains cas, est lui-même absent. Le sens de la responsabilité est rétréci, le sens de la solidarité est affaibli. La crise des fondements de l'éthique se situe dans une crise généralisée des fondements de certitude: crise des fondements de la connaissance philosophique, crise des fondements de la connaissance scientifique.

On touche ici au cœur de ce qui semble impossible et paradoxal dans la Pensée Complexe d'Edgar Morin. Celle-ci appelle à la compréhension, au doute, à la remise en cause. Elle se méfie des certitudes comme de la peste. Pourtant son application nécessite d'imposer l'Éthique, qui elle, à priori, requiert des certitudes. Sauf que pour être véritablement éthique, justement, l'Éthique doit être vivante et réagir, s'adapter au monde qu'elle prétend assagir. Or les certitudes brident l'évolution. Par conséquent l'Éthique, pour être fiable et pertinente, ne peut qu'être complexe et se nourrir des antagonismes et complémentarités qu'elle rencontre.


La référence aux "valeurs" à la fois révèle et masque la crise des fondements. Elle la révèle: comme le dit Claude Lefort, "le mot "valeur" est l'indice d'une impossibilité à s'en remettre désormais à un garant reconnu par tous: la nature, la raison, Dieu, l'Histoire. Il est l'indice d'une situation dans laquelle toutes les figures de la transcendance sont brouillées". Nous sommes désormais voués à ce que Pierre Legendre appelle le "self-service normatif" où nous pouvons choisir nos valeurs. Les "valeurs" prennent la place laissée vacante des fondements pour fournir une référence transcendante intrinsèque qui rendrait l'éthique comme auto-suffisante. Les valeurs donnent à l'éthique la foi en l'éthique dans justification extérieure ou supérieure à elle-même. En fait, les valeurs essaient de fonder une éthique sans fondement.

Cette illusion des valeurs devrait tous nous interroger, en particulier en politique, en particulier au Mouvement Démocrate dont la Charte des Valeurs fut l'un des documents fondateurs. Pour consolider notre identité et nos actions, ne devrions-nous appuyer nos valeurs sur une "référence transcendante"? Tel que mentionné dans le billet La coquille vide, toutes les doctrines ont tour à tour, ici et là, représenter pour les uns ou les autres, par leurs cortèges de certitudes, une référence transcendante.
Notre défi le plus essentiel serait alors, sans tomber dans le piège de la dictature doctrinaire, de s'accorder sur une référence. L'individu? La société? l'Espèce? La Pensée Complexe nous conduirait à privilégier la boucle reliant ces trois éléments, et par conséquent à adopter une référence complexe qui pourrait être une autre boucle reliant cette fois, ad minima, Libéralisme, Socialisme et Humanisme.


La crise des fondements éthiques est produite par et productrice de:

- la détérioration accrue du tissu social en de nombreux domaines;
- l'affaiblissement de l'impératif communautaire et de la Loi collective à l'intérieur des esprits;
- la dégradation des solidarités traditionnelles;

- le morcellement et parfois la dissolution de la responsabilité dans le cloisonnement et la bureaucratisation des organisations et entreprises;
- le caractère de plus en plus extérieur et anonyme de la réalité sociale par rapport à l'individu;

- le sur-développement du principe égocentrique au détriment du principe altruiste;
- la désarticulation du lien entre individu, espèce et société;
- la dé-moralisation qui "culmine dans l'anonymat de la société de masse, le déferlement médiatique, la sur-valorisation de l'argent".


Le moins que l'on puisse dire est que nous sommes en plein dedans. Ces défauts et détérioration sapent les fondements éthiques provoquant dès lors l'affaiblissement éthique qui à son tour renforce les défauts et détériorations existantes et en génère de nouveaux.
Il devient ainsi urgent, à l'heure où l'on ressource les banques et certaines industries, de ressourcer l'éthique. Mais comment?


La suite au prochain épisode :).

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Aurélien

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lundi 9 février 2009

Élections européennes: le contexte

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Une étude de l'Eurobaromètre donne une indication de l'opinion publique européenne quant aux prochaines élections au Parlement Européen. Un condensé des résultats spécifiques à la France est disponible ici (fichier pdf). Alors que la campagne pour cette échéance de juin 2009 se met en branle et que le Mouvement Démocrate a présenté ses têtes de listes, il me semble intéressant de faire un état des lieux. Quel intérêt pour l'Union Européenne et son Parlement? Quels enjeux doivent dominer les débats? Où en est la citoyenneté européenne? Autant de questions que je vous invite à discuter dès aujourd'hui pour mieux suivre la campagne européenne du MoDem.




Intérêt

La première estimation présentée est pour le moins inquiétante. À l'automne 2008, moins d'un français sur cinq (contre un sur quatre européen) était au courant que les prochaines élections européennes auraient lieu en 2009. On ne leur demandait pas la date exacte, pas même le mois, mais simplement l'année. On peut chercher différentes explication à cela, notamment l'hyper-médiatisation, au moment de l'étude, des présidentielles américaines qui rentraient dans leur dernière semaine de campagne et, bien sûr, les premières secousses politiques autour de la crise financière et économique. Toujours est-il qu'une telle ignorance du calendrier de cette institution politique majeure, la seule où les citoyens des 27 pays de l'Union ont véritablement leur mot à dire, démontre un désintérêt certain pour la politique européenne.

Une fois informés de l'année des élections, 53% des français assumaient encore leur désintérêt pour ces élections. C'est d'une ampleur comparable à la moyenne européenne ; à comparer aux 73% qui reconnaissent une importance significative du Parlement Européen dans la vie de l'Union. Autrement dit, on sait quand les élections auront lieu, on sait que c'est important, mais une majorité reste désintéressée. Pourquoi?

Il est reconnu dans tous les courants politiques que nous ne sommes pas assez informés, par les médias comme par nos élus nationaux et européens, non seulement sur le fonctionnement européen mais surtout sur l'impact réel du pouvoir législatif européen sur notre propre vie politique française. Un chiffre est mis en avant ces jours-ci, notamment chez les eurosceptiques: 80% des lois votées par le parlement français sont des lois européennes à valider sans aucune discussion ni amendement possible. Il n'y a qu'une conclusion possible: si l'on est démocrate et que l'on veut pleinement jouer son rôle de citoyen, en Europe comme en France, ces élections européennes sont incontournables ; le désintérêt devient aussi irresponsable qu'absurde, aussi bien pour les pro que pour les anti-européens.

Lutter contre ce désintérêt sera une clé essentielle de ces élections. Il faut garder à l'esprit que les désintéressés ne sont pas forcément contre la construction européenne. Simplement, ils ne la connaissent pas, ne la comprennent pas. Il faudra être particulièrement pédagogue sur les enjeux, sur les propositions et sur la méthode. Se montrer enthousiaste et optimiste sera un atout mais ce ne sera pas suffisant. Il faudra d'abord démontrer que l'Europe est incontournable, qu'elle est capable et qu'elle est lisible. Il faudra aussi avoir le courage de se défaire du prisme franco-français pour se positionner en européen, oser parler du programme non pas du Mouvement Démocrate mais de l'Alliance des Démocrates et Libéraux pour l'Europe (ADLE), s'afficher sereins dans la dimension européenne.


Enjeux

L'étude liste une série de thèmes que les citoyens européens considèrent prioritaires. L'économie, bien sûr, l'environnement, évidemment, la sécurité, l'immigration... Je suis déçu de ne pas y voir la démocratie ou la citoyenneté. Ce n'est pas une surprise. Je suis persuadé que la très grande majorité des européens considère, par méconnaissance, la démocratie européenne comme ils considèrent leurs démocraties nationales: acquise. Pourtant l'Union Européenne n'est pas un projet achevé mais en construction. Le développement d'une véritable démocratie européenne est un thème que le Mouvement Démocrate se doit d'imposer pendant la campagne.

Si au niveau de l'Union Européenne les enjeux de l'économie et du chômage sont primordiaux, il est une spécificité française: le pouvoir d'achat. Depuis les présidentielles de 2007 ce thème est la priorité des français, à fortiori en période de crise. 70% des français le placent en critère principal pour leur vote de juin 2009. Pourtant, l'Union Européenne ne peut pas aujourd'hui agir à ce niveau et rien ne dit qu'elle pourrait le faire rapidement. Il faudra clairement et fermement replacer ce débat du pouvoir d'achat, comme tous ceux qui ne concernent pas directement le champ d'action du Parlement européen, dans son cadre national.

Parmi les grands enjeux: l'environnement. Avec la crise économique le thème perd un peu de son urgence dans l'esprit des citoyens, alors qu'il pourrait au contraire en gagner par le réservoir de croissance économique qu'il représente, mais la réalité n'attend pas. Le Mouvement Démocrate présente une liste particulièrement puissante en ce qui concerne l'écologie et l'ADLE, associant sa vision libérale à une politique environnementale solide, joue un rôle essentiel de médiateur au Parlement Européen. Il faudra mettre en avant la crédibilité de nos candidats - je pense à Corinne Lepage et Anne Laperrouze notamment - et le sérieux du groupe parlementaire.


Citoyenneté

La dernière partie de l'étude tente de mesurer l'identité européenne. Sur ce point la France ne dépareille pas trop de ses voisins. Ainsi la monnaie unique, les valeurs démocratiques et l'histoire commune constituent les principaux fondamentaux de l'identité européenne.

Quant à ce qui pourrait la renforcer, les européens semblent converger vers une politique sociale plus affirmée, énonçant le souhait d'un véritable système européen de protection sociale et médicale. Une proposition qui me paraît particulièrement intéressante est l'idée d'une force d'intervention européenne en cas de catastrophe naturelle n'importe où dans le monde. Personnellement je verrais bien cette idée se concrétiser avec celle d'un service civique européen basé sur le volontariat, pour aller vers une anthropolitique.

Je note également que les français se montrent particulièrement attirés par la possibilité d'élire un Président de l'Union Européenne au suffrage universel. L'idée me plaît aussi, mais il faudrait évidemment définir clairement ses pouvoirs et la séparation de ces derniers par rapport, entre autres, au Parlement et la Cour Européenne des Droits de l'Homme, ses conditions d'éligibilité et le cadre de son mandat. Imaginez qu'un omni-président concentrant tous les pouvoirs se retrouve à la tête du continent...

Une chose qui ressort de cette étude, c'est l'aspect secondaire accordé à une défense et une diplomatie européennes. Comme si les citoyens européens tenaient d'abord à consolider l'Union avant de la projeter sur la scène internationale, ce qui me semble tout à fait sage. Avant de parler de l'UE dans le Monde il faudra débattre de l'UE en Europe.


Le Mouvement Démocrate joue gros sur ces élections. Il est le seul parti français fondamentalement et totalement pro-européen, et le type de scrutin lui est favorable. L'Union Européenne elle-même joue gros sur ces élections. À l'heure de l'accumulation de toutes les crises génératrices d'angoisses, de protectionnisme et de nationalisme l'indispensable projet Européen doit plus que jamais être soutenu, clarifié, amélioré. Entre des extrêmes qui se trompent de terrain, une UMP aux têtes de listes forcées, sans enthousiasme, et un PS qui se retrouve face au révélateur de toutes ses divisions, le MoDem et l'ADLE devront rester sereins, pédagogues, rassembleurs et ambitieux.


Aurélien
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samedi 7 février 2009

Mon engagement

La dernière note de Quitterie m'incite à réfléchir sur mon propre engagement.


Le constat

Depuis trop d'années la classe politique dans son ensemble, locale, nationale, internationale, est incapable d'enrayer ce qui ressemble à une dérive qui s'annonce de plus en plus catastrophique socialement, écologiquement, humainement. Les hommes doivent se prendre en main individu par individu, société par société, et finalement en tant qu'espèce responsable, par notre puissance destructrice inégalée, du vaisseau Terre.
Une telle prise en main ne peut se faire que dans le respect et la compréhension de l'autre. Ceci restera impossible tant que nous serons mus par cette pensée qui divise, qui réduit, qui oppose et compartimente. Il nous faut, c'est une urgence, apprendre à relier les éléments sur cette simple réalité qui nous échappe trop souvent: il n'y a pas d'antagonisme absolu. Un antagonisme porte forcément une complémentarité, une interaction, une interstimulation. Il nous faut réformer la Pensée pour aller vers la Pensée Complexe, pour réformer nos actions.
Nos actions, à toutes les échelles, passent par la politique. La politique d'aujourd'hui, en France comme ailleurs, va dans le sens tout à fait inverse, vers un manichéisme toujours plus prononcé qui ne sera jamais apte à générer les réponses aux enjeux complexes auxquels nous ne pouvons tourner le dos. Il faut réformer la politique.




Pourquoi le MoDem?

Dans un paysage politique qui se bipolarise chaque jour un peu plus, la première étape est de favoriser le pluralisme, et de le favoriser encore plus en faisant émerger des mouvements politiques qui eux-mêmes défendent le pluralisme.
En France il n'y a qu'un seul mouvement politique qui porte le pluralisme dans ses fondamentauxm c'est le Mouvement Démocrate. Au-delà de toutes les idées, c'est d'abord l'émergence de cette troisième voie qui en appelle d'autres qui m'a incité à soutenir le MoDem en y adhérent dès sa création. Les ambitions originelles pour une société plus humaine, plus juste, plus raisonnable n'ont fait que renforcer ma décision.


Deux ans plus tard

Le MoDem a survécu à ses premières échéances électorales. Toutes les attentes n'ont pas été satisfaites, certes, des questions internes sont encore à solutionner, d'accord, mais aucune promesse portée en 2007 n'a encore été définitivement reniée. Il y a surtout, désormais, une troisième voie démocrate et indépendante qui compte sur la scène politique et médiatique.
À l'externe, les décisions du MoDem me conviennent largement et semblent évoluer positivement vers un renouvellement et une participation accrue de la société civile. Tout récemment, les têtes de listes aux Européennes forment une équipe nettement plus séduisante que n'importe quelle autre formation politique. Je précise que si j'attends un renouvellement des personnes et des idées, je ne suis pas forcément "jeuniste". La jeunesse, comme la diversité, peut être un atout mais pas un pré-requis.
À l'interne, nous sommes encore loin d'un fonctionnement véritablement démocratique et la transparence laisse à désirer. Les nombreuses déceptions qui s'expriment sur la blogosphère me semblent légitimes. Beaucoup, cependant, ont le désespoir un peu facile et l'impatience trop prononcée. Exprimons notre déception et surtout nos pistes pour améliorer les choses. Je ne m'inquiéterais sérieusement sur ce plan interne que s'il n'y a aucune amélioration lors des investitures pour les prochaines élections régionales.


L'avenir

La politique française est rythmée par le quinquennat présidentiel. Le MoDem est né en 2007 et n'a donc pas encore vécu la moitié d'un cycle. Il est à mon sens trop tôt pour dresser son bilan et juger objectivement de son potentiel et de sa fidélité à ses valeurs fondamentales. L'élection européenne de juin 2009 sera un révélateur important, mais pour ma part je ne tirerai mes premières conclusions sur le sens de mon engagement qu'en 2012.


Je peux affirmer dès aujourd'hui que ma priorité absolue reste de promouvoir la réforme de la Pensée en général et de la politique en particulier. Si en 2012 le MoDem n'était plus le mouvement politique le plus à même de favoriser cela, je n'aurais aucun état d'âme à le quitter pour m'engager ailleurs, autrement, avec en tête cette idée fixe: Enseigner la compréhension entre les humains est la condition et le garant de la solidarité intellectuelle et morale de l'humanité (Edgar Morin).



Aurélien
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jeudi 5 février 2009

Les Jeudis d'Edgar - 15 - Penser l'Europe

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Chaque jeudi (ou presque...) je viens vous présenter un échantillon de l'œuvre et de la pensée d'Edgar Morin. Je souhaite ainsi, en rapprochant à ma modeste mesure ses idées de la politique en général et du MoDem en particulier, nourrir les débats qui prendront place pour définir, et éventuellement mettre en application, ce nouveau modèle de société que des millions de français ont appelé de leurs vœux en mai 2007.

Au lendemain de la présentation des têtes de listes du Mouvement Démocrate pour les prochaines élections européennes, il me semble pertinent pour ce quinzième billet des Jeudis d'Edgar de présenter l'une de ses réflexions sur la question européenne.

Ancien résistant communiste, Edgar Morin est, au sortir de la seconde guerre mondiale, anti-européen. Il perçoit le vieux continent comme un foyer d’impérialisme et de domination. Rejetant le stalinisme, dès 1951, il part soutenir les luttes du tiers monde, puis revient à l'Europe dans les années 70 parce qu'il considère le plus précieux dans la culture européenne lui semble aussi le plus vulnérable. Il appelle dès lors à concevoir une communauté de destin, une démarche essentielle pour restituer l’identité commune sous et dans la diversité.


Extrait de Penser l'Europe:


Ce qui est important dans la culture européenne, ce ne sont pas seulement les idées maîtresses (christianisme, humanisme, raison, science), ce sont ces idées et leurs contraires. Le génie européen n’est pas seulement dans la pluralité et dans le changement, il est dans le dialogue des pluralités qui produit le changement. Il n’est pas dans la production du nouveau en tant que tel, il est dans l’antagonisme de l’ancien et du nouveau (le nouveau pour le nouveau se dégrade en mode, superficialité, snobisme et conformisme).

Le doute européen est d’autant plus vivifiant qu’il allie le scepticisme à quelque chose qui le nie à son tour. Ainsi le doute n’est pas seulement au cœur de la méditation de Montaigne, il est au cœur de la méthode de Descartes, de la foi de Pascal, de l’empirisme de Hume. Et, pour prendre les vrais héros de la littérature européenne qui sont des héros anti-héros, dont la faiblesse est grandeur, le doute n’est-il pas au cœur du devoir sacré d’Hamlet, de la lassitude permanente d’Oblomov, de la tragédie d’Ivan Karamazov, de la misère de Stravoguine?

Aujourd’hui, Milan Kundera peut rétrospectivement reconnaître en Quichotte, Faust et Don Juan les héros typiquement européens parce qu’ils sont héros de l’échec et de la dérision dans la poursuite du sublime et de l’absolu. Chacun à leur manière, ils refusaient la finitude, croyaient à l’illimité, ignoraient le principe de réalité au moment même où il s’imposait à eux. Et cela, alors que le monde bourgeois, capitaliste, scientifique, obtenait les plus prodigieuses réussites parce qu’il obéissait à tous les principes réalistes. Mais nous savons aujourd’hui que le capitalisme, la science, l’Europe obéissaient en profondeur à des pulsions qui refusaient la finitude, croyaient en l’illimité et finalement allaient oublier le principe de réalité. La littérature européenne n’a pas cessé de porter en elle le négatif invisible, fait de souffrances et d’échecs, de l’image euphorique du progrès indéfini et de la conquête du monde.

N’y avait-il pas enfin quelque secrète et permanente connexion entre la négativité propre à la culture européenne et le processus finalement autodestructeur qui a entraîné l’Europe à la ruine?



Intéressante question que je n'hésiterais pas à formuler au présent plutôt qu'au passé, surtout en cette période qui ne prête guère à l'optimisme, où tous les pouvoirs sont défiés. Il y a sans doute un cercle vicieux, pernicieux, à rompre pour redonner de l'élan à la construction européenne. Le dialogue des pluralités dont parle Edgar Morin, c'est celui des peuples, des cultures et des époques. Il vient du passé et d'en bas pour aller vers le haut et l'avenir. L'Europe ne peut plus avancer sous une bureaucratie illisible qui depuis Strasbourg ou Bruxelles impose discrètement mais sûrement sa loi.

En ce sens, dans le cadre des élections européennes, l'équipe présentée hier par le MoDem porte un alliage très équilibré d'expérience, de nouveauté et de crédibilité. Elle me semble de loin la plus à même de saisir la complexité européenne et d'œuvrer à démocratiser l'Europe et la rendre enfin lisible à ses citoyens.

Pour lire ou relire tous les épisodes des Jeudis d'Edgar, c'est par ici.



Aurélien

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dimanche 25 janvier 2009

Diversité: passe-partout?

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Depuis quelques années, en France, le débat sur la discrimination positive et le besoin de voir la diversité du peuple représentée fidèlement en politique se poursuit. Il est clair que les deux assemblées, pour ne citer qu'elles, sont très loin du compte. Toutefois je suis convaincu qu'il n'est pas souhaitable d'effectuer un rééquilibre précipité qui consisterait à promouvoir la diversité au détriment des compétences et de l'expérience.


Un exemple récent de cette éventuelle dérive touche directement le Mouvement Démocrate. Azouz Begag, ancien ministre du gouvernement Villepin puis candidat MoDem aux législatives à Lyon, annonce sa candidature à figurer en tête de liste aux prochaines élections européennes, pour la région Sud-Est.



Si je ne remets pas en cause son droit à se porter candidat, ni ne doute de la compatibilité de ses idées avec celles qui s'organisent actuellement au MoDem, deux éléments me poussent à la réserve sur cette candidature.

D'abord, Azouz Begag a déjà été candidat à beaucoup de candidatures... aux législatives de 1997 en tant que "divers gauche", parce que le RPR lui avait préféré un élu local malgré l'aval de Matignon, il se retira avant le scrutin, comme aux dernières municipales lyonnaises. Aux européennes de 1999 il était intéressé à figurer sur la liste du Parti Communiste, mais refusa faute d'y figurer en position éligible. Il aurait songé à se lancer aux municipales de 2001, mais finalement y renonça. Bref, jusqu'ici malgré de nombreuses prises d'élan son seul saut dans l'arène électorale jusqu'au scrutin fut celui des législatives de 2007.
Si je loue l'engagement politique, je suis sceptique devant autant de candidatures pour des postes totalement différents les uns des autres. Maire, député national et député européen sont trois fonctions tout à fait distinctes ; trois "terrains de jeu" bien séparés. Pour quelqu'un qui s'est toujours présenté comme relativement déstabilisé par les codes établis dans le monde politique, notamment lorsqu'il fut propulsé sans aucune expérience à la tête d'un ministère, il y a là un étrange et récurrent acharnement à se mettre en déséquilibre. J'y vois, peut-être à tort mais c'est bel et bien l'impression qu'Azouz Begag me laisse, un manque de lucidité, pour ne pas dire de sérieux.

Deuxième élément, et principale source de mon scepticisme: la raison qu'il invoque pour légitimer sa candidature à conduire une liste MoDem aux européennes. Pour lui c'est simple, il s'agit de diversité. Extrait d'un article de Libération:

"Les politiques français ne peuvent plus faire comme si rien ne s'était passé. Avec l'arrivée d'Obama, tout a changé. C'est pour cela que ma candidature tombe à pic". Azouz Begag dit avoir fait part de cette candidature à François Bayrou qui, selon lui, l'aurait pris comme un "cadeau". "Il faut que le MoDem joue cette carte. C'est l'hypothèse gagnante". Il assure qu'il peut faire "mieux" que Jean-Luc Benhamias, actuel député européen, et pressenti, tout comme l'ancien député de Saint-Etienne Gilles Artigues pour mener cette liste MoDem. Une bataille interne rangée qui ne semble guère effrayer le nouveau candidat à la candidature. Comme à son habitude, Azouz Begag rue dans les brancards de son parti sur fond d'une Obamania totalement assumée. Quitte à résumer sa candidature à la posture de la diversité. " Rachida Dati est candidate UMP à Paris, je dois être le candidat MoDem pour le Sud-Est."


Déjà, Gilles Artigues et Jean-Luc Benhamias ne sont pas n'importe qui au sein du Mouvement Démocrate. Les deux ont une longue expérience politique. Ils ont été élus, à eux deux, à toutes les fonctions auxquelles Azouz Begag à postulé - ou envisagé de postuler - et occupent des fonctions importantes dans le parti. Ils connaissent parfaitement tous les codes que lui perçoit plus souvent, selon ses propres termes, comme une cage. C'est notamment le cas pour Jean-Luc Benhamias au niveau européen qui nous intéresse dans cette élection. L'ancien ministre de l'Égalité des Chances affiche donc un culot certain en assurant pouvoir faire mieux que l'un ou l'autre.
Ensuite son argument unique, qu'il pense sans doute "massue", de la diversité est tout bonnement irrecevable à mes yeux. Qu'on écarte quelqu'un malgré ses compétences à cause de son appartenance à une minorité est honteux. Mais que l'on impose quelqu'un à un tel niveau de la vie politique sur sa seule appartenance à une minorité l'est tout autant. Même si son élection a changé beaucoup de choses, et contrairement à ce que semble penser Azouz Begag, Barack Obama n'a pas été élu parce qu'il était noir mais justement parce qu'il a su dépasser cette question. Il est totalement absurde de penser que toute personne issue d'une minorité ait automatiquement acquis une quelconque légitimité politique suite aux dernières présidentielles américaines. Idem pour la diversité "faire valoir" actuelle au gouvernement.

Si Azouz Begag veut prendre exemple sur Rachida Dati, je lui recommande vivement d'écouter le discours de Nicolas Sarkozy en clôture du conseil national de l'UMP. Dans une digression sensée vanter le tandem qui mènera la liste UMP en Île-de-France, Nicolas Sarkozy s'étend d'abord sur le cas de Michel Barnier, auquel il prête toutes les qualités du monde, et le présente comme celui qui aura longtemps assuré à lui seul la crédibilité de toute la droite française sur le plan européen... avant de dire qu'il formera avec Rachida Dati un binôme tout à fait complémentaire. La future ex-Garde des Sceaux appréciera. Si c'est par ce genre d'exploitation opportuniste de l'actualité qu'Azouz Begag veut défendre une cause aussi importante que la diversité en politique, c'est qu'il n'a pas intégré les valeurs fondamentales du Mouvement Démocrate. Souhaitons que sa profession de foi soit un peu plus étoffée et centrée sur la nature de l'élection.


Là où elle n'est pas suffisante, la diversité doit être un objectif. En ce sens, pour celui qui veut représenter tous ceux qui ne le sont pas encore, l'appartenance à une minorité est une condition nécessaire mais elle ne peut en aucun cas s'avérer suffisante.



Aurélien
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jeudi 15 janvier 2009

Les Jeudis d'Edgar - 12 - Noosphère et idées

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Chaque jeudi (ou presque...) je viens vous présenter un échantillon de l'œuvre et de la pensée d'Edgar Morin. Je souhaite ainsi, en rapprochant à ma modeste mesure ses idées de la politique en général et du MoDem en particulier, nourrir les débats qui prendront place pour définir, et éventuellement mettre en application, ce nouveau modèle de société que des millions de français ont appelé de leurs vœux en mai 2007.


La noosphère est un concept, développé par Pierre Teilhard de Chardin, qui, comme la lithosphère englobe la masse inerte ou la biosphère la masse vivante, englobe la "masse" intellectuelle de notre monde. Certains préfèrent la réduire à la "conscience collective", d'autres utilisent le terme "extelligence". Pour Edgar Morin, il s'agit de la sphère de l'imaginaire, des mythes, des dieux, des idées.

(Merci à Jef Safi pour cette photo... je vous conseille son blog poétique, complexe et allumé)


Extraits du premier chapitre des 7 savoirs nécessaires à l'éducation du futur:

Marx disait justement : "les produits du cerveau humain ont l’aspect d’êtres indépendants, doués de corps particuliers, en communication avec les humains et entre eux.".

Disons plus : les croyances et les idées ne sont pas seulement des produits de l’esprit, ce sont aussi des êtres d’esprit ayant vie et puissance. Par là, elles peuvent nous posséder.
Nous devons être bien conscients que, dès l’aube de l’humanité, s’est levée la noosphère, sphère des choses de l’esprit, avec le déploiement des mythes, des dieux, et le formidable soulèvement de ces êtres spirituels a poussé, entraîné l’homo sapiens à des délires, massacres, cruautés, adorations, extases, sublimités inconnus dans le monde animal. Depuis cette aube, nous vivons au milieu de la forêt de mythes qui enrichissent les cultures.
Issue tout entière de nos âmes et de nos esprits, la noosphère est en nous et nous sommes dans la noosphère. Les mythes ont pris forme, consistance, réalité à partir de fantasmes formés par nos rêves et nos imaginations. Les idées ont pris forme, consistance, réalité à partir des symboles et des pensées de nos intelligences. Mythes et Idées sont revenus sur nous, nous ont envahis, nous ont donné émotion, amour, haine, extase, fureur. Les humains possédés sont capables de mourir ou de tuer pour un dieu, pour une idée. Encore à l’aube du troisième millénaire, comme les daimons des Grecs et parfois comme les démons de I’Evangile, nos démons « idééls » nous entraînent, submergent notre conscience, nous rendent inconscients tout en nous donnant l’illusion d’être hyperconscients.

Pour tout être humain, ce qui se perd dans cette illusion d'hyperconscience c'est l'incertitude qui doit permettre une vigilance non seulement critique mais autocritique.

Pour ceux qui s'engagent en politique, l'illusion est d'autant plus forte et difficile à lever que l'objectif est de convaincre les autres du bien-fondé de ses idées et de ses actions. Pour être convaincant il faut être convaincu, dit-on, et tout changement d'opinion (sincère ou intéressé) hantera son auteur pour des années et le verra porter l'étiquette de girouette ou d'amateur du retournement de veste. Ceci ajoute une chappe de plomb sur cette illusion d'hyperconscience de celui qui émet ses idées tout en renforçant l'illusion d'hyperconscience de celui qui les reçoit.

Pour notre mouvement qui ambitionne de faire de la politique autrement, et de rendre aux citoyens leur liberté d'information, d'analyse et de compréhension, il serait sans doute intéressant de réfléchir à de nouvelles articulations et de présentation de nos idées afin qu'y transparaissent cette vigilance autocritique et cette incertitude que je qualifierais d'éthique.


Les sociétés domestiquent les individus par les mythes et les idées qui, à leur tour, domestiquent les sociétés et les individus, mais les individus pourraient réciproquement domestiquer leurs idées en même temps qu’ils pourraient contrôler leur société qui les contrôle. Dans le jeu si complexe (complémentaire-antagoniste-incertain) d’asservissement-exploitation-parasitismes mutuels entre les trois instances (individu +-, société q+ noosphère), il y a peut être place pour une recherche symbiotique. Il ne s’agit nullement de nous donner comme idéal de réduire les idées à de purs instruments et à en faire des choses. Les idées existent par et pour l’homme, mais l’homme existe aussi par et pour les idées. Nous ne pouvons bien nous en servir que si nous savons aussi les servir. Ne faut-il pas prendre conscience de nos possessions pour pouvoir dialoguer avec nos idées, les contrôler autant qu’elles nous contrôlent et leur appliquer des tests de vérité et d’erreur?

Dans le contexte politique comme ailleurs, ces tests peuvent d'abord correspondre à une interaction et interstimulation des idées entre elles, pour les améliorer, en faire disparaître certaines et émerger des nouvelles. D'où l'intérêt d'un Mouvement Démocrate ouvert et diversifié à l'écoute de toutes ses composantes. Ces tests peuvent aussi correspondre à une confrontation au réel. En ce sens, par exemple, l'idée d'une étude d'impact d'une loi avant son implication me paraît riche de bon sens et d'éthique (à condition d'être menée aussi objectivement que possible).


Une idée ou une théorie ne devrait ni être purement et simplement instrumentalisée, ni imposer ses verdicts de façon autoritaire ; elle devrait être relativisée et domestiquée. Une théorie doit aider et orienter les stratégies cognitives qui sont menées par des sujets humains.
Il nous est très difficile de distinguer le moment de séparation et d’opposition entre ce qui est issu de la même source : l’Idéalité, mode d’existence nécessaire de l’Idée pour traduire le réel, et l’Idéalisme, prise de possession du réel par l’idée ; la rationalité, dispositif de dialogue entre l’idée avec le réel, et la rationalisation, qui empêche ce même dialogue. De même, il y a une très grande difficulté à reconnaître le mythe caché sous le label de science ou de raison.

Je ne vois là que la confirmation que les idées sont similaires aux êtres humains chez qui il est difficile de distinguer ce qui vient de l'inné ou de l'acquis, du conscient ou de l'inconscient, du Ça, du Soi, du Moi ou du Surmoi, etc... C'est pourquoi les idées doivent être respectées. En écrivant ces mots il me vient, dans un sourire, l'idée d'une Déclaration Universelle des Droits des Idées... Serait-ce, après tout, si absurde?


Une fois encore, nous voyons que le principal obstacle intellectuel à la connaissance se trouve dans notre moyen intellectuel de connaissance. Lénine a dit que les faits étaient têtus. Il n’avait pas vu que l’idée fixe et l’idée-force, donc les siennes, étaient plus têtues encore. Le mythe et l’idéologie détruisent et dévorent les faits.
Et pourtant, ce sont des idées qui nous permettent de concevoir les carences et les dangers de l’idée. D’où ce paradoxe incontournable : nous devons mener une lutte cruciale contre les idées, mais nous ne pouvons le faire qu’avec le secours des idées. Nous ne devons jamais oublier de maintenir nos idées dans leur rôle médiateur et nous devons les empêcher de s’identifier avec le réel. Nous ne devons reconnaître comme dignes de foi que les idées qui comportent l’idée que le réel résiste à l’idée. Telle est une tâche indispensable dans la lutte contre l’illusion.

J'insiste ici sur le rôle médiateur de nos idées. Trop souvent les mouvements politiques fondent leurs projets et justifient leurs actions sur et par l'idéologie à l'origine de leur existence. Ceci leur impose de figer les idées quand tout autour d'eux évolue en permanence. On mesure aujourd'hui l'état des partis politiques français qui se sont créés sur des idéologies plus que sur des valeurs. La force d'un parti politique moderne est donc aussi d'être indépendant de toute idéologie, ce qui lui permet d'être ouvert à toutes les idéologies et donc, selon les nécessités du réel, de légitimement s'inspirer des unes comme des autres.

Pour lire ou relire tous les épisodes des Jeudis d'Edgar, c'est par ici.


Aurélien

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mercredi 14 janvier 2009

Quatre mousquetaires à l'assaut de l'Europe

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Ils sont quatre à avoir récemment créé un parti politique et à le présenter pour la première fois au suffrage d'une élection européenne. Pour ces quatre-là, ces prochaines échéances revêtent une importance particulière puisque le mode de scrutin - proportionnel plurinominal à un tour - permet aux "petits" partis de tirer leur épingle du jeu. C'est l'élection qui leur est non seulement la plus favorable mais aussi, sans aucun doute, celle qui se joue sur un terrain et des enjeux qui leur tiennent à cœur, au point souvent d'être à l'origine de leur volonté d'indépendance de l'UMP ou du PS.

Les candidats français se départageront 74 sièges en juin 2009, et nul doute que les luttes seront acharnées. Dans un contexte de crise quasi-générale qui ne prête pas à l'optimisme pour l'UMP au pouvoir, contre lequel se retourne souvent les électeurs dans ce type d'élections, ni pour le PS toujours pris dans ces divisions, toujours inaudible et qui retrouve ici le thème européen sur lequel il s'était déchiré en 2005, il est certain que les partis "marginaux", dont le message pro ou anti Union Européenne est connu, fort et porteur, peuvent faire un "coup".

Quelles sont leurs forces, leurs faiblesses, les risques qu'ils encourent?




1 - François Bayrou - Mouvement Démocrate

L'Europe est le terrain de prédilection de François Bayrou, et plus généralement des centristes. Sur la question le Mouvement Démocrate possède une crédibilité à la fois historique et porteuse de changement. La troisième force politique de France représente donc le danger numéro un pour les deux gros partis que sont l'UMP et le PS, qui ne devraient pas se gêner pour sortir l'artillerie lourde, d'autant que le mode de scrutin et la présence du MoDem au sein de l'ADLE permettront d'éviter la question des d'alliances. Un score identique aux élections de 2004 (autour de 11%) serait un bon résultat, mais je pense que le Mouvement Démocrate peut légitimement espérer mieux et pourquoi obtenir un des deux meilleurs scores au niveau national.



2 - Jean-Luc Mélenchon - Parti de Gauche

Le clivage entre son mouvement et le PS est né suite à sa campagne active pour le "non" lors du référendum de 2005. La question européenne n'ayant pas été réglée depuis au PS, le Parti de Gauche devrait être en mesure, pour sa toute première élection, de réaliser un score intéressant au détriment de ses amis socialistes. Il se pourrait même qu'il fédère aussi, par son discours à la fois anti-Lisbonne et anti-Sarkozy, quelques voix communistes et d'extrême gauche. Ce qui est certain, c'est que pour montrer que son existence est légitime, il ne fera de cadeau à personne.






3 - Nicolas Dupont-Aignan - Debout la République

Il semble acquis qu'il représentera les euro-sceptiques de droite, puisque le MPF de Philippe de Villiers se rallie chaque jour un peu plus à la majorité UMP. Il se pourrait qu'il rassemble une bonne partie des voix gaullistes qui ont dans cette élection une excellente occasion de freiner l'élan sarkoziste qui les essouffle quotidiennement. La principale difficulté de DLR, par rapport aux trois autres "mousquetaires", sera d'être audible. Il ne bénéficie pas d'un espace médiatique aussi étendu que Bayrou, Besancenot ou toute source de discorde au PS, ce que sera la candidature de Mélenchon, et l'UMP, comme lors des présidentielles, jouera l'indifférence. À moins d'un sursaut inattendu dans les sondages la mission paraît impossible.



4 - Olivier Besancenot - Nouveau Parti Anticapitaliste

Plus que son discours euro-sceptique, c'est son discours anti-Sarkozy qui devrait lui apporter le gros de ses voix, cristallisant toutes les frustrations actuelles dues à la crise économique ainsi qu'aux réformes menées au pas de charge sur tous les fronts. La clé pour le NPA sera de bien gérer l'émergence du Parti de Gauche, ne pas se faire syphoner comme le PS. Jean-Luc Mélenchon tente d'ailleurs un rapprochement, sans doute plus dans l'espoir d'attirer les nouveaux venus à la LCR que pour définir une véritable stratégie d'alliance. Médiatiquement, il y a de fortes chances qu'il cède du temps de parole à... Jean-Luc Mélenchon toujours. Cette élection est à haut risque pour le parti d'Olivier Besancenot, qui n'avait pas rassemblé 3% des voix en 2004. Une bonne performance du Parti de Gauche pourrait hypothéquer son avenir à long terme.


La confirmation Bayrou, la demi-surprise Mélenchon, l'échec Dupont-Aignan et la déception Besancenot. Les deux premiers pouvant se mêler à la lutte entre UMP et PS. Voici ma prédiction pour ces élections européennes de 2009. Quelle est la votre?

Une des clés de ce scrutin sera, comme toujours, la participation. Pour ces quatre "mousquetaires", ils trouveront dans un taux de participation élevé un intérêt commun. Et puisqu'ils partagent ce baptême du feu européen, une même inquiétude face aux dérives du pouvoir en place à Paris comme à Bruxelles ainsi qu'une même envie de redéfinir le paysage politique français, peut-être pourraient-ils se rassembler pour un appel à un sursaut démocratique.


Aurélien
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mardi 13 janvier 2009

Hiérarchie gouvernementale: Sarkozy vs Bayrou

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Souvent, principalement dans les médias, les ministres sont hiérarchisés. Parfois selon leur titre officiel, parfois en fonction des priorités politiques du gouvernement, parfois suivant leurs affinités avec celui qui détient le pouvoir suprême. Ainsi on entendra, ou lira, ici et là que l'un devient numéro 3 du gouvernement tandis que l'autre perd son poste de numéro 2.

Bien que ne croyant pas à une quelconque nécessité de ranger les ministres par ordre d'importance, je me suis penché sur la hiérarchie au sein du gouvernement actuel (remaniement imminent inclus) selon ces trois critères. Puis, je me suis amusé à imaginer la hiérarchie d'un gouvernement formé par le Mouvement Démocrate, selon les priorités énoncées lors de la campagne présidentielle de 2007.

Voici ce que ça donne:


Gouvernement Sarkozy:

1 - Président de la République - Nicolas Sarkozy:

Habituellement c'est évidemment le Premier Ministre qui occupe naturellement cette première place, puisqu'il conduit l'action du gouvernement. Or il est clair, et assumé voire revendiqué, que depuis 2007 c'est Nicolas Sarkozy qui dirige les ministres, distribue les bons points, décide de leur nomination comme de leur révocation. François Fillon reste dans l'ombre et dans un contexte de conflit au Proche-Orient, de fortes tensions sociales et de crise économique, le voilà réduit à présenter les réformes du permis de conduire ou annoncer l'apparition d'un quatrième opérateur mobile.


2 - Ministre de l'environnement - Jean-Louis Borloo

Ce ministère a beau être relativement en marge de l'actualité en ce moment, le Grenelle effectué en début de quinquennat a marqué une volonté forte d'agir au niveau environnemental. Et puis dès l'attribution de ce poste à Alain Juppé avant son remplacement par Jean-Louis Borloo, le ministre de l'environnement était annoncé comme le numéro 2. C'est aussi le seul, selon le site de Matignon, a bénéficier du titre de Ministre d'État.


3 - Ministre de l'Économie - Christine Lagarde

Bercy est forcément un ministère majeur, quel que soit le gouvernement en place et quelle que soit la politique de ce dernier. Encore plus dans un contexte de crise économique mondiale...


4 - Ministre de l'intérieur - Michèle Alliot-Marie

Traditionnellement ce ministère a toujours été d'importance. On oubliera pas de sitôt le passage de Nicolas Sarkozy Place Beauvau, mais avant lui les Charles Pasqua, Pierre Joxe ou Gaston Deferre ont fait de ce ministère un lieu de pouvoir fort et d'influence. S'il n'est aujourd'hui "que" numéro 4 de ce gouvernement, malgré la politique sécuritaire menée en France depuis 2002, c'est parce que l'environnement (que ce soit sincère ou démagogique) est devenu un enjeu primordial, et que Michèle Alliot-Marie ne figure pas parmi les favoris de Nicolas Sarkozy.


5 - Ministre de l'immigration - Éric Besson

Selon Backchich il s'agit bien du rang hiérarchique de ce ministère. C'était en effet un thème de campagne majeur de Nicolas Sarkozy, et Brice Hortefeux, qui aura créé ce ministère, est sans doute son plus fidèle allié. Éric Besson, quant à lui, devient le champion de l'ouverture, ou le meilleur des traîtres, c'est selon.


Certains s'étonneront, à la lecture de ce classement, de ne pas voir le ministère du travail dirigé par Xavier Bertrand bientôt remplacé par Brice Hortefeux. C'est en effet discutable, selon moi il prendrait la 6e place. Le fait qu'aucun des favoris du Président ne figure dans ce top 5 est à mon avis une preuve du peu de considération pour l'exécutif officiel de la part de Nicolas Sarkozy, et une confirmation que le pouvoir réel est à l'Élysée.




Gouvernement Bayrou:

1 - Premier Ministre:

François Bayrou croît en nos institutions. Même s'il souhaite les réformer pour plus de pluralisme et une meilleure séparation des pouvoirs, il tient au poste de Premier Ministre comme coordonnateur du gouvernement.


2 - Ministre de l'Éducation Nationale:

Selon François Bayrou, l'Éducation Nationale est la clé pour une société apaisée, sereine, créative et productive. En promettant de garantir les moyens financiers à ce ministère tout en lui imposant des objectifs et des mesures de performance, il démontre son ambition d'en faire un domaine sacré et protégé.


3 - Ministre de l'Économie / Ministre du Budget:

Autre priorité récurrente de la campagne 2007, au point d'en parler à chaque meeting, l'économie et plus particulièrement les finances de l'État. D'où c'est idée du tandem ministériel formé par l'économie et le budget. La réduction des déficits publics et de la dette nationale serait évidemment prioritaire pour redonner à l'État des marges de manœuvre.


4 - Ministre de la Justice:

Pour Bayrou ce ministère doit être fort. Pour être fort il doit être indépendant, d'où l'idée que le Garde des Sceaux soit nommé suite à la validation par une majorité qualifiée au parlement. C'est la seule garantie pour que tous les citoyens soient égaux devant la loi, ce qui est fondamental pour rénover notre démocratie et remettre le citoyen au centre du projet politique de la France.


5 - Ministre de l'Intérieur:

Bien sûr le maintien de l'ordre, dont ce ministère a la charge, est essentiel. Mais s'il reste important dans un éventuel gouvernement Bayrou, c'est pour deux autres thèmes chers au Mouvement Démocrate: la laïcité et la plus grande implication souhaitée de la société civile dans la vie politique. La Place Beauvau prendrait certainement une dimension plus sociale qu'aujourd'hui.


J'imagine aisément que d'autres au MoDem aimeraient voir un ministre de l'environnement dans ce top 5. Il ne fait aucun doute que l'environnement serait une priorité majeure d'un gouvernement Bayrou, et qu'une Corinne Lepage aurait toute sa place aux commandes d'une telle administration. Mais je l'imagine plus comme un super-ministère, ou plutôt une administration trans-ministérielle.

On pourrait également souhaiter plus d'importance pour les affaires étrangères, notamment au niveau européen, pour la santé ou pour la recherche. Libre à vous d'établir votre propre classement en commentaires de ce billet.


Ce que je retiens de cette comparaison, c'est à quel point la différence entre les deux projets de sociétés apparaît claire. C'est peut-être là un exercice intéressant à faire en période électorale, notamment pour les présidentielles, afin de faire ressortir les différences entre les candidats.


Toujours est-il que je préférerais laisser tomber toute idée de hiérarchie gouvernementale, hormis la dominance du Premier Ministre sur son gouvernement. Quand on sait ce à quoi peut mener l'ambition personnelle en politique, toute idée de subordination ou d'influence entre ministres ne peut être que contre-productive.


Aurélien

NB: Billet inspiré par un de mes commentaires laissé chez Christophe Ginisty.
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vendredi 19 décembre 2008

Une chaîne pour le centième...

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C'est déjà mon centième billet sur ce blog. Avant d'entretenir une nouvelle chaîne je tiens à remercier tous ceux qui viennent par ici pour me lire, m'encourager ou me contredire. Le nombre de visiteurs croît régulièrement et je n'ai franchement pas à me plaindre de leurs qualités.

Je remercie aussi les autres blogueurs, que je visite régulièrement (voir ma blogroll en bas à droite...), pour ce qu'ils m'apprennent et pour les quelques visiteurs qu'ils m'envoient. Aux premiers rangs Arnaud, l'Hérétique, Quitterie, Claudio, Françoise, Nelly et Christophe.

Christophe Ginisty, qui n'aime pas les chaînes, a justement eu la bonne idée d'en lancer une. Il s'agit de citer deux sources de doutes concernant le MoDem contre trois sources d'espoir. L'un des premiers tagués fut l'Hérétique, qui refila la patate chaude à Nelly qui, dans un élan revanchard impitoyable, ne me laisse pas d'autre choix que d'étaler mon ressenti kinédémocrate.



Il ne faudrait pas que ça devienne une habitude, mais voici:


Premier doute: Le doute le plus important pour moi se situe clairement dans ce que j'appellerais notre potentiel révolutionnaire. Je ne doute pas des excellentes intentions des uns ou des autres pour faire de la politique autrement, ni mêmes de la plupart des idées que j'entends ou lis ici et là. Je doute de la profondeur et de la radicalité du changement que nous serons en mesure de proposer à nos concitoyens. Que ce soit par nature, par réflexe ou par précipitation, les archaïsmes que nous voulons fuir nous collent un peu trop à la peau.

Il me semble que trop peu de personnes au MoDem ont saisi l'opportunité que représente la naissance de cette nouvelle force politique pour rénover notre démocratie de fond en comble. Pourtant je suis persuadé que la demande est énorme et que le moment est propice.

Second doute: François Bayrou. Ne vous inquiétez pas, il est aussi un espoir. Mais pour un trop grand nombre de français, François Bayrou est le MoDem et le MoDem n'est que François Bayrou. Marielle de Sarnez ne suffit pas à montrer la diversité et l'ampleur de notre mouvement. Je vois que Jean Peyrelevade est de plus en plus présent médiatiquement, tant mieux. Il faut continuer. Maintenant que le MoDem a des élus, même s'il ne s'agit "que" d'élus locaux, il faut les mettre en avant et lever le voile sur cette machine qui se met en route, sur le travail en cours. Il faut que les français voient l'action et la diversité du MoDem.



Premier espoir: François Bayrou. Comment ne pas le citer quand il est à l'origine de ce qui nous rassemble ici? Son intégrité, sa détermination, sa clarté, sa pédagogie, sa pertinence et son impertinence aussi. Toutes ses qualités lui ont permis contre vents et marées de créer une force politique qui tient la route et qui, malgré sa jeunesse, a déjà une influence considérable sur ses adversaires. De quoi voir loin.

Deuxième espoir: Les élections et les sondages. Contrairement à ce que la plupart des médias et même certaines personnes en interne en disent, le socle électoral qui a porté François Bayrou à près de 19% aux présidentielles de 2007 est pratiquement intacte. C'est une base incroyable pour fonder quelque chose de solide et de rassembleur. En partant de 6% on est arrivé à 19%. En partant de 19%...

Troisième espoir: Vous, amis blogueurs et visiteurs du bord de ma fenêtre, du MoDem ou d'ailleurs. Quand je vois, malgré tout ce que nous traversons, la diversité et la qualité des réflexions, l'engagement au niveau local comme national et la réactivité de l'ensemble, je ne peux qu'être convaincu qu'une dynamique constructive est en marche.


Voilà qui est dit... je dois maintenant désigner les prochains maillons. Les quatre heureux élus sont Luc Mandret, Claudio, BGR et Françoise.


Aurélien
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