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vendredi 20 mars 2009

Les dangers de la ruée vers l'ORE

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Avec moins de grévistes mais plus de monde dans les rues que le 29 janvier dernier, la colère populaire ne faiblit pas, au contraire. Feignant d'entendre et de comprendre la rue, l'UMP s'invente une polémique interne sur un éventuel aménagement symbolique du bouclier fiscal qui , comme chacun sait déjà, n'aura jamais lieu. De leur côté les partenaires sociaux, dans leurs revendications sur l'emploi et le pouvoir d'achat notamment, restent concentrés et se montrent déterminés à faire reculer Nicolas Sarkozy. Un grand mouvement social a eu lieu hier.


Les critiques pleuvent sur la politique économique et sociale du Président de la République, avec pour cible principale la loi TEPA qui englobe le bouclier fiscal et la réforme sur les heures supplémentaires. Il me semble que dans toute cette agitation une mesure, votée par le parlement en juillet 2008, est oubliée. Elle risque pourtant de causer d'énormes dégâts en terme de pouvoir d'achat et de relance économique dans les mois à venir ; il s'agit de l'offre raisonnable d'emploi, ou ORE.

Répondant à une promesse de campagne, lancée dans un contexte de croissance, de baisse du chômage et d'une ambition illusoire de plein emploi, cette mesure qui me paraissait déjà injuste il y a 10 mois s'avère socialement dangereuse aujourd'hui, alors que les prévisions de l'INSEE en matière d'emploi et de récession sont, c'est un euphémisme, pessimistes.

Selon ces chiffres de l'INSEE, on pourrait comptabiliser 2,6 millions de chômeurs en juin prochain. À ce rythme le seuil symbolique et inquiétant des 3 millions de chômeurs pourrait être atteint avant la fin de l'année. Personne ne voyant un début de fin crise à l'horizon, on peut tabler sans trop de risques sur le fait que bon nombre de ces chômeurs ne retrouveront pas d'emploi pendant de longs mois. D'ailleurs, avant la crise déjà, l'OCDE estimait la durée moyenne du chômage en France autour de 14 mois.

Que dit le texte sur l'offre raisonnable d'emploi? Qu'au fil des mois de chômage le demandeur d'emploi est obligé d'accepter des offres selon des critères de moins en moins exigeants, notamment en ce qui concerne la rémunération:

Le salaire de l’emploi proposé doit représenter au moins 95% du salaire antérieur après trois mois de chômage, au moins 85% après 6 mois, au moins le montant de l’allocation perçue après un an. Il ne peut être inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et dans le domaine d’activité et ne peut contrevenir aux règles législatives et réglementaires relatives au salaire minimum ; après un an sans emploi, le chômeur sera obligé d’accepter tout emploi rémunéré "à hauteur du revenu de remplacement " versé par les Assedic, ou par l’Etat (Allocation spécifique de solidarité) s’il est en fin de droits.

Autrement dit, à l'heure de la reprise des millions de personnes seront dans l'obligation d'accepter des salaires inférieurs de 15% à 25% - dans le meilleur des cas! - à ceux qu'ils percevaient avant de perdre leur emploi précédent.

Pour les grands patrons comme Serge Dassault, je me doute que c'est plutôt une bonne nouvelle de voir le coût de la main d'œuvre ainsi diminuer. C'est d'ailleurs à se demander si les grands dirigeants qui siègent simultanément aux conseils d'administration des grand groupes (Total, Renault, Veolia, L'Oréal...) et des grandes banques (BNP, Société Générale...) qui rechignent à accorder des prêts aux PME/PMI, ne profitent pas de la crise pour dégraisser allègrement, et pousser leurs sous-traitants et fournisseurs à faire de même, afin de maximiser cet effet négatif de l'ORE sur les salaires... J'aimerais poser la question à Laurence Parisot, elle qui dirige le MEDEF tout en siégeant au gouvernement d'entreprise de la BNP et de Michelin...

Quelles pourraient être les conséquences après la crise?

Le pouvoir d'achat en aura pris un sérieux coup, et ce à tous les niveaux de salaires du smicard au cadre. L'activité, déjà au point mort, ne pourra pas vivre une relance par la consommation. L'endettement des ménages ne pourra qu'augmenter, de même pour l'endettement national puisque les recettes fiscales diminueront tandis que les prestations sociales, elles, ne feront que s'accroître. Autant d'éléments qui feront que la sortie de crise économique sera illusoire et aggravera encore la crise sociale.

Ainsi, alors que tout le monde braque les projecteurs sur le bouclier fiscal en espérant un geste aussi symbolique qu'improbable du Chef de l'État, c'est peut-être une mesure moins symbolique mais qui s'annonce catastrophique qu'il faudrait remettre en question. Il y a urgence.


Aurélien
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mercredi 18 mars 2009

Nous partîmes cinquante...

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Nous partîmes cinquante et par angoisse dévote,
Nous nous vîmes un seul en arrivant au vote.


Ils étaient entre quarante et cinquante députés UMP à s'opposer à la réintégration complète de la France dans les structures militaires de l'OTAN. Ils avaient le renfort de gaullistes poids lourd comme Alain Juppé ou Dominique De Villepin. Au moment du vote, il restait neuf abstentionnistes et un vote contre. Pourquoi?


La raison invoquée est l'inclusion de cette réintégration dans l'ensemble du projet de politique étrangère de la France qui était soumis au vote engageant la responsabilité du gouvernement. On jugea inconcevable de sanctionner le gouvernement et sa politique étrangère sur cette seule question de l'OTAN. On avoua même que sur un vote sans engagement de la responsabilité du gouvernement, on aurait pu voter selon ses convictions. Autrement dit, pour ceux-là mêmes à l'UMP qui défendaient l'idée d'une France éternelle et indépendante, libre de parole et d'action sur la scène internationale, il y a autre chose qui passe avant tout: la survie d'un gouvernement qu'ils n'apprécient guère, qu'ils voient constamment court-circuité depuis l'Élysée, qui méprise les parlementaires et qui a des chances de disparaître dans l'année en cours. Absurde.

La vraie raison est donc ailleurs, dans les petits conforts personnels de leurs circonscriptions respectives, par exemple. La plupart de ces députés semble aussi vouloir laisser passer l'ouragan Sarkozy en espérant ramasser et recoller les morceaux, en 2012 ou 2017, d'une droite défigurée. À l'image de François Baroin, protégé de Jacques Chirac, qui annonce à la tribune ses regrets tout en renouvelant sa confiance à l'improbable association entre François Fillon et Bernard Kouchner qui, les images parlent d'elles-mêmes, n'ont strictement rien à faire de ses états-d'âmes. Vous êtes avec ou contre nous... Préférer rester bien au chaud sous l'aile d'un pouvoir qui vous méprise et que vous méprisez tout autant, notamment sur une question aussi essentielle pour l'identité de son pays et du peuple que l'on représente, est un manquement à son devoir d'élu.

Mais il y a pire. Le comble de l'absurdité, voire de la lâcheté évidemment non assumée, parmi ces cinquante députés est illustrée par l'abstention des ronchons chroniques de l'UMP que sont François Goulard ou Jean-Pierre Grand. Ceux-ci, se réclamant de De Gaulle le résistant, s'opposent non seulement à la réintégration mais aussi, et surtout, à la méthode employée par le gouvernement pour museler le débat. Et bien qu'à cela ne tienne, vous allez voir ce que vous allez voir: puisqu'on ne veut pas nous entendre, et bien nous dirons haut et fort... rien du tout! Ni à la tribune, ni lors du vote. Sûr que Fillon a du trembler... Le Président de la République, lui qui ne jure que par les rapports de force, doit les estimer encore moins que la veille. Ils ont eu peur. Peur d'improbables représailles parce que dans le contexte actuel et avec les échéances électorales qui approchent Nicolas Sarkozy aura besoin de toutes ses troupes. Ils se sont donc mollement écrasés pour rien, rompant avec leurs idéaux comme avec leurs responsabilités.

Et puis soudain... l'accident. On ne sera sans doute jamais ce qui s'est vraiment passé... toujours est-il que Franck Marlin, député UMP de l'Essone, a refusé sa confiance au gouvernement. Suicide politique? Éternuement malvenu? Coup de coude ou mauvaise blague du voisin? Une confusion entre sa gauche et sa droite? Selon ce qu'il rapporte de son actualité parlementaire, Franck Marlin semble ne pas hésiter à voter contre sa propre majorité. De là à croire que l'on tient un député UMP capable de voter en conscience, il n'y a qu'un pas... que je vais franchir, histoire de ne pas perdre tout espoir en un parlement digne de ce nom.

Qu'en reste-t-il de cet espoir démocratique? Le débat n'a pas eu lieu. Le vote était cadenassé. Le Sénat n'a même pas été consulté. De la dernière réforme constitutionnelle le parlement devait sortir renforcé. Dans l'exercice d'une de ses fonctions les plus importantes, à savoir le renouvellement de sa confiance au gouvernement, il vient d'être une nouvelle fois humilié, et avec lui les citoyens... nous. Et si demain, jour de contestation sociale, c'était aussi cette exaspération qu'il fallait exprimer?


Aurélien
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mardi 17 mars 2009

Bluff démobilisateur

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Je m'interrogeais vendredi dernier sur la véritable nature d'un sondage BVA. Aujourd'hui c'est un sondage Ipsos, ou plutôt la manière dont il est rapporté médiatiquement sur les sites du Point, du Figaro ou du JDD, qui me donne envie de publier régulièrement sur les sondages, d'en préciser et compléter l'information, ce que les journaux en ligne sont manifestement incapables, par manque d'intégrité, de volonté ou de compétence, de faire.

Voici ce qu'on nous dit sous des titres qui annoncent l'UMP en tête ou un gauche mobilisée:

L'UMP et le Nouveau Centre, qui font liste commune pour les élections européennes en France métropolitaine, arrivent en tête des intentions de vote, avec 27 % des voix, selon un sondage Ipsos, à paraître dans Le Point disponible en kiosque jeudi. Aux européennes de 2004, l'UMP a obtenu 16,6 % des voix.

Le Parti socialiste arriverait en deuxième position avec 24 % des intentions de vote (contre 28,9 % en 2004). Le MoDem rassemblerait 10 % des suffrages (l'UDF, d'où est issu ce parti, en a eu 12 % il y a cinq ans), tandis que le Nouveau Parti anticapitaliste et Europe-Écologie (Verts et associatifs) feraient jeu égal avec 9 % des voix.

La liste commune du Mouvement pour la France (MPF) et de Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) obtiendrait 6 % des voix (contre 6,67 % au MPF et 1,73 % à CPNT), tout comme le Parti communiste et le Parti de gauche (contre 5,6 %). Les points restants se partagent entre le Front national (5,5 % contre 9,8 %), Lutte ouvrière (2 %), Debout la République (1 %) et le Parti de la France (0,5 %).

Sondage réalisé les 13 et 14 mars, auprès d'un échantillon représentatif de 887 personnes âgées de 18 ans et plus. Les élections européennes se dérouleront le 7 juin. Il y a sept circonscriptions métropolitaines.

Contrairement au sondage BVA, celui-ci parle au moins du Mouvement Démocrate et lui donne un score faible par rapport aux sondages précédents le situant plus proche des 15%. Je ne vois pas ce qui dans l'actualité récente peut justifier une telle chute dans l'opinion, mais admettons.

Allons voir si, contrairement à BVA, Ipsos met un minimum de détails concernant ses enquêtes en ligne. Heureusement, la réponse est oui. On y retrouve les mêmes pourcentages... deux éléments majeurs non rapportés par les médias sautent aux yeux cependant:

1- Les scores n'émanent que des personnes s'affirmant certaines d'aller voter, soit seulement 49% des sondés, ce qui correspond à un taux de participation certainement plus faible qu'il ne le sera en juin prochain.

2- 15% des personnes certaines d'aller voter n'ont pas exprimé d'intentions de vote, ce qui laisse une porte ouverte sur de multiples scénarios.

Sans ces précisions, quelle est la pertinence de ce sondage? Surtout, quel est son sens?

Je pense que puisqu'il s'agit d'une commande du Point que l'on peut, sans choquer personne, qualifier de pro-gouvernemental, l'objectif de ce sondage, ou plutôt de l'article le rapportant, est de favoriser l'UMP en jouant notamment une carte bien usée en 2007: la bipolarité démobilisatrice du scrutin. Je précise que mon commentaire expliquant ceci sur l'article du Point a été censuré par les modérateurs...

En ne mentionnant pas les incertitudes sur la participation comme sur les intentions de vote, on présente comme acquis que le duel se limitera aux deux grands partis historiques, l'UMP et le PS qui ne demande sûrement pas mieux. On cherche à nous enfermer dans une lutte droite-gauche franco-française qui n'a que peu de sens à l'échelle européenne. Les troubles-fête que seraient le MoDem, le NPA ou encore les écologistes semblent définitivement largués. C'est commode... de quoi démobiliser ceux qui croient en une troisième voie, qu'elle soit centriste, verte ou anticapitaliste.

Par cette stratégie, l'UMP concentre les votes contestataires de sa politique sur son meilleur ennemi du PS qui, lui, aura beau jeu d'appeler les électeurs au très mal nommé "vote utile". C'est à mon avis assez révélateur du peu d'estime que la majorité et l'opposition ont en réalité pour la dimension politique européenne, alors que 80% des lois votées à l'Assemblée Nationale ne font qu'adopter les décisions prises en amont par le Parlement Européen. C'est là, de nos jours, que survit la démocratie.

Selon moi, si beaucoup de citoyens ne sont pas encore certains de leur participation ou de leur vote, c'est parce que la campagne n'a pas démarré. Les partis politiques comme les médias tardent à en donner le véritable coup d'envoi, pris par l'actualité toujours en ébullition sous l'impulsion de l'Élysée. L'OTAN, Hadopi... aujourd'hui la mini-polémique interne à l'UMP sur une éventuelle suspension du bouclier fiscal, sinon de la loi TEPA dans son ensemble. Les enjeux européens, majeurs et d'ailleurs souvent caractéristiques des partis plus modestes, sont renvoyés au mois de mai, au plus prêt des dates d'une campagne officielle ridiculeusement réduite (du 25 mai au 6 juin).

Du côté de l'UMP comme du PS, on semble oublier que l'Europe peut mobiliser les citoyens et contredire tous les pronostiques lorsque les enjeux sont importants et que le contexte social interne est particulièrement tendu. 2005 ce n'est pourtant pas si loin...


Aurélien
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mercredi 11 mars 2009

Réveil citoyen au PS

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Je parle assez peu du Parti Socialiste sur ce blog. Il faut dire que les tensions internes incessantes depuis des années, comme l'incapacité chronique à se régénérer sur le fond, m'ont rendu ce parti illisible et finalement relativement inintéressant. Par ailleurs ses dirigeants ou principales personnalités, Ségolène Royal en tête, m'inspirent toujours une méfiance quant à la sincérité de leur engagement et/ou leur conception même de la politique et de la démocratie. Pourtant, aujourd'hui, le PS a frappé très juste et très fort.



Martine Aubry a annoncé la publication d'un livre noir, téléchargeable, rapportant les atteintes aux libertés publiques assénées par le gouvernement actuel sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy. Selon moi on peut débattre longtemps de la crise et des méfaits de la politique économique et sociale du Président de la République, notamment lors des mouvements de protestions comme le 29 janvier dernier, mais ses dérives continues et assumées qui menacent tranquillement mais sûrement notre démocratie ne devraient pas être aussi souvent reléguées au second plan voire même au-delà. J'ai plusieurs fois exposé mes inquiétudes sur ces dérives.

La Secrétaire Nationale du PS qualifie sa démarche de citoyenne et, sans nier les réalités des habituelles joutes politiciennes, je suis d'accord avec elle et me réjouis de voir un parti politique important se saisir aussi sérieusement et exhaustivement de cette question des libertés publiques menacées. Tests ADN, Hadopi, concentration des médias, concentration des pouvoirs, multiplication des gardes-à vue, réformes judiciaire et institutionnelle, etc... tout y est.

En face, du côté de l'UMP, la réaction se fait un peu attendre. Pour l'instant Frédéric Lefebvre, d'ordinaire si rapide à dégainer, s'est contenter d'un communiqué confus et mensongé, en mode "cessuikidikyé" dont il est si friand, comme si ce crochet du gauche l'avait proprement sonné. Il n'y a que la vérité qui blesse, dit-on...

Ce livre, intitulé La France en libertés surveillées, la République en danger, peut représenter une sérieuse référence, un portail vers plus d'informations et de prise de conscience. Le citoyen lambda peut s'en saisir et mener à partir de ce document ses propres recherches pour se forger son opinion personnelle sur l'imminence du danger. Évidemment la forme est biaisée de part la nature même du rôle classique de l'opposition, mais les dérives rapportées, elles, sont bien réelles et inquiétantes.

Je conseille vivement à tous ceux qui tiennent à coeur nos fondamentaux démocratiques et leur responsabilité citoyenne de parcourir attentivement ce document et de le conserver précieusement. Nous ne sommes pas encore à la moitié du premier quinquennat sarkoziste et déjà plus de 150 pages sont requises pour simplement recenser les dérives... Cet outil d'information et de vigilance citoyenne est plus que bienvenu, il était nécessaire.



Aurélien
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vendredi 6 mars 2009

Symptôme d'une démocratie décadente

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Nicolas Sarkozy a décidé de compléter le processus de réintégration de la France dans les structures militaires de l'OTAN. Encore une rupture. Encore une polémique. Une polémique qui gagne tous les partis politiques ; preuve que la question ne relève pas d'une idéologie de droite, du centre ou de gauche, mais de l'atlantisme des uns face au souverainisme géopolitique et géostratégique des autres.


Ce qui est certain, c'est que cette rupture est essentiellement symbolique. À peu près tout le monde s'entend là-dessus, que l'on soit pour ou contre. Le ministre de la défense l'a d'ailleurs dit lui-même: cette réintégration concrètement ne change rien. Ce n'est pas tout à fait vrai. En effet, concrètement, il s'agit pour l'état-major français de récupérer quelques postes de commandements plus ou moins importants. Au passage, cela signifie que, malgré des conditions exigées par la France et non encore remplies, les négociations ont eu lieu et que tout est déjà ficelé... passons. Au-delà de ces quelques postes, la France est déjà si impliquée dans les rouages de l'OTAN que sa réintégration totale ne représenterait que le dernier pas d'une longue marche entamée sous la présidence de François Mitterrand.


C'est sur le plan symbolique que cette décision ébranle majorité et opposition. La France y perdrait son indépendance, sa liberté de parole et d'action. C'est en effet symbolique mais ce n'est pas pour autant insignifiant. Sur le plan international, et même jusqu'à Washington, la voix française était jusqu'ici écoutée, respectée comme celle d'ami fidèle mais libre. Pour les plus faibles elle pouvait représenter un recours. Ce n'est pas le cas, ou alors dans des proportions bien moindres, de la voix britannique, par exemple, véritable écho des États-Unis depuis des décennies.

Est-il pertinent de remettre cette liberté, garante d'une certaine autorité, en question? Dans un contexte international de multiplication des crises, de prolifération des armes nucléaires, d'émergence de nouvelles puissances et de terrorisme global, est-il perspicace de rogner sa liberté pour se ranger dans un bloc créé dans un contexte tout autre? Et puis, à trois mois des élections européennes, quelles conséquences pour une défense européenne?

Le débat est nécessaire. Un vrai débat, à la fois pédagogique, transparent et serein. D'autant que, comme l'a dit François Bayrou, c'est un aller sans retour. Ce n'est pas une décision que l'on pourra renier en 2012, pas même en 2017. En ce sens je supporte son avis de tenir un référendum sur la question, même si le débat serait inévitablement pollué par d'autres questions et risquerait de muter en un référendum pour ou contre Nicolas Sarkozy.

François Fillon a (reçu l'ordre élyséen de) décider d'opter pour un débat à l'Assemblée Nationale suivi d'un vote engageant la responsabilité de son gouvernement. C'est à priori mieux que rien mais dans l'état actuel du parlement, c'est, justement, rien. Les élus ne savent plus voter en conscience. Ils se rangent systématiquement derrière leurs étiquettes. C'est une dérive démocratique si établie que certains députés en parlent ouvertement, au point de considérer l'engagement de la responsabilité du gouvernement comme une façon de museler l'opposition interne à la majorité UMP. Ils ont certainement raison, mais quel aveu de démission de leur mission première de représenter le peuple et de défendre en conscience l'intérêt général! Et quand ce n'est pas pour obéir au chef de la droite, c'est pour ne surtout pas voter comme la gauche, peu importe qu'elle puisse avoir raison.

Et voilà comment sur une décision majeure, qui aura un impact sur le destin de la France, de l'Europe et du Monde pour les prochaines décennies, on se contente d'un débat parlementaire tronqué, biaisé puisque tout a déjà été décidé, et sanctionné par un vote verrouillé. Le peuple est dépossédé de la souveraineté nationale qui lui appartient constitutionnellement. Avant de juger du bien fondé de cette réintégration, c'est sur le caractère anti-démocratique du processus décisionnel que les démocrates, d'où qu'ils viennent, doivent se mobiliser.


Aurélien
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mardi 3 mars 2009

Mécaniques mass-médiatiques

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Petite tentative de voir à travers la fumée...

En ce mardi soir, pratiquement tous les sites de la presse traditionnelle mettent en première ligne les mystérieuses lettres anonymes, accompagnées de balles de calibre 9 mm ou 38, menaçant de mort plusieurs personnalités politiques de l'UMP dont Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati, Christine Albanel ou encore Alain Juppé. Le Monde, le Nouvel Observateur et l'Express mettent ainsi cette actualité à la une. Pour le Point, à la même heure, ces menaces viennent juste derrière les gesticulations de Christine Boutin sur l'homoparentalité. Du côté du Figaro, les menaces sont au premier plan de l'actualité politique.



Certes, des menaces de mort à l'encontre des représentants du peuple, comme à l'encontre de quiconque d'ailleurs, sont inacceptables. Évidemment, le fait que ces menaces touchent plusieurs personnalités politiques simultanément est particulièrement intrigant. Cependant, à ce niveau de responsabilités, les menaces sont relativement fréquentes. Les faits sont donc mystérieux mais pas forcément exceptionnels au point de monopoliser ainsi toutes les rédactions. Alors pourquoi tant d'espace médiatique?


Cela fait quelques années que Nicolas Sarkozy fixe l'agenda médiatique. Il nous a habitué à des détournements d'attention. On se souvient, entre autres, de l'annonce
de son divorce différée au jour même du premier mouvement social d'ampleur auquel il fut confronté en tant que Président de la République. Par conséquent une question se pose: de quelle autre actualité cherche-t-on, aujourd'hui, à détourner notre attention?

Pour répondre à cette question il convient de regarder ce qui, dans les jours et semaines passés, a largement occupé l'espace médiatique. Je vois trois sujets brûlants: l'affaire d'État Pérol, car s'en est une, la crise économique et les tensions aux Antilles. Sur l'affaire Pérol, rien de nouveau aujourd'hui. Sur la crise économique il y a bien eu une petite passe d'armes entre majorité et opposition sur les bancs de l'Assemblée Nationale, mais rien d'extraordinaire. Du côté des Antilles en revanche, et plus particulièrement de la Martinique, une nouvelle d'importance semble être anormalement en retrait: un accord cadre a été signé sur les salaires après un mois de conflit. Augmentation de 200 euros nets mensuels pour tous les salaires du privé jusqu'à 1,4 fois le SMIC.

Je suis surpris de voir, après tout le battage médiatique des dernières semaines sur les tensions dans les DOM-TOM, une issue imminente aussi peu médiatisée. Certes, tout n'est pas encore ficelé, les syndicats attendent notamment les conclusions de la commission des prix, mais tout de même: la revendication phare, ambitieuse, est satisfaite. C'est peut-être cela que l'on ne veut pas trop ébruiter en métropole où l'on espère que le train de mesures sociales annoncées le 5 et répétées le 18 février dernier suffiront. D'autant que, si l'on y regarde de plus près, l'État, qui avait juré qu'une telle augmentation serait totalement à la charge du patronat, finance finalement pour moitié de ces 200 euros d'augmentations.

On imagine aisément les métropolitains s'interroger: "Et pourquoi pas nous?" ; les responsables des différents syndicats jouer de ce levier lors de la prochaine journée d'action le 19 mars. Du côté du gouvernement, où les sacro-saintes cotes de popularité de l'exécutif ont du plomb dans l'aile, on doit déjà redouter de devoir justifier à nouveau un refus d'augmenter les salaires. Pas sûr que la différence de contexte économique et social entre les Antilles et la métropole ne suffise à calmer les ardeurs.

Du coup, pour le gouvernement, une petite pirouette médiatique ne mange pas de pain. Mieux vaut profiter de l'écran de fumée pour se précipiter de ministères en cabinets élyséens et s'organiser, gagner du temps avant que les consciences sociales ne s'éveillent à nouveau et que les revendications ne redoublent d'intensité.


Pour leurrer le monde, ressemble au monde ;
ressemble à l'innocente fleur,
mais sois le serpent qu'elle cache.
[William Shakespeare]



Aurélien
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vendredi 27 février 2009

Les Jeunes Pop à la rescousse

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Les Jeunes Pop ne doutent de rien et surtout pas de Nicolas Sarkozy. Ce n'est plus un Président de la République qui a été élu en mai 2007 mais un héros, le Jack Bauer de la la politique nationale, européenne et internationale. Celui qui fait tous les sacrifices au nom d'un idéal, pour le bien de tous. Que nous sommes niais de ne pas en avoir pris conscience plus tôt. Heureusement les Jeunes Pop sont là pour nous rappeler, avec toute l'objectivité et l'humilité qui les caractérisent, notre chance d'être guidés par Lui. Jugez plutôt:



C'est toute une campagne de réhabilitation de leur champion que les Jeunes Pop ont décidé de mener. 50 000 affiches, 500 000 tracts et l'inévitable groupe Facebook pour soutenir un "président à la hauteur des enjeux". Ils ne se contentent pas de le défendre mais le présentent comme l'homme qu'il nous faut pour passer au travers de cette crise mondiale.

Petit décryptage de leur propagande:

Le monde traverse une crise sans précédents. Dans cette tempête qui met à mal toutes les certitudes, et particulièrement celles de notre génération, élevée dans la conviction que le capitalisme était un système inébranlable, Nicolas Sarkozy a démontré une nouvelle fois qu’il était à la hauteur des enjeux.

Je ne sais pas vous, mais moi je n'ai jamais été élevé dans la conviction que le capitalisme, ni quelque autre doctrine que ce soit, était inébranlable. Mais je comprends la fébrilité des Jeunes Pop dans cette phrase. Quand nos illusions nous explosent en pleine face il est rassurant de prendre son cas pour une généralité.

Le capitalisme est ébranlé et le monde traverse la pire crise de tous les temps. Pire, donc, que 1929 ou les deux guerres mondiales. Pourtant tous les dirigeants de la planète, dont Nicolas Sarkozy, admettent leur incapacité totale à prévoir l'ampleur des dégâts qui seront causés par cette crise et sa durée. Ce que l'on peut reconnaître, c'est que le Président a agi, mais juger aujourd'hui de sa performance est impossible puisque rien de ce qu'il a initié en réponse à la crise n'est encore mesurable. Le glorifier à ce point est donc absurde.


En tant que Président de l’Union européenne, il a prouvé qu’ensemble et mieux coordonnés, les peuples d’Europe seraient plus forts pour affronter cette crise du siècle qui plonge toutes les économies mondiales dans un coma économique et financier. Il fut sans aucun doute, et de l’avis de tous, un grand Président de l’Union européenne qui s’est forgé, dans des circonstances exceptionnelles qui exposent les hommes au regard intransigeant de l’histoire, la stature de porte-parole des nations déterminées à moraliser en profondeur le capitalisme.

Nicolas Sarkozy n'a jamais été Président de l'Union Européenne. Ce poste n'existe pas. Il en a présidé le Conseil Européen. Il n'a pas rassemblé sur les solutions à la crise au niveau européen puisque chaque pays a élaboré son propre plan de relance. Il nous a d'ailleurs dit tout le bien qu'il pensait des plans de nos voisins lors de son intervention télévisée du 5 février. Encore une fois, même si l'on peut parler d'une relative réussite, prétendre que les avis sur la présidence française de l'Union Européenne sont unanimes et sans nuance est tout simplement faux.


En tant que Président de la République française, Nicolas Sarkozy n’a reculé devant rien, n’a cédé ni aux sirènes du renoncement ni aux tentations de la fatalité. Au lieu d’appliquer bêtement une doctrine économique, il s’est montré avant tout comme le Président de la réalité, pragmatique dans les réponses apportées aux problèmes concrets rencontrés par des millions de Français. En décidant de mesures de justice à l’occasion du « sommet social », il a fait le choix de ne laisser personne au bord du chemin et inscrit son action dans une stratégie claire : préserver l’emploi, parce que sans emploi, pas de pouvoir d’achat !

Recul sur les lycées, sur le travail du dimanche ou sur l'enseignement supérieur ; inflexion de sa politique sociale. Président de la réalité face aux problèmes concrets des français? Comme cette toute première mesure du bouclier fiscal? Comme le triplement de son salaire? Comme le traitement en urgence de la réforme de l'audiovisuel et de la loi Hadopi? Préserver l'emploi? Quid de ces constructeurs ou sous-traitants automobiles qui reçoivent des millions sinon des milliards de l'État sans remettre en question une seule seconde leurs plans sociaux?


En plaçant la jeunesse au premier plan de la relance de l’économie française, Nicolas Sarkozy a bien compris qu’il ne fallait pas laisser notre génération sombrer dans la peur de l’avenir, cette peur insidieuse, cette peur dangereuse. Il est aujourd’hui de notre devoir d’affronter la crise avec lucidité mais aussi avec confiance, pour qu’à l’orée du XXIème siècle la jeunesse de France renoue avec l’espérance.

Ici, les Jeunes Pop confondent le plan de relance de 26 milliards coordonné par Patrick Devedjian et les mesures sociales annoncées le 18 février dernier à hauteur de 2,6 milliards. Parmi ces mesures une seule, loin d'être la plus importante, concerne la jeunesse: faciliter l'accès aux indemnisations en cas de chômage. C'est ça "placer la jeunesse au premier plan"?

Lorsque l'on place cette mesure face aux 6 à 8 milliards du paquet fiscal qui favorisent les plus aisés des français, on réalise à quel point la jeunesse est en arrière plan, en zone floue. Elle n'est pas prêt à renouer avec l'espérance grâce à Nicolas Sarkozy qui en a une trouille bleue, au point de virer les préfets si elle s'approche d'un peu trop prêt, gueule un peu trop fort.


C’est en ce sens que nous avons voulu mener cette campagne. Elle est désormais entre vos mains, celles de dizaines de milliers de militants et de sympathisants qui ont à cœur de soutenir l’action du Président de la République face à une gauche à genoux et qui n’apporte pour seules réponses à la crise qu’intox, manipulation et récupération, laissant au passage sa dignité au placard.

Cet article des Jeunes Pop est en ligne depuis 2 jours. Il a suscité, sur leur propre site, 3 commentaires plutôt hostiles. Autant dire que cette campagne n'est pas gagnée... C'est qu'il est compréhensible que les "dizaines de milliers" de militants et sympathisants UMP ne se bousculent pas au portillon pour distribuer ces tracts et coller ses affiches. Ils savent très bien l'accueil qui leur sera réservé sur les marchés, dans la rue ou sur les campus. La droite se recomplexe, son manichéisme n'est pas plus pertinent aujourd'hui que celui de cette "gauche à genoux". Espérons que le silence qui répond à leur appel totalement hors sujet pourra, au final, leur être utile.


Nous en avons tous la conviction, l’histoire ne repassera pas les plats une seconde fois et nous n’avons en cet instant qu’une seule responsabilité, une seule mission : défendre ce que nous savons juste, au nom du Mouvement Populaire, pour l’avenir de la France.

Le "Mouvement Populaire"... euphémisme Coué d'une agitation populiste en vase clos au secours d'un homme qui à force de divisions et de communication débridée ne sait plus quoi faire ni quoi dire. Quel espoir, quelle révolution cette jeunesse "populaire" là peut-elle porter?


Aurélien
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mercredi 25 février 2009

Hypocrisie graduée

Depuis quelques années déjà l'UMP a dans ses tiroirs le projet de loi Création et Internet, dite Hadopi. Elle a pour but officiel de protéger les droits d'auteurs et la création par une série de mesures préventives et répressives contre le piratage d'œuvres artistiques.

Comme tous les projets de loi issus de la majorité qui ne relèvent d'aucune urgence dans le contexte économique et social actuel, il sera débattu au pas de charge. C'est que le Président de la République s'est engagé à ce que cette loi soit votée avant la fin mars. Et quand le Président s'engage...


Entre autres dispositions, ce projet de loi prévoit un principe de riposte graduée critiquée par de nombreux organismes parmi lesquels le Parlement Européen qui en a fermement rejeté l'idée à une écrasante majorité.


Je rappelle que le projet a été défendu par la député européenne Janelly Fourtou, également conseillère municipale Neuilly-sur-Seine depuis 1983. Cette année là un certain Nicolas Sarkozy y prenait la mairie pour 19 années, ça créé des liens. Elle est aussi l'épouse de Jean-René Fourtou, qui n'est autre que le Président du Conseil de Surveillance de Vivendi, maison mère d'Universal, numéro un mondial de la musique. De là à remettre en doute les vrais intérêts de ce projet de loi... Mais la majorité UMP n'ira jamais par là.

Non, à l'UMP, on ne s'occupe pas de ça. À l'UMP, on est à fond du côté de la création et des artistes. Alors forcément, quand le Mouvement Populaire devient le Mouvement Pirate et utilise frauduleusement, sur Internet et lors de deux meetings, une oeuvre artistique, en l'occurrence un titre du groupe américain MGMT, ça fait mauvais genre. Vite, Xavier Bertrand tente de réparer les pots cassés:

"L'UMP est très attachée au respect des droits d'auteur. Et la protection des oeuvres des artistes est quelque chose de primordial", a martelé Xavier Bertrand, secrétaire général du parti, qui a "reçu un courrier de l'avocate du groupe". "Il fallait prévoir des indemnisations. Ceci est totalement normal. La musique utilisée dans les meetings l'a été dans le cadre de la Sacem et donc en payant des droits à la Sacem. Nous sommes en train de regarder pour qu'il y ait une juste indemnisation du groupe", a-t-il précisé.

Et bien ça y est, c'est annoncé: l'UMP a fini de regarder et propose ce qu'elle considère une indemnisation juste: 1 euro symbolique. Nul doute que les artistes volés apprécieront l'immense respect dont les défenseurs de la création font preuve. Peut-être pas à chaud, mais une fois qu'on leur aura expliqué qu'il s'agit de riposte graduée, ils comprendront qu'en cas de récidive ils auront droit à une paire de tongs UMP. Puis, en cas de nouvelle infraction au nouvel album de Carlita, puis à un dîner au Fouquet's, puis à la plus belle des rolex pour surtout ne pas rater leur vie, puis des vacances en yacht et ainsi de suite jusqu'à, en cas d'acharnement absolu du parti majoritaire à utiliser illégalement leurs œuvres, se voir offrir un secrétariat d'état à la création musicale.

Ce qui est d'une hypocrisie insupportable, c'est d'accepter
les privilèges
d'une classe sans en accepter les fonctions.
[André Maurois]

Aurélien
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vendredi 13 février 2009

Les raisons de la colère

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En une semaine, depuis son intervention télévisée du 5 février, Nicolas Sarkozy est sur tous les fronts, en campagne permanente. Sans même compter la charge de travail que représentent la gestion de la crise économique, la préparation du G20 du mois d'avril, les investitures UMP pour les prochaines élections européennes ou le suivi de la fronde des enseignants-chercheurs, il a successivement annoncé la suppression de la Taxe Professionnelle, le plan de secours pour l'automobile ainsi qu'un comité interministériel de l'Outre-mer, sans oublier sa visite en Irak et au Koweït et aujourd'hui son intention de réduire le congé parental d'éducation compensé par la création de 200 000 places d'accueil pour les enfants. Le tout est exécuté en respectant la stratégie de communication en place depuis longtemps: je déforme, je culpabilise, j'annonce.




Sur la politique familiale, le Président nous offre un nouvel exemple de cette stratégie, comme à son habitude il arrange la réalité à son avantage pour mieux imposer son idée:
Bien sûr qu'une femme qui souhaite s'occuper à plein temps de l'éducation de ses enfants, c'est formidable, (...) mais ça doit être un choix. Ma crainte c'est que cette femme après avoir fait cela n'ait plus la chance de retrouver un emploi, parce qu'on lui dit après qu'elle est trop vieille.

Encore une fois donc, la réalité est déformée, et même renversée ; hypocrisie quand tu nous tiens... D'abord pour bénéficier du congé parental d'éducation il faut être salarié de son entreprise depuis un an. Ensuite, une simple vérification sur le site du Servie Public met à jour le mensonge populiste du patron de l'UMP. Voici les vraies conséquences du congé parental d'éducation sur le contrat de travail:

Pendant la durée du congé parental, le contrat est suspendu mais non rompu et le salarié n'est pas rémunéré.

Pour l'ancienneté, le congé est pris en compte pour moitié.

Néanmoins, des accords de branche peuvent prévoir les conditions dans lesquelles la période d'absence des salariés, dont le contrat est suspendu pendant un congé parental d'éducation à temps plein, est intégralement prise en compte.

Le salarié conserve le bénéfice de tous ses avantages acquis.

À son retour dans l'entreprise, le salarié a même droit à une formation professionnelle en cas de changement de techniques ou de méthodes de travail. Ainsi, puisque le congé parental ne génère pas de risque au niveau de l'emploi, il est clair que les parents qui décident d'en bénéficier choisissent, et non subissent par défaut, cette option. Ceux qui subissent sont celles et ceux, bien plus nombreux, qui sont obligés de reprendre leur activité professionnelle, au détriment de l'éducation de leur enfant, pour des questions matérielles.

Le Président annonce ensuite: Pour rendre effective la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle, il faut "que l'on puisse proposer 200 000 places d'accueil supplémentaires d'ici à 2012, la fin de mon quinquennat".

Chiche? Selon les chiffres d'Attac France, recalculés pour correspondre à ces 200 000 places annoncées, cette mesure coûterait 4 milliards d'euros pour la construction, puis entre 2 et 3 milliards d'euros par an pour le fonctionnement. Où trouver autant d'argent? Les caisses de l'État sont vides et les collectivités locales qui devront certainement contribuer à ces dépenses sont dans le flou total depuis la décision de supprimer la taxe professionnelle... Alors quoi? On emprunte? On creuse encore la dette? Autant dire qu'il s'agit là, encore une fois, d'un effet d'annonce.

Sur ce sujet comme sur tous les autres, on déforme la réalité pour ensuite mieux sortir de sa manche un chiffre aussi impressionnant que démagogique. L'Élysée ne se rend pas compte que cette méthode est maintenant éculée. Elle a vécu sur le paquet fiscal, sur la réforme de l'audiovisuel public, du statut des enseignants-chercheurs, de la Constitution, des lycées, etc... Plus personne n'est dupe. En revanche chacun se sent chaque jour un peu plus méprisé.

Sur chaque sujet: polémique, controverse, humiliation, incompréhension, mensonge, incompétence, mépris... Et les français de déguiser leur désespoir en patience. Mais cette dernière a naturellement des limites, le masque se fissure, le désespoir cède a la colère. Une colère qui s'annonce impitoyable, désordonnée, sourde... à l'image de ce qui l'aura provoquée.

EDIT: Ne ratez pas le buzz!


Aurélien
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lundi 2 février 2009

Lefèbvre: français moyen

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Il est rare que la même personnalité politique face l'objet de deux billets consécutifs sur ce blog, mais il en est une qui le mérite. J'ai failli intituler ce billet "Lefèbvre est (un) rigolo", parce qu'il vaut mieux en rire... mais finalement au fil des mots mon sourire s'est estompé. Dernière perle du porte-parole de l'UMP: ce communiqué de presse vantant les mérites des heures supplémentaires rendues possibles par la loi TEPA, plus connue sous le nom de paquet fiscal:



Les heures sup marchent, et ce sont les revenus modestes qui en bénéficient!

Le rapport sur les heures supplémentaires montre que le revenu médian des salariés qui ont bénéficié de la mesure (18.149€ annuels tout compris) est inférieur au salaire moyen des Français moyens (18.631€ en 2006 source INSEE, et encore il s’agit d’un salaire moyen, hors prestations sociales et hors revenus du capital).



Cela prouve, contrairement aux hoquets du disque rayé des socialistes, que les heures supplémentaires n’ont pas profité « aux riches » mais bien aux Français les plus modestes qui ont ainsi bénéficié en moyenne de 150 euros supplémentaires par mois lorsqu’ils ont effectué des heures sup !

Comment Didier MIGAUD et Martine AUBRY peuvent-ils sérieusement demander en temps de crise à ces Français de rembourser ou de renoncer à ces sommes ?! Cette attitude est honteuse ...


Le salaire moyen des Français moyens... Comme un lapsus, cette expression est assez révélatrice de la considération que Frédéric Lefebvre et ses camarades au gouvernement ont pour les français. Le terme "français moyen", au même titre que celui de "ménagère de moins de 50 ans", est ici porteur d'une notion publicitaire et marketing visant une population de consommateurs. Une population perçue comme austère, ni aimable ni subtile, pour ne pas dire beauf, qu'il faut néanmoins savoir séduire parce que c'est elle qui sanctionne l'action politique dans les urnes.

Voilà, finalement, comment on considère les Français dans les rangs sarkozistes: des consommateurs de politique. Par conséquent on y oublie que la politique n'est pas un produit qu'il suffit de bien vendre pour en faire un succès. On y oublie qu'à l'autre bout il n'y a pas que des rapports et des chiffres, mais des hommes, des femmes, des familles qui voient la précarité les menacer chaque jour un peu plus et pour qui les auto congratulations de la majorité, comme son inflexibilité, sont de plus en plus insupportables.

Et Frédéric Lefèbvre de ne pas envisager une seconde que si ce sont les plus bas salaires qui en profitent c'est qu'ils n'ont sans doute pas d'autre choix pour pouvoir s'en sortir, d'oublier les intérimaires remerciés, les CDD non renouvelés, les chômeurs laissés sur le carreau, les cadres forfaitaires, l'activité des entreprises en baisse, les charges sociales qui ne rentrent pas et le déficit qui se creuse un peu plus.

Qui sont les Français moyens? Qui ne sont-ils pas? Une tentative de définition par M. Lefèbvre vaudrait certainement son pesant d'or.


Aurélien

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samedi 31 janvier 2009

Raisonnement de clampin

Débat entre porte-paroles UMP et PS ; Frédéric Lefèbvre scotche Benoît Hamon. Ou quand tous les détours sont bons pour justifier le fait du Prince:



Préfet muté: un caprice d'Etat?


Ridicule... mais en totale cohérence avec la nouvelle identité "populaire" de l'UMP...


Aurélien
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mercredi 28 janvier 2009

Les pépettes de Papeete

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Les montants de l'aide publique aux partis et groupements politiques viennent d'être publiés au Journal Officiel. Cette aide est divisée en deux fractions. La première en fonction des résultats aux élections législatives, la seconde en fonction du nombre de parlementaires. Ne peuvent bénéficier de la seconde fraction que les partis ou groupements politiques qualifiés pour la première.

Comme on pouvait s'y attendre, l'UMP et le PS se partagent la plus large part d'un gâteau avoisinant les 75 millions d'euros, empochant à eux deux les deux tiers de cette manne financière. Le MoDem, troisième force politique de France aux trois dernières élections, bénéficiera pour 2009 d'une aide publique approchant les 3,8 millions d'euros.




Mais depuis 2007 le parti politique qu'il est important de surveiller quant à son financement public, c'est le Nouveau Centre. En ne réussissant pas, malgré la démultiplication des membres du clan Morin, à rassembler plus de 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions aux élections législatives de 2007, le Nouveau Centre ne pouvait prétendre à la première fraction de cette aide, et par conséquent devait oublier la seconde. Cependant 21 députés NC étaient tout de même élus (sans opposition UMP...), ce qui avait poussé ce parti à vouloir changer les règles du jeu après la partie, avec l'aval de la majorité UMP, en proposant un seuil arbitraire de 15 élus pour pouvoir prétendre au financement public. Il avait alors fallu un François Bayrou de compétition sur les bancs comme dans les couloirs de l'Assemblée, ainsi qu'un Parti Socialiste présent pour éviter un véritable hold-up.


Sauf que le Nouveau Centre, par Jean-Christophe Lagarde, avait prévu l'échec de cette tentative. Profitant d'une condition propre aux partis politiques des territoires d'outremer, obtenir au moins 1% dans au moins une de leurs circonscriptions, le NC concluait, en août 2007 à Papeete, une "convention de financement" avec le parti autonomiste polynésien Fetia Api (Nouvelle Étoile). Cet accord conclus APRÈS les élections législatives est simple, même si le NC en a effacé toute trace: les membres du NC se déclarent officiellement rattachés à Fetia Api qui lui reverse le financement en échange d'un simple poste de secrétaire général au NC. Ainsi Fetia Api, qui bénéficie grâce aux voix obtenus par ses deux candidates polynésiennes de la première fraction de l'aide à hauteur d'à peine 857 euros, à droit à la seconde fraction pour un montant de... 1,4 millions d'euros. C'est cette somme qui sera reversée au Nouveau Centre... moins une "généreuse" commission de 20 000 euros pour Fetia Api.


C'est aussi tordu que légal... Voilà comment un parti qui ne représente rien, malgré un squat de 32 sièges parlementaires, et perd dans les règles peut, sans honte ni crainte de la loi, détourner l'argent du contribuable au détriment des autres partis qui, eux, ont respecté les règles de la République. Un scandaleux abus qui perdure et que tout citoyen doit garder à l'esprit pour les prochaines échéances électorales.


Aurélien

Merci à Leroy-Morin pour l'image.

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lundi 26 janvier 2009

Élucubrations sous le Soleil

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L'UMP tenait son Conseil National le week-end dernier avec en point d'orgue le discours du Président de la République. En rupture avec la tradition selon laquelle le Chef de l'État est au-dessus des partis politiques, Nicolas Sarkozy est venu imposer son sceau sur ce que devra devenir son principal outil politique.

Avant son intervention se sont succéder à la tribune plusieurs orateurs plus ou moins inspirés, et l'on a pu ainsi assister à une série d'élucubrations toutes plus sophistiquées les unes que les autres. Un spectacle un brin ringard - je vous invite à visionner ici la présentation de la nouvelle équipe dirigeante par le benjamin du bureau politique - sans cohérence ni réalisme, pour un parti de plus en plus à l'image de son chef: narcissique.


Ça ne veut rien dire mais ça sonne bien:

En totale "cohérence" avec la résolution élyséenne, faite lors de ce Conseil National, de faire de l'UMP un grand parti populaire proche des travailleurs, Frédéric Lefebvre, en prévision du mouvement social prévu ce jeudi, annonce que l'UMP souhaite sanctionner les abus du droit de grève. Évidemment, il ne précise pas ce qu'il entend par là... Est-ce faire grève trop souvent? Trop longtemps? C'est très simple une grève, il faut: être au moins deux, cesser totalement son travail pendant une période pouvant s'étaler sur moins d'une journée à plusieurs mois, déposer au moins une revendication d'ordre professionnel ainsi qu'un préavis de cinq semaines (pour les services publics seulement). On voit mal comment quiconque pourrait abuser de ce droit, et donc encore moins comment sanctionner. Mais Frédéric Lefebvre n'est après tout que porte-parole, pas porte-pensée. Pour se rapprocher de l'identité ouvrière, rien de tel que de prendre les travailleurs pour des idiots.


L'ouverture comme attrappe-couillon :

Avec la nomination d'Éric Besson au poste de Secrétaire Général Adjoint de l'UMP, Nicolas Sarkozy pense pouvoir vanter sa stratégie dite d'ouverture aux autres courants politiques du pays. Dans son intervention François Fillon aura réussi à le faire applaudir par l'ensemble des responsables UMP présents, Axel Poniatowski inclus. Sauf qu'en s'encartant à l'UMP Éric Besson achève sa mue. Il n'est plus socialiste. Il a changé d'équipe et ne roule plus que pour son nouveau parti. Quand une équipe de foot achète un joueur, celui-ci ne peut plus défendre les couleurs de son ancienne équipe. Il ne s'agit donc pas d'ouverture, mais d'assimilation. Comme l'avait prédit François Bayrou dès 2007, participer à l'ouverture sarkoziste c'est se condamner à se renier ou disparaître. Éric Besson, spécialisé en économie, réalise-t-il seulement le trophée sarkoziste qu'il est devenu avec sa double nomination au ministère de l'immigration et à un poste important à l'UMP?


Plus c'est gros plus ça passe:

Le nouveau Secrétaire Général de l'UMP, Xavier Bertrand, a fièrement annoncé vouloir atteindre la barre symbolique des 500 000 adhérents de l'UMP d'ici 2012, contre environ 280 000 aujourd'hui. Autrement dit, on double en 3 ans, ce qui représente entre 70 000 et 80 000 adhésions par an en moyenne. À moins d'une sérieuse manipulation des chiffres - notez ici comme le texte annonce 400 000 adhérents tandis qu'en haut à droite on en annonce 113 000 de moins - ou d'offrir une carte d'adhérent à chaque nouveau chômeur en 2009, l'objectif est complètement démesuré, d'autant plus quand la tendance actuelle est inverse. Peu importe, ça galvanise les troupes. Xavier Bertrand l'annonce donc, et l'ensemble des conseillers nationaux d'applaudir...


Raffarinade astronomique:

Quand vous êtes le soleil, c'est bien d'avoir des étoiles qui expriment la diversité. Et puis l'étoile doit devenir soleil, et à ce moment là il faut l'aider. Voici ce qu'il y a retenir des propos de Jean-Pierre Raffarin lors du Conseil National de l'UMP. L'étoile de la diversité, c'est Rachida Dati qui quittera le ministère de la Justice pour conduire, derrière Michel Barnier, la liste UMP aux européennes pour la région Île-de-France. Et qui est le soleil? Éblouissant...


Le Soleil brillait, n'ayant pas d'alternative, sur le rien de neuf.
[Samuel Beckett]


Aurélien
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dimanche 25 janvier 2009

Diversité: passe-partout?

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Depuis quelques années, en France, le débat sur la discrimination positive et le besoin de voir la diversité du peuple représentée fidèlement en politique se poursuit. Il est clair que les deux assemblées, pour ne citer qu'elles, sont très loin du compte. Toutefois je suis convaincu qu'il n'est pas souhaitable d'effectuer un rééquilibre précipité qui consisterait à promouvoir la diversité au détriment des compétences et de l'expérience.


Un exemple récent de cette éventuelle dérive touche directement le Mouvement Démocrate. Azouz Begag, ancien ministre du gouvernement Villepin puis candidat MoDem aux législatives à Lyon, annonce sa candidature à figurer en tête de liste aux prochaines élections européennes, pour la région Sud-Est.



Si je ne remets pas en cause son droit à se porter candidat, ni ne doute de la compatibilité de ses idées avec celles qui s'organisent actuellement au MoDem, deux éléments me poussent à la réserve sur cette candidature.

D'abord, Azouz Begag a déjà été candidat à beaucoup de candidatures... aux législatives de 1997 en tant que "divers gauche", parce que le RPR lui avait préféré un élu local malgré l'aval de Matignon, il se retira avant le scrutin, comme aux dernières municipales lyonnaises. Aux européennes de 1999 il était intéressé à figurer sur la liste du Parti Communiste, mais refusa faute d'y figurer en position éligible. Il aurait songé à se lancer aux municipales de 2001, mais finalement y renonça. Bref, jusqu'ici malgré de nombreuses prises d'élan son seul saut dans l'arène électorale jusqu'au scrutin fut celui des législatives de 2007.
Si je loue l'engagement politique, je suis sceptique devant autant de candidatures pour des postes totalement différents les uns des autres. Maire, député national et député européen sont trois fonctions tout à fait distinctes ; trois "terrains de jeu" bien séparés. Pour quelqu'un qui s'est toujours présenté comme relativement déstabilisé par les codes établis dans le monde politique, notamment lorsqu'il fut propulsé sans aucune expérience à la tête d'un ministère, il y a là un étrange et récurrent acharnement à se mettre en déséquilibre. J'y vois, peut-être à tort mais c'est bel et bien l'impression qu'Azouz Begag me laisse, un manque de lucidité, pour ne pas dire de sérieux.

Deuxième élément, et principale source de mon scepticisme: la raison qu'il invoque pour légitimer sa candidature à conduire une liste MoDem aux européennes. Pour lui c'est simple, il s'agit de diversité. Extrait d'un article de Libération:

"Les politiques français ne peuvent plus faire comme si rien ne s'était passé. Avec l'arrivée d'Obama, tout a changé. C'est pour cela que ma candidature tombe à pic". Azouz Begag dit avoir fait part de cette candidature à François Bayrou qui, selon lui, l'aurait pris comme un "cadeau". "Il faut que le MoDem joue cette carte. C'est l'hypothèse gagnante". Il assure qu'il peut faire "mieux" que Jean-Luc Benhamias, actuel député européen, et pressenti, tout comme l'ancien député de Saint-Etienne Gilles Artigues pour mener cette liste MoDem. Une bataille interne rangée qui ne semble guère effrayer le nouveau candidat à la candidature. Comme à son habitude, Azouz Begag rue dans les brancards de son parti sur fond d'une Obamania totalement assumée. Quitte à résumer sa candidature à la posture de la diversité. " Rachida Dati est candidate UMP à Paris, je dois être le candidat MoDem pour le Sud-Est."


Déjà, Gilles Artigues et Jean-Luc Benhamias ne sont pas n'importe qui au sein du Mouvement Démocrate. Les deux ont une longue expérience politique. Ils ont été élus, à eux deux, à toutes les fonctions auxquelles Azouz Begag à postulé - ou envisagé de postuler - et occupent des fonctions importantes dans le parti. Ils connaissent parfaitement tous les codes que lui perçoit plus souvent, selon ses propres termes, comme une cage. C'est notamment le cas pour Jean-Luc Benhamias au niveau européen qui nous intéresse dans cette élection. L'ancien ministre de l'Égalité des Chances affiche donc un culot certain en assurant pouvoir faire mieux que l'un ou l'autre.
Ensuite son argument unique, qu'il pense sans doute "massue", de la diversité est tout bonnement irrecevable à mes yeux. Qu'on écarte quelqu'un malgré ses compétences à cause de son appartenance à une minorité est honteux. Mais que l'on impose quelqu'un à un tel niveau de la vie politique sur sa seule appartenance à une minorité l'est tout autant. Même si son élection a changé beaucoup de choses, et contrairement à ce que semble penser Azouz Begag, Barack Obama n'a pas été élu parce qu'il était noir mais justement parce qu'il a su dépasser cette question. Il est totalement absurde de penser que toute personne issue d'une minorité ait automatiquement acquis une quelconque légitimité politique suite aux dernières présidentielles américaines. Idem pour la diversité "faire valoir" actuelle au gouvernement.

Si Azouz Begag veut prendre exemple sur Rachida Dati, je lui recommande vivement d'écouter le discours de Nicolas Sarkozy en clôture du conseil national de l'UMP. Dans une digression sensée vanter le tandem qui mènera la liste UMP en Île-de-France, Nicolas Sarkozy s'étend d'abord sur le cas de Michel Barnier, auquel il prête toutes les qualités du monde, et le présente comme celui qui aura longtemps assuré à lui seul la crédibilité de toute la droite française sur le plan européen... avant de dire qu'il formera avec Rachida Dati un binôme tout à fait complémentaire. La future ex-Garde des Sceaux appréciera. Si c'est par ce genre d'exploitation opportuniste de l'actualité qu'Azouz Begag veut défendre une cause aussi importante que la diversité en politique, c'est qu'il n'a pas intégré les valeurs fondamentales du Mouvement Démocrate. Souhaitons que sa profession de foi soit un peu plus étoffée et centrée sur la nature de l'élection.


Là où elle n'est pas suffisante, la diversité doit être un objectif. En ce sens, pour celui qui veut représenter tous ceux qui ne le sont pas encore, l'appartenance à une minorité est une condition nécessaire mais elle ne peut en aucun cas s'avérer suffisante.



Aurélien
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vendredi 23 janvier 2009

Le coming-out comme arme politique

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Roger Karoutchi, Secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, a décidé de sortir du placard et de révéler publiquement son homosexualité. Si cela peut aider d'autres homosexuels, notamment adolescents, à mieux vivre et se faire accepter, tant mieux et merci pour eux. Cette raison, à mes yeux la seule qui ne puisse faire l'objet d'aucune polémique, ne figure pourtant pas parmi celles avancées.



Deux autres raisons semblent motiver cette révélation:

La première, évoquée par l'intermédiaire d'un proche, serait un "devoir de transparence". Sauf que, de l'aveu de ce même proche, Roger Karoutchi ne cachait pas son homosexualité et vante même le "comportement naturel" de Nicolas Sarkozy et François Fillon, qui ont toujours invité son compagnon aux réceptions officielles ou privées de l'Élysée et de Matignon, au même titre que les conjoints de ses collègues. Le monde politique, et du coup très certainement médiatique, en était donc déjà informé. Il ne s'agit pas pour Roger Karoutchi de se faire accepter par son milieu.
Il s'agirait plutôt d'être transparent auprès des militants UMP, des électeurs d'Île de France en prévision des élections régionales, pour lesquelles il brigue la tête de liste UMP, et de l'ensemble des citoyens. Je reste extrêmement sceptique quant à l'intérêt que peuvent porter les français à ce genre d'information. Que les débats sur le mariage homosexuel ou l'adoption d'enfants par des couples homosexuels soient encore chauds aujourd'hui, j'en conviens. Mais je suis certain que le simple fait d'être homosexuel pour un homme politique n'a aujourd'hui plus aucune importance pour une très grande majorité de français. D'ailleurs une énorme majorité de commentaires sur les sites d'informations traitant ce coming-out se résument à: On s'en fout.
Ce "devoir de transparence" est donc, selon moi, au mieux illusoire, au pire un prétexte.

La seconde raison est évoquée du bout des lèvres par ce même proche: Avant les régionales, il voulait également éviter les petites attaques homophobes, les petits sous-entendus souvent glissés dans les combats politiques. Ce point semble à priori plus crédible, notamment lorsqu'il s'agit de l'UMP comptant parmi ses élus des hommes comme le député Christian Vanneste, à l'origine de déclarations controversées: l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité […]. Je n’ai pas dit que l’homosexualité était dangereuse. J’ai dit qu’elle était inférieure à l’hétérosexualité. Si on la poussait à l’universel, ce serait dangereux pour l’humanité […]. Pour moi leur comportement est un comportement sectaire. Je critique les comportements, je dis qu’ils sont inférieurs moralement […] . Valérie Pécresse, catholique pratiquante et principale rivale de Roger Karoutchi lors de ces primaires à l'UMP, est elle-même très réservée sur les droits au mariage ou à l'adoption des homosexuels, bien que son ministère mène une campagne contre l'homophobie dans les universités. Les attaques et sous-entendus redoutés par Roger Karoutchi, de part la bienveillance de l'omnipotent Chef de l'État évoquée plus haut, auraient pu cependant être prohibés, et éventuellement sanctionnés, en interne.
Là encore, je ne vois qu'un prétexte.

Il faut regarder ailleurs... Le scoop de ce coming out était réservé au magazine l'Optimum. Une interview est programmée dans l'émission "7 à 8" sur TF1 ce dimanche pour confirmer. Un livre, "Mes quatre vérités", où Roger Karoutchi parle dans un court passage de son orientation sexuelle, doit bientôt paraître. Tout ceci représente bel et bien un plan de communication parfaitement ficelé... et urgent quand on entend ici et là que la course électorale interne pour les régionales ne se présente pas sous les meilleures augures. Rien de tel qu'un bon buzz médiatique pour relancer la machine.

Ainsi Roger Karoutchi semble exploiter sa vie privée, son orientation sexuelle, à des fins carriéristes. Autrement, un simple communiqué aurait suffit. Comme en son temps le candidat Sarkozy aurait juré sur la tête de son fils que le couple qu'il formait avec Cécilia était solide, ou la candidate Royal exploitait ses tribulations conjugales pour combler de l'espace médiatique. Je trouve cela regrettable et indigne des fonctions politiques auxquelles ses personnes aspirent.

Ce qui me rassure, c'est qu'une fois encore l'opinion publique semble avoir une longueur d'avance sur le monde politique. Un tel tapage médiatique autour d'une information qui génère autant d'indifférence - l'homosexualité étant de plus en plus tolérée et Karoutchi ne fascinant pas les français autant que Sarkozy ou Royal - sera très probablement inefficace pour celui qui l'aura initié et aura donc toutes les chances de ne pas se renouveler.



Aurélien
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mercredi 14 janvier 2009

Quatre mousquetaires à l'assaut de l'Europe

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Ils sont quatre à avoir récemment créé un parti politique et à le présenter pour la première fois au suffrage d'une élection européenne. Pour ces quatre-là, ces prochaines échéances revêtent une importance particulière puisque le mode de scrutin - proportionnel plurinominal à un tour - permet aux "petits" partis de tirer leur épingle du jeu. C'est l'élection qui leur est non seulement la plus favorable mais aussi, sans aucun doute, celle qui se joue sur un terrain et des enjeux qui leur tiennent à cœur, au point souvent d'être à l'origine de leur volonté d'indépendance de l'UMP ou du PS.

Les candidats français se départageront 74 sièges en juin 2009, et nul doute que les luttes seront acharnées. Dans un contexte de crise quasi-générale qui ne prête pas à l'optimisme pour l'UMP au pouvoir, contre lequel se retourne souvent les électeurs dans ce type d'élections, ni pour le PS toujours pris dans ces divisions, toujours inaudible et qui retrouve ici le thème européen sur lequel il s'était déchiré en 2005, il est certain que les partis "marginaux", dont le message pro ou anti Union Européenne est connu, fort et porteur, peuvent faire un "coup".

Quelles sont leurs forces, leurs faiblesses, les risques qu'ils encourent?




1 - François Bayrou - Mouvement Démocrate

L'Europe est le terrain de prédilection de François Bayrou, et plus généralement des centristes. Sur la question le Mouvement Démocrate possède une crédibilité à la fois historique et porteuse de changement. La troisième force politique de France représente donc le danger numéro un pour les deux gros partis que sont l'UMP et le PS, qui ne devraient pas se gêner pour sortir l'artillerie lourde, d'autant que le mode de scrutin et la présence du MoDem au sein de l'ADLE permettront d'éviter la question des d'alliances. Un score identique aux élections de 2004 (autour de 11%) serait un bon résultat, mais je pense que le Mouvement Démocrate peut légitimement espérer mieux et pourquoi obtenir un des deux meilleurs scores au niveau national.



2 - Jean-Luc Mélenchon - Parti de Gauche

Le clivage entre son mouvement et le PS est né suite à sa campagne active pour le "non" lors du référendum de 2005. La question européenne n'ayant pas été réglée depuis au PS, le Parti de Gauche devrait être en mesure, pour sa toute première élection, de réaliser un score intéressant au détriment de ses amis socialistes. Il se pourrait même qu'il fédère aussi, par son discours à la fois anti-Lisbonne et anti-Sarkozy, quelques voix communistes et d'extrême gauche. Ce qui est certain, c'est que pour montrer que son existence est légitime, il ne fera de cadeau à personne.






3 - Nicolas Dupont-Aignan - Debout la République

Il semble acquis qu'il représentera les euro-sceptiques de droite, puisque le MPF de Philippe de Villiers se rallie chaque jour un peu plus à la majorité UMP. Il se pourrait qu'il rassemble une bonne partie des voix gaullistes qui ont dans cette élection une excellente occasion de freiner l'élan sarkoziste qui les essouffle quotidiennement. La principale difficulté de DLR, par rapport aux trois autres "mousquetaires", sera d'être audible. Il ne bénéficie pas d'un espace médiatique aussi étendu que Bayrou, Besancenot ou toute source de discorde au PS, ce que sera la candidature de Mélenchon, et l'UMP, comme lors des présidentielles, jouera l'indifférence. À moins d'un sursaut inattendu dans les sondages la mission paraît impossible.



4 - Olivier Besancenot - Nouveau Parti Anticapitaliste

Plus que son discours euro-sceptique, c'est son discours anti-Sarkozy qui devrait lui apporter le gros de ses voix, cristallisant toutes les frustrations actuelles dues à la crise économique ainsi qu'aux réformes menées au pas de charge sur tous les fronts. La clé pour le NPA sera de bien gérer l'émergence du Parti de Gauche, ne pas se faire syphoner comme le PS. Jean-Luc Mélenchon tente d'ailleurs un rapprochement, sans doute plus dans l'espoir d'attirer les nouveaux venus à la LCR que pour définir une véritable stratégie d'alliance. Médiatiquement, il y a de fortes chances qu'il cède du temps de parole à... Jean-Luc Mélenchon toujours. Cette élection est à haut risque pour le parti d'Olivier Besancenot, qui n'avait pas rassemblé 3% des voix en 2004. Une bonne performance du Parti de Gauche pourrait hypothéquer son avenir à long terme.


La confirmation Bayrou, la demi-surprise Mélenchon, l'échec Dupont-Aignan et la déception Besancenot. Les deux premiers pouvant se mêler à la lutte entre UMP et PS. Voici ma prédiction pour ces élections européennes de 2009. Quelle est la votre?

Une des clés de ce scrutin sera, comme toujours, la participation. Pour ces quatre "mousquetaires", ils trouveront dans un taux de participation élevé un intérêt commun. Et puisqu'ils partagent ce baptême du feu européen, une même inquiétude face aux dérives du pouvoir en place à Paris comme à Bruxelles ainsi qu'une même envie de redéfinir le paysage politique français, peut-être pourraient-ils se rassembler pour un appel à un sursaut démocratique.


Aurélien
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mardi 23 décembre 2008

Au service de Sa Majesté

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On va bien s'entendre parce qu'on n'a ni le même calendrier, ni les mêmes ambitions, sauf celle qui nous réunit aujourd'hui : servir Nicolas Sarkozy.
[Brice Hortefeux]




Comme prévu depuis la nomination de Patrick Devedjian au ministère de la relance, puis celle de Xavier Bertrand à la tête de l'UMP, Brice Hortefeux vient compléter avec ce dernier le nouveau tandem dirigeant du parti majoritaire. Un tandem qui, selon cette déclaration du fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, devrait donc fonctionner. Tant mieux pour eux.



Et tant mieux pour le Président de la République qui achève ainsi sa prise de pouvoir de l'UMP, ayant placé tous ses lieutenants aux postes clés. C'était déjà officieux, et donc contestable. C'est à présent officiel et assumé, le premier parti de France est au service de... Nicolas Sarkozy. Les français? Secondaires. Sarkozy d'abord. À l'UMP, quand on parle de réformes et d'idées, de réformes et de projets, il n'y a désormais plus qu'une seule finalité: le succès de Sarkozy Nicolas.

Brice Hortefeux ne prend par n'importe quelle responsabilité au sein du parti sarkoziste. Il sera en charge des investitures. L'appareil est donc cadenassé. Désormais pour défendre les couleurs de l'UMP dans une quelconque élection, il faudra être aligné ou avoir une "monnaie" d'échange digne d'intérêt pour l'Élysée. Il deviendra dans le même Ministre du Travail, c'est à dire en charge du dialogue social. J'y vois un conflit d'intérêt. Mais quand le trésorier du même parti n'est autre que le Ministre du Budget, plus rien ne surprend.

Qu'en pensent les dizaines de milliers de militants de l'UMP? Eux qui en quelques mois ont vu le bureau politique de leur parti totalement rénové sans jamais être consultés, encore moins appelés aux urnes mais sans doute invités à renouveler leur côtisation, acceptent-ils ces nominations? Qu'en pensent les citoyens français qui par leurs impôts participent au financement des partis politiques? Le parti qui reçoit la plus grande part de se financement n'est désormais, c'est même son ambition, plus à leur service.

Que Brice Hortefeux médite cependant: un service n'oblige que celui qui le rend (Nestor Roqueplan).


Aurélien
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vendredi 5 décembre 2008

Hidden agenda

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Commençons par les faits:

Patrick Devedjian abandonne son poste de Secrétaire Général de l'UMP suite à sa nomination à la tête du nouveau Ministère de la Relance Économique. De son propre aveu, la gestion de l'UMP est trop prenante pour être cumulée avec un poste de Ministre: "C'est une fonction très prenante. L'UMP, c'est dix problèmes à régler par jour."

En toute logique, il est remplacé à la tête du parti majoritaire par Brice Hortefeux, fidèle parmi les fidèles du Président de la République, déjà conseiller politique de l'UMP et... Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et du Codéveloppement.

Par ailleurs, en survolant la composition du bureau politique de l'UMP, on remarque que le trésorier n'est autre qu'Éric Woerth, à ses heures perdues Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique... qui a dit "conflit d'intérêts"? J'entends "foutage de gueule" dans le fond!

Mais si ça tient la route... puisqu'ils nous répètent qu'ils sont parfaitement républicains et démocrates confirmés!





On pourra au passage s'interroger, entre autres, sur ces quelques points:

- L'UMP achève ainsi sa mue "sarkozienne" au niveau du Secrétariat Général, puisqu'y sont déjà en place Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet et Christian Estrosi. Qu'en pensent les militants? Peut-on encore croire en un Président comme au-dessus des partis? Au Président "de tous les français"?

- Uouveau ministère vient d'être créé. Où? Financé comment? Pourquoi pas un simple secrétariat d'état chapeauté par le Ministère des Finances ou celui du Budget ou directement par Matignon? À propos de Matignon... qu'en pense le premier ministre? La France a-t-elle toujours un premier ministre?

- Pour l'instant Patrick Devedjian, apparemment très habité par ses nouvelles fonction et attentif au cumul des mandats, n'a pas donné d'indication sur son avenir dans les Hauts-de-Seine, où il préside le Conseil Général au parquet rayé par les crocs de celui qui y dirige le groupe majoritaire... un certain Jean Sarkozy. Plus qu'une question de temps?


Quand on observe à quel point tout semble s'articuler parfaitement, quand on compare ceci au plan de relance économique d'un archaïsme impressionant - rien sur l'environnement, rien sur l'énergie, rien sur les nouvelles technologies... - ou quand on place ceci à côté de la réforme de l'audiovisuel, comment ne pas s'interroger sur ce qui préoccupe vraiment le Président de la République? Comment ne pas y déceler d'inquiétantes intentions non déclarées? En politique anglophone on nomme cela un "hidden agenda".


Aurélien
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