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lundi 9 mars 2009

La mauvaise foi

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Après le scandale provoqué par l'évêque intégriste Richard Williamson et ses propos négationnistes, l'église catholique dérape une nouvelle fois.

Au Brésil, un acte d'horreur a eu lieu, un crime à vous retourner les tripes: une fillette de 9 ans, violée par son beau-père, tombe enceinte... de jumeaux. À cet âge là une grossesse ne peut être portée à terme sans mettre gravement en danger la santé de la fillette et des fœtus. À quinze semaines de grossesse, une équipe médicale se mobilise et effectue l'opération provocant l'avortement.


Certainement traumatisée à vie physiquement et psychologiquement par cet acte pédophile et ces quinze semaines de grossesse, la fillette peut désormais entamer un long processus de reconstruction. Mais pour Giovanni Battista Re, archevêque de Recife et président de la Commission pontificale pour l'Amérique Latine, cet avortement est intolérable. Au nom d'une protection inconditionnelle de la vie, il condamne cet avortement au point d'excommunier la mère de l'enfant et l'ensemble de l'équipe médicale impliquée. Au lendemain de la journée de la femme, on ne peut lui reprocher son sens du timing...



C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient deux personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées.[...] Il faut toujours protéger la vie, l'attaque contre l'Eglise brésilienne est injustifiée.[...] L'excommunication pour ceux qui ont provoqué l'avortement est juste car cette opération constitue toujours la suppression d'une vie innocente. [...] Le viol est moins grave que l'avortement.

Voilà... qu'importent les risques menaçant la vie de cette petite fille de 9 ans et son avenir, celui de sa famille? Au fond, qu'importe la vie? Tu ne tueras point... quitte à faire d'énormes dégâts, à tolérer l'inimaginable et gâcher des vies. Et c'est un homme représentant, à un niveau hiérarchique élevé (plus haute fonction derrière le Pape et ses cardinaux), une religion qui se veut porteuse d'un message d'amour et de paix qui vous le dit... Terrible paradoxe.

Comment peut-on, en un seul esprit et sous cette bannière catholique, concentrer autant d'inhumanité? J'avoue que parfois, dans mon utopie humaniste, j'oublie que certains hommes font preuve d'une rigidité inébranlable, ne tolérant aucune exception à aucune règle. L'extrémisme ne doute pas, il ne ressent rien, il réduit et condamne.

Je ne comprends pas que l'on puisse se dire homme de foi, donc attaché à une spiritualité, à des valeurs d'amour, de partage, d'humilité, et en même temps réduire la vie au simple fait d'exister ; puis brandir cette vision réductrice pour justifier sans honte les plus horribles injustices. Voilà où mène, selon moi, l'institutionnalisation de l'intime.

Je considère en effet la spiritualité, la foi ou l'absence de foi, comme l'une des dimensions les plus intimes de chaque être humain. Une dimension vivante, en évolution continue, qui ne doit pas être contenue dans des cadres aussi rigides, péremptoires et hiérarchisés que ceux des institutions religieuses, sous peine d'en pervertir le porteur, c'est à dire l'être humain.

Une foi rigide, sans doute, est une mauvaise foi, une foi morte.

EDIT: On s'indigne aussi chez MIP et Spaulding.

Aurélien
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