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mardi 3 février 2009

Le Parti Républicain a tout compris

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Le Parti Républicain des États-Unis vient d'élire son nouveau président. Il s'agit du dénommé Michael Steele dont la principale qualité, lui ayant permis de se défaire de la concurrence de 5 autres candidats, n'est autre que sa couleur de peau. Sa mission: reconquérir la part républicaine de l'électorat noir qui aura voté à plus de 90% pour Barack Obama.



À première vue, cette promotion de Michael Steele à la tête du Grand Old Party semble donc uniquement fondée sur la couleur de peau du principal intéressé... qui assume. Une élection interne suspecte ; le parti de Reagan, du clan Bush et de John McCain passe pour une organisation pataude, vide d'idée et de personnalité, qui ne réagit plus que dans l'instant, par pragmatisme et opportunisme, en tentant maladroitement de sauver les meubles.



C'est la réaction que j'ai eu à chaud. Mais en y réfléchissant, je pense que le Parti Républicain réalise là un coup de maître, défensif mais brillant, et ce pour plusieurs raisons:

D'abord, aussi ridicule que cette manœuvre politicienne puisse paraître, elle ne peut faire trop de mal à un Parti Républicain déjà bien mal en point qui n'a plus grand chose à perdre. C'est le moment idéal pour faire ce qui serait politiquement suicidaire en temps normal. Certes, l'aspect artificiel, forcé, de cette prise de pouvoir sur le GOP par Michael Steele marque les esprits aujourd'hui, et j'imagine que bon nombre de blancs des états du centre et du sud du pays l'auront en travers de la gorge pendant quelques temps. Mais dans deux ans, lors des élections parlementaires de mi-mandat, cette anecdote sera oubliée. Entre temps les républicains auront fourni d'immenses efforts dans les quartiers noirs, Barack Obama aura perdu au moins un peu de sa superbe. Le Parti Républicain et son nouveau président pourront certainement se vanter d'un bilan positif.

Ensuite, cette victoire de Michael Steele va permettre de "vacciner", en interne comme en externe, le Parti Républicain contre un racisme encore bien trop encombrant. En interne: on se souvient de ces militants, lors des meetings de John McCain ou Sarah Palin, qui scandaient des "He's a nigger" voire "He's an islamist", et des réactions gênées du tandem républicain. En externe: l'opposition républicaine, qui s'annonce farouche face à la politique de Barack Obama, ne pourra pas être taxée de racsime par les démocrates. C'est à la fois une deuxième barrière qui tombe, après celle qui fut pulvérisée par l'élection d'Obama, et le meilleur bouclier possible pour le combat politique. Sans cette victoire de Michael Steele, les vieilles idées conservatrices républicaines n'auraient pu s'affranchir, face à Barack Obama, du racisme qui les a longtemps accompagnées.

Finalement... imaginons que Barack Obama se plante lamentablement. Ce n'est pas mon souhait mais dans le contexte actuel, avec les difficultés qui se présentent et celles qu'on ne connaît pas encore, c'est une possibilité. Un échec d'Obama et de son gouvernement particulièrement ouvert aux minorités pourrait constituer un traumatisme politique pour la population noire. Nul doute que le racisme aujourd'hui sonné retrouverait des forces qui feraient subir à la société américaine un retour en arrière douloureux. Le fait que la diversité gagne à ce point l'opposition républicaine diminue, sinon annule, ce risque.

Ainsi derrière ce qui ressemble à une manœuvre précipitée et grossière, le Parti Républicain vient sans doute de se retirer une énorme épine du pied et de rendre un immense service aux États-Unis et - qui sait? - peut-être au-delà.


Aurélien
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mercredi 21 janvier 2009

Parce qu'il fera date...

Parce qu'il vaut mieux que tous les commentaires, analyses et récupérations ; parce qu'il est exceptionnel par son contexte, son orateur, son contenu et sa forme, je ressentais comme un devoir de lui faire une petite place ici, sur le bord de ma fenêtre...

Voici l'intégralité du discours d'investiture - version française trouvée ici - prononcé par Barack Obama ce mardi 20 janvier 2009:



Mes concitoyens,


Je suis ici devant vous aujourd'hui empli d'un sentiment d'humilité face à la tâche qui nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m'avez témoignée et conscient des sacrifices consentis par nos ancêtres.



Je remercie le président Bush pour ses services rendus à la nation ainsi que pour la générosité et la coopération dont il a fait preuve tout au long de cette passation de pouvoirs.

Quarante-quatre Américains ont maintenant prêté le serment présidentiel. Ils l'ont fait alors que gonflait la houle de la prospérité sur les eaux calmes de la paix. Mais il arrive de temps à autre que ce serment soit prononcé alors que s'accumulent les nuages et que gronde la tempête. Dans ces moments, l'Amérique a gardé le cap, non seulement en raison de l'habileté ou de la vision de ses dirigeants, mais aussi parce que Nous le Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre constitution. Ainsi en a-t-il toujours été. Ainsi doit-il en être pour la présente génération d'Américains.

Nul n'ignore que nous sommes au beau milieu d'une crise. Notre nation est en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine. Notre économie est gravement affaiblie, conséquence de la cupidité et de l'irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère. Des gens ont perdu leur maison ou leur emploi, des entreprises ont dû fermer leurs portes. Notre système de santé coûte trop cher. Nos écoles laissent tomber trop d'enfants et chaque jour apporte de nouvelles preuves que la façon dont nous utilisons l'énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.
Ce sont les signes de la crise en termes statistiques. Mais, si elle n'est pas aussi tangible, la perte de confiance dans tout le pays n'en est pas moins profonde, nourrie de la crainte tenace que le déclin de l'Amérique soit inévitable et que la prochaine génération doive diminuer ses ambitions.
Je vous dis aujourd'hui que les défis auxquels nous faisons face sont réels. Ils sont importants et nombreux. Nous ne pourrons les relever facilement ni rapidement. Mais, sache le, Amérique, nous le relèverons.

En ce jour, nous sommes réunis car nous avons préféré l'espoir à la peur, la volonté d'agir en commun au conflit et à la discorde.
En ce jour nous proclamons la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes éculés qui ont pendant trop longtemps étouffé notre vie politique.
Nous demeurons une jeune nation. Mais pour reprendre les mots de la Bible, le temps est venu de se défaire des enfantillages. Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération: la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur.
Nous réaffirmons la grandeur de notre nation en sachant que la grandeur n'est jamais donnée mais se mérite. Dans notre périple nous n'avons jamais emprunté de raccourcis et ne nous sommes jamais contentés de peu. Cela n'a jamais été un parcours pour les craintifs, ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ne recherchent que la richesse ou la célébrité.

Au contraire, ce sont plutôt ceux qui ont pris des risques, qui ont agi et réalisé des choses - certains connus, mais le plus souvent des hommes et des femmes anonymes - qui nous ont permis de gravir le long et rude chemin vers la prospérité et la liberté. Pour nous, ils ont rassemblé leurs maigres possessions et traversé des océans en quête d'une vie nouvelle. Pour nous, ils ont trimé dans des ateliers de misère et colonisé l'Ouest. Ils ont connu la morsure du fouet et la dureté du labeur de la terre. Pour nous, ils se sont battus et sont morts dans des lieux comme Concord et Gettysburg, en Normandie ou à Khe-Sanh (Vietnam, ndlr).

A maintes reprises ces hommes et ces femmes se sont battus, se sont sacrifiés, ont travaillé à s'en user les mains afin que nous puissions mener une vie meilleure. Ils voyaient en l'Amérique quelque chose de plus grand que la somme de leurs ambitions personnelles, que toutes les différences dues à la naissance, la richesse ou l'appartenance à une faction.

C'est la voie que nous poursuivons aujourd'hui. Nous demeurons la nation la plus prospère, la plus puissante de la Terre. Nos travailleurs ne sont pas moins productifs qu'au début de la crise. Nos esprits ne sont pas moins inventifs, nos biens et services pas moins demandés que la semaine dernière, le mois dernier ou l'an dernier. Nos capacités demeurent intactes. Mais il est bien fini le temps de l'immobilisme, de la protection d'intérêts étroits et du report des décisions désagréables.

A partir d'aujourd'hui, nous devons nous relever, nous épousseter et reprendre la tâche de la refondation de l'Amérique. Où que nous regardions, il y a du travail. L'état de l'économie réclame des gestes audacieux et rapides. Et nous agirons - non seulement pour créer de nouveaux emplois mais pour jeter les fondations d'une nouvelle croissance. Nous allons construire les routes et les ponts, les réseaux électriques et numériques qui alimentent notre commerce et nous unissent.

Nous redonnerons à la science la place qu'elle mérite et utiliserons les merveilles de la technologie pour accroître la qualité des soins de santé et diminuer leur coût. Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire avancer nos automobiles et tourner nos usines. Nous transformerons nos écoles et nos universités pour répondre aux exigences d'une ère nouvelle. Nous pouvons faire tout cela et nous le ferons.

Cela dit, il y a des gens pour s'interroger sur l'ampleur de nos ambitions, et suggérer que notre système n'est pas capable de faire face à trop de grands projets à la fois. Ils ont la mémoire courte. Ils ont oublié ce que ce pays a déjà accompli, ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser quand l'imagination sert un objectif commun et que le courage s'allie à la nécessité.

Ce que les cyniques ne peuvent pas comprendre, c'est que le sol s'est dérobé sous leurs pieds et que les arguments politiques rancis auxquels nous avons eu droit depuis si longtemps, ne valent plus rien. La question aujourd'hui n'est pas de savoir si notre gouvernement est trop gros ou trop petit, mais s'il fonctionne - s'il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire décent, à accéder à des soins qu'ils peuvent se permettre et à une retraite digne. Là où la réponse à cette question est oui, nous continuerons. Là où la réponse est non, nous mettrons un terme à des programmes.

Et ceux d'entre nous qui gèrent les deniers publics seront tenus de dépenser avec sagesse, de changer les mauvaises habitudes, de gérer en pleine lumière - c'est seulement ainsi que nous pourrons restaurer l'indispensable confiance entre un peuple et son gouvernement.

La question n'est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut devenir incontrôlable, et qu'une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n'est pas uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend aussi de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une chance à ceux qui le veulent - non par charité mais parce que c'est la meilleure voie vers le bien commun.

En ce qui concerne notre défense à tous, nous rejetons l'idée qu'il faille faire un choix entre notre sécurité et nos idéaux. Nos Pères fondateurs, face à des périls que nous ne pouvons que difficilement imaginer, ont mis au point une charte pour assurer la prééminence de la loi et les droits de l'Homme, une charte prolongée par le sang de générations. Ces idéaux éclairent toujours le monde, et nous ne les abandonnerons pas par commodité.

A tous les peuples et les gouvernants qui nous regardent aujourd'hui, depuis les plus grandes capitales jusqu'au petit village où mon père est né (au Kenya, ndlr): sachez que l'Amérique est l'amie de chaque pays et de chaque homme, femme et enfant qui recherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à nouveau à jouer notre rôle dirigeant.

Rappelez-vous que les précédentes générations ont fait face au fascisme et au communisme pas seulement avec des missiles et des chars, mais avec des alliances solides et des convictions durables. Elles ont compris que notre puissance ne suffit pas à elle seule à nous protéger et qu'elle ne nous permet pas d'agir à notre guise. Au lieu de cela, elles ont compris que notre puissance croît lorsqu'on en use prudemment; que notre sécurité découle de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et des qualités modératrices de l'humilité et de la retenue.

Nous sommes les gardiens de cet héritage. Une fois de plus guidés par ces principes, nous pouvons répondre à ces nouvelles menaces qui demandent un effort encore plus grand, une coopération et une compréhension plus grande entre les pays.

Nous allons commencer à laisser l'Irak à son peuple de façon responsable et forger une paix durement gagnée en Afghanistan. Avec de vieux amis et d'anciens ennemis, nous allons travailler inlassablement pour réduire la menace nucléaire et faire reculer le spectre du réchauffement de la planète.

Nous n'allons pas nous excuser pour notre façon de vivre, ni hésiter à la défendre, et pour ceux qui veulent faire avancer leurs objectifs en créant la terreur et en massacrant des innocents, nous vous disons maintenant que notre résolution est plus forte et ne peut pas être brisée; vous ne pouvez pas nous survivre et nous vous vaincrons.

Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse. Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d'hindous, et d'athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de tous les coins de la Terre. Et parce que nous avons goûté à l'amertume d'une guerre de Sécession et de la ségrégation (raciale), et émergé de ce chapitre plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire que les vieilles haines vont un jour disparaître, que les frontières tribales vont se dissoudre, que pendant que le monde devient plus petit, notre humanité commune doit se révéler, et que les Etats-Unis doivent jouer leur rôle en donnant l'élan d'une nouvelle ère de paix.

Au monde musulman: nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels. A ceux parmi les dirigeants du monde qui cherchent à semer la guerre, ou faire reposer la faute des maux de leur société sur l'Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous pouvez construire, pas détruire.

A ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude, et en bâillonnant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de l'histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer votre étau.

Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l'eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces.

Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d'une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux souffrances à l'extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui.

Lorsque nous regardons le chemin à parcourir, nous nous rappelons avec une humble gratitude ces braves Américains qui, à cette heure précise, patrouillent dans des déserts reculés et des montagnes éloignées. Ils ont quelque chose à nous dire aujourd'hui, tout comme les héros qui reposent (au cimetière national) à Arlington nous murmurent à travers les âges.

Nous les honorons non seulement parce qu'ils sont les gardiens de notre liberté, mais parce qu'ils incarnent l'esprit de service, une disponibilité à trouver une signification dans quelque chose qui est plus grand qu'eux. Et à ce moment, ce moment qui définira une génération, c'est précisément leur esprit qui doit tous nous habiter.

Quoi qu'un gouvernement puisse et doive faire, c'est en définitive de la foi et la détermination des Américains que ce pays dépend. C'est la bonté d'accueillir un inconnu lorsque cèdent les digues, le désintéressement d'ouvriers qui préfèrent travailler moins que de voir un ami perdre son emploi, qui nous permet de traverser nos heures les plus sombres. C'est le courage d'un pompier prêt à remonter une cage d'escalier enfumée, mais aussi la disponibilité d'un parent pour éduquer un enfant, qui décide en définitive de notre destin.

Les défis face à nous sont peut-être nouveaux. Les outils avec lesquels nous les affrontons sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont notre succès dépend, le travail, l'honnêteté, le courage et le respect des règles, la tolérance et la curiosité, la loyauté et le patriotisme, sont anciennes. Elles sont vraies. Elles ont été la force tranquille du progrès qui a sous-tendu notre histoire. Ce qui est requis, c'est un retour à ces vérités. Ce qui nous est demandé maintenant, c'est une nouvelle ère de responsabilité, une reconnaissance, de la part de chaque Américain, que nous avons des devoirs envers notre pays et le monde, des devoirs que nous n'acceptons pas à contrecoeur mais saisissons avec joie, avec la certitude qu'il n'y a rien de plus satisfaisant pour l'esprit et qui définisse notre caractère, que de nous donner tout entier à une tâche difficile.
C'est le prix, et la promesse, de la citoyenneté.
C'est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain.
C'est la signification de notre liberté et de notre credo, c'est la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes les races et de toutes les croyances peuvent se réjouir ensemble sur cette magnifique esplanade, et pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré.

Donc marquons ce jour du souvenir, de ce que nous sommes et de la distance que nous avons parcourue. Aux temps de la naissance des Etats-Unis, dans les mois les plus froids, un petit groupe de patriotes s'est blotti autour de feux de camp mourants, au bord d'une rivière glacée. La capitale fut abandonnée. L'ennemi progressait. La neige était tachée de sang. Au moment où l'issue de notre révolution était la plus incertaine, le père de notre nation (George Washington, nldr) a donné l'ordre que ces mots soit lus: "Qu'il soit dit au monde du futur, qu'au milieu de l'hiver, quand seul l'espoir et la vertu pouvaient survivre, que la ville et le pays, face à un danger commun, (y) ont répondu".

Ô Etats-Unis, face à nos dangers communs, dans cet hiver de difficultés, rappelons-nous ces mots éternels. Avec espoir et courage, bravons une fois de plus les courants glacés, et supportons les tempêtes qui peuvent arriver. Qu'il soit dit aux enfants de nos enfants que lorsque nous avons été mis à l'épreuve, nous avons refusé de voir ce parcours s'arrêter, nous n'avons pas tourné le dos ni faibli. Et avec les yeux fixés sur l'horizon et la grâce de Dieu, nous avons continué à porter ce formidable cadeau de la liberté et l'avons donné aux générations futures."


Et maintenant, les actes.


Aurélien
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vendredi 11 juillet 2008

Le comble de la realpolitik?

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L'administration Bush se retrouve sous le feu des critiques suite à la révélation par l'Associated Press, reprise par des parlementaires, dont Barack Obama que la polémique devrait servir positivement, sur non seulement l'existence de liens commerciaux entre les Etats-Unis et l'Iran, mais l'explosion de ceux-ci au cours des 8 années de mandats de G.W. Bush, alors même que le Président américain n'aura eu de cesse de placer l'Iran sur l'"Axe de Mal". De 8 millions de dollars en 2001, la valeur des exportations des U.S.A. vers l'Iran atteignait 146 millions de dollars en 2007, pour un total de 546 millions de dollars.


Extraits de l'article des Affaires:

"Parmi les produits exportés figurent notamment des cigarettes, du sperme de taureaux, du maïs, du soja ou encore des médicaments. Un commerce autorisé par des exemptions aux sanctions commerciales américaines visant l'Iran.
[...]
M. Burns [Sous-secrétaire d'État au commerce, ndla] a répondu que les sanctions américaines visaient le régime, mais pas le peuple iranien, et que les livraisons américaines ne représentaient qu'une infime partie des importations de Téhéran. Il a également insisté sur "l'engagement" de l'administration Bush "à utiliser tous les outils diplomatiques" avec l'Iran, l'usage de la force n'étant envisagé qu'"en dernier recours", a-t-il ajouté."

Pour l'anecdote, cette polémique a poussé John McCain à commettre une bourde en affirmant, plein d'humour, que l'envoi de cigarettes en Iran pouvait être un "moyen de tuer" les Iraniens.

Il y a cependant un élément des plus subversifs, pour l'opinion américaine, lorsqu'on observe le détail des ces exportations. Il s'agit d'armes et d'équipements militaires pour un montant total de 148 000 dollars, principalement des fusils. La somme peut paraître dérisoire mais symboliquement, alors que les rumeurs d'une guerre imminente entre les deux pays se font toujours plus persistantes, ce détail est plus que troublant. L'explication donnée par le Trésor Américain - une simple erreur de typo puisque l'équipement aurait en réalité été livré en Irak - laisse d'ailleurs perplexe. D'autant que selon les données de ce ministère, 4 523 demandent de licence d'exportation vers l'Iran lui auraient été adressées, au moins 2 821 auraient été accordées et seulement 178 refusées.

L'administration Bush a-t-elle atteint ici le comble de la realpolitik? On peut dire que non. À l'échelle du commerce américain, les chiffres sont dérisoires et la grande majorité des produits ne porte pas à polémique. Par comparaison le volume des échanges commerciaux U.S.A. - Canada est mille fois supérieur. Politiquement et stratégiquement, nous sommes loin de la formation de futurs terroristes par la C.I.A., ou de la vente d'armes chimiques au futur ennemi numéro 1.

Et puis imaginons un seul instant qu'il s'agisse d'accords de coopération militaire et nucléaire passés avec des dictatures. Toutes les démocraties du monde refuseraient que leur principal dirigeant atteigne un tel comble de realpolitik. Toutes? Non, un village d'irréductibles gaulois résiste encore...


Aurélien
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