Affichage des articles dont le libellé est Télévision. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Télévision. Afficher tous les articles

mardi 13 janvier 2009

Copé - La rechute

_
Jean-François Copé aurait arrêté la langue de bois, comme ça, parce qu'il l'a voulu, comme on décide d'arrêter de fumer. Parfois la volonté suffit, parfois il faut un substitut. Et dans son cas, tout semble indiquer qu'il compense par la démagogie... chacun son patch, mais promis, la langue de bois c'est fini.
Alors que la réforme de l'audiovisuel publique est débattue au Sénat - ce qui ne l'empêche d'être déjà partiellement en application - les sénateurs centristes osent mettre des bâtons dans les roues du président des députés UMP. Particulièrement inquiets quant au financement de ce service publique, le groupe présidé par Michel Mercier (faudrait penser à actualiser la photo cher Michel...) souhaiterait remplacer la future taxe sur les fournisseurs d'accès Internet par une augmentation de la redevance télé.



Pour Jean-François Copé, c'est inenvisageable. Et celui que beaucoup présentent comme le futur traître à droite - et donc présidentiable... - avance pour cela deux arguments de poids qu'un entretien accordé au Point nous permet d'admirer:


1 - Deux euros c'est trop: Même 2 euros. Si on lâche sur ce point, c'est fini. Après, on nous dira : pourquoi pas 10 euros, c'est-à-dire, x centimes par jour ? Et puis pourquoi pas 15 euros, soit 1,25 euro par mois ? C'est rien, 15 euros pour une belle télé publique...

Merci, Monsieur Copé, de penser à notre pouvoir d'achat. On aurait aimé vous entendre aussi opposé à une telle idée d'augmenter nos impôts quand Roselyne Bachelot, lançant la franchise médicale, se demandait ouvertement qui ne pouvait pas se permettre de payer 4 euros par mois. On ose espérer maintenant que la taxe sur les FAI ne sera pas répercutée sur nos factures. Et bien sûr on attend votre position toute aussi intransigeante sur l'extension de la redevance aux gens qui regardent la télévision sur leurs ordinateurs...


2 - Ce n'est pas ce qui a été prévu: Nous avons mis au point un dispositif complet et dynamique de financement de l'audiovisuel public précisément pour éviter d'augmenter la redevance audiovisuelle, l'impôt le plus impopulaire. Je ne vois pas ce qui pourrait justifier ce changement de pied de dernière minute pour complaire à tel ou tel sénateur centriste.

Quel sens du débat parlementaire et d'esprit constructif de la part du père du concept de coproduction législative. Céder aux demandes d'autres parlementaires, même issus d'un parti proche, ce n'est pas de l'ouverture d'esprit, c'est faire preuve de complaisance. On comprend mieux sa position sur la future limitation du droit d'amendement et son lobbying intense contre l'obstruction parlementaire.

À la fin de l'entretien on mesure d'ailleurs tout le respect que Jean-François Copé porte aux parlementaires centristes, pourtant assimilables et assimilés jusqu'ici à la majorité: Les sénateurs centristes nous prennent vraiment pour des bleus. On a déjà été très gentils d'endurer, pendant quatre semaines à l'Assemblée Nationale, les affres du député centriste Jean Dionis du Séjour. Et je me suis gardé de faire une seule remarque désagréable à son sujet...

Voyez sa souffrance, mesurez sa résilience, admirez son indulgence! Les affres de Jean Dionis du Séjour? Voici un extrait des interventions du 8 décembre dernier par ce député centriste, exemplaire de sérieux et courage lors des débats à l'Assemblée Nationale. Je sais que c'est un peu long mais j'en recommande vivement la lecture et la comparaison aux propos de Jean-François Copé:

En soi, la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publiques n’est pas une mauvaise idée ; les centristes l’ont même défendue. J’ai retrouvé, avec une certaine émotion, le programme de la campagne présidentielle de François Bayrou en 2002 : nous y soutenions cette suppression sous la condition explicite qu’elle soit financée par une hausse de la redevance. Je tiens ce programme à la disposition de ceux qui le souhaitent.

Tout dérape en mai 2008, lorsque M. Sarkozy annonce, au beau milieu des travaux de la commission Copé, qu’il exclut toute augmentation de la redevance. C’est à notre sens la première rupture. C’est à partir de là que la commission Copé, qui jusque là avait très bien travaillé, a vu son fonctionnement profondément déstabilisé – notamment par le départ de nos collègues socialistes – et la pertinence de ses propositions remise en cause. C’est alors que commence le désormais fameux concours Lépine de la meilleure taxe destinée à compenser la perte des recettes publicitaires.

Cette première rupture marque le début de l’opposition des centristes à la suppression de la publicité. En leur nom, je rends alors officiel notre désaccord, dans une contribution qui constitue l’annexe 8 du rapport Copé.

La seconde rupture, qui invalide de manière décisive le choix de supprimer la publicité dès 2009, est la crise économique qui secoue notre pays.

Au moment de l’annonce de la suppression de la publicité, la conjoncture économique ne laissait pas présager une crise d’une telle ampleur. Mais aujourd’hui, la crise est là, et sans doute pour deux ans ! Le déficit public devait être de quarante-deux milliards ; nous terminerons sans doute l’année à cinquante-deux milliards ! Madame la ministre de la culture et de la communication, persévérer serait commettre une erreur de calendrier majeure.

Je veux ici m’adresser tout particulièrement à mes amis de la majorité présidentielle. Qu’avons-nous fait de nos convictions en matière de fiscalité et de finances publiques ?

Pensons-nous vraiment que le moment est venu de supprimer 800 millions d’euros de recettes privées pour les remplacer par deux prélèvements obligatoires supplémentaires ? Franchement, nous n’avons pas été élus pour cela !

Moi qui ai mené à peu près les mêmes combats électoraux que vous, je vous renvoie aux sages propos tenus par Édouard Balladur ou Gilles Carrez, estimant que cette réforme n’est ni urgente ni prioritaire, ou encore hier matin par Jean-Pierre Raffarin, affirmant que cette loi n’était vraiment pas la priorité des priorités.

Ne prenons pas le risque de déstabiliser notre service public audiovisuel pour une réforme qui n’a rien d’urgent. Combien de personnes sont venues dans vos permanences pour vous demander la suppression de la publicité ?

Aucune ! À supposer qu’il faille maintenir ces deux impôts, 800 millions d’euros d’argent public représentent ce qu’il faudrait à l’hôpital public pour qu’il soit à l’équilibre. N’y a-t-il rien à faire de mieux, de plus urgent, en pleine crise, que de supprimer la publicité sur les chaînes du service public ?

À l’image de Marie-Antoinette jouant la bergère au Trianon en 1788,... je ne voudrais pas que, dans quelques années, on parle de l’année 2008 en disant que pendant que les problèmes s’accumulaient, l'Assemblée nationale affectait des deniers publics à cette grande cause nationale qu’est la suppression de la publicité sur l’audiovisuel public !

Je voudrais aussi tordre le cou à une idée fausse : certains pensent en effet qu’il est trop tard, que la réforme est déjà engagée à France Télévisions. C’est faux ! La régie publicitaire de France Télévisions est encore en place ; elle s’est fixé un objectif de 200 millions d’euros et elle peut remonter en puissance très rapidement.

De surcroît, le découpage prévu pour la suppression de la publicité est, à notre avis, ni fait ni à faire. Les chaînes privées n’auront aucune concurrence de vingt heures à six heures, tandis que celle-ci sera exacerbée pendant le reste du temps. Les effets nocifs de ce découpage se font déjà sentir sur la disparition de la reprise des titres nationaux sur France 3.

Mes chers collègues, je vous demande très solennellement de ne pas commettre cette erreur de calendrier. Une autre stratégie est possible : elle comporte trois volets. Tout d’abord, la partie du texte relative à la transformation de France Télévisions en entreprise unique serait immédiatement appliquée. Ensuite, le début de la suppression progressive de la publicité serait reportée au 1er janvier 2012 – c’est ce que demandent MM. Balladur, Carrez et bien d’autres. Enfin, la disparition progressive de la publicité de 2012 à 2016 serait financée par une hausse progressive et raisonnable de la redevance de dix euros par an.

Je sais bien l’exaspération qu’ont pu engendrer chez certains d’entre vous deux semaines d’obstruction de l’opposition. Mais nous sommes maintenant au cœur du texte. Chacun d’entre nous est placé devant ses responsabilités. Le Parlement sortira grandi de cette épreuve s’il sait faire le tri, dans cette loi, entre ce qui est urgent et ce qui ne l’est pas, entre ce qui est pertinent et ce qui est un véritable contresens.


Voilà ce que Jean-François Copé considère comme des affres... Je ne vois ni effroi ni angoisse dans le raisonnement de Jean Dionis du Séjour. Je vois au contraire un vrai travail de parlementaire, documenté, argumenté, et un comportement en conscience. Je comprends donc que le Maire de Meaux ait été choqué... il n'y a que la vérité qui blesse, dit-on.

Rappelons-lui ce qu'est la langue de bois: une forme d'expression qui, notamment en matière politique, vise à dissimuler une incompétence ou une réticence à aborder un sujet en proclamant des banalités abstraites, pompeuses, ou qui font plus appel aux sentiments qu'aux faits.

Promesse non tenue. Ça s'appelle aussi une rechute.


Aurélien
Lire la suite...

jeudi 24 avril 2008

90 Minutes pour vendre


Ce soir, pour l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, l'Élysée veut frapper fort. En terme d'audience, bien sûr, cela fait toujours plaisir au Président, mais surtout en terme de séduction de l'opinion publique. Rien n'aura été laissé au hasard.



Le lieu? La salle des fêtes de l'Élysée ; autant jouer à domicile.

La production? Confiée à Renaud Le Van Kim, déjà responsable du show d'intronisation de Nicolas Sarkozy au Bourget à la candidature U.M.P. pour les présidentielles de 2007.

Le décor? Confié à Philippe Désert, scénographe du débat d'entre deux tours face à Ségolène Royal.

Les journalistes? Ils seront cinq, deux stars du 20 heures et trois spécialistes thématiques, de quoi assurer un entretien rythmé comme leur hôte les aime. Ont-ils été sélectionnés par l'Élysée ou imposés par les chaînes? Selon Franck Louvrier, conseiller du Président, ce dernier n'a pas choisi ses interlocuteurs, ce sont les chaînes qui les ont proposés. Je ne sais pas pour vous... mais en ce qui me concerne, quand on me propose quelque chose, c'est bien pour que je fasse un choix. Et puis l'éviction, pour apathie de lèse majesté, d' Arlette Chabot sur ordre présidentiel est un secret de polichinelle. S'il peut exclure sans crainte, il peut sans doute choisir sans contestation. Autant cesser toute hypocrisie, donc, oui les journalistes ont été choisis par l'Élysée.

Le Président? Étant donné que l'un des objectifs principaux est de ressituer son image par rapport à sa fonction, on peut s'attendre à un gros effort pour se défaire de cette attitude, affichée lors de précédentes interventions, du petit nerveux qui cherche à démontrer sa moderne décontraction. Voilà pour la forme.

Pour le fond, les thèmes ne manquent pas: pouvoir d'achat, O.G.M., politique familiale, envoi de soldats en Afghanistan, dette, couacs gouvernementaux, suppression de la publicité pour le service publique audiovisuel, réforme des institutions, présidence de l'union européenne, suppression de poste à l'Éducation Nationale, Carlita, le fiston Jean, bilan de la première année de mandat, etc... David Pujadas et P.P.D.A. ont été reçus à l'Élysée cette semaine pour préparer l'entretien, soyons sûrs que rien ne sera laissé ni au hasard, ni à la spontanéité.

Le bilan, personnel et présidentiel, de la première année de mandat sera probablement le thème d'ouverture de l'entretien et servira à présenter les autres sujets qui seront abordés. On saura alors immédiatement si Nicolas Sarkozy a enfin changé, réellement et pour le meilleur, et s'il assume enfin ses responsabilités de Président de tous les français, ou s'il se contente une nouvelle fois de faire sa propre propagande de campagne électorale permanente à coups de "Je vois pas au nom de quoi...", "Je vais vous dire David Pujadas, je n'ai pas été élu pour rester les bras croisés..." et autres "Vous voulez que je fasse quoi?...".

Personnellement, je parie sur la seconde possibilité. Je m'attends à de fausses questions dérangeantes et des réponses tout aussi fuyantes de la réalité. On l'interrogera sur ces mesures qui ressemblent à s'y méprendre à de la rigueur, mais qui seront présentées comme des économies nécessaires; sur la régularisation massive des sans papiers grévistes qui sera présentée comme un "cas par cas pour tous ceux concernés"; sur la confusion au sein du gouvernement qui sera présentée comme une preuve que chaque membre de l'exécutif est libre de s'exprimer dans l'application du programme pour lequel il a été élu, etc... Et pour masquer encore plus efficacement la médiocrité de cette première année de mandat, on lancera deux ou trois annonces imprévisibles capables de créer de la polémique, véritable matière première de la communication Sarkozienne.

Et dès la première minute suivant le générique de fin, les réactions de l'opposition et de la majorité. François Hollande nous redira que le Président n'entend pas les français et ne répond pas à leurs attentes. François Fillon nous fera part de sa satisfaction d'avoir entendu le Président redéfinir une feuille de route pour les réformes annoncées. François Bayrou s'offusquera à nouveau des dérives, de l'irresponsabilité et de cette rupture avec la France de De Gaulle. Comme quoi, qu'ils aient raison ou tort, les François sont prévisibles.

Ainsi malgré les annonces, malgré le teasing du au report de l'entretien initialement prévu lundi dernier et malgré l'urgence de nouveauté, ce soir T.F.1 et France 2 nous proposent, pour toute confiture aux cochons, une énième rediffusion.


Aurélien
Lire la suite...

Fil infos