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mercredi 9 juillet 2008

Au-delà des clans et des bigorneaux


Dans une stratégie de communication qui n'a rien à envier à celle du Président de la République, Ségolène Royal déclenche une polémique de plus autour de sa personne. Son appartement a une nouvelle fois été mis à sac il y a quelques jours et elle lie, en direct au 20h de France 2, l'événement à son statut auto proclamé d'opposante principale au "clan Sarkozy".

De tels propos sont étonnants à ce niveau de l'échiquier politique. Soit Ségolène Royal a en main des éléments sérieux pour étayer sa thèse, et dans ce cas pourquoi ne pas saisir la justice, soit ses hypothèses ne reposent que sur des coïncidences, par ailleurs discutables, et ses propos deviennent totalement irresponsables pour une ancienne, et probable future, prétendante à l'Élysée. Irresponsables et politiquement suicidaires vue la polémique précédente, encore brûlante, qui déclencha mille feux plus ou moins justifiés.



Il reste cependant que son appartement a bel et bien été mis à sac. Je lui donne donc raison sur un point, comme à certains de ses collègues socialistes comme Aurélie Filippetti, il est anormal que de multiples mises à sac de l'habitation d'une responsable de l'opposition politique d'un pays démocratique ne provoque pas plus d'émoi que cela au gouvernement, ni plus de moyens d'enquête, ni un suivi journalistique plus poussé. Ce n'est pas anodin. On est loin d'un simple vol de scooter...

Contrairement à Ségolène Royal je ne ferai pas de lien direct entre les mises à sac qu'elle a subies et le "clan Sarkozy". À moins de relier cette affaire avec les mises sous surveillance, tentées ou avérées, d'Olivier Besancenot et de Bernard Thibault. Cela commence à faire beaucoup de victimes d'intimidations ou de violations de vie privée parmi les plus farouches opposants au pouvoir en place. Les suspicions concernant l'Élysée coulent alors de source ; il serait dans l'intérêt de tous de les lever ou de les confirmer rapidement et avec certitude.

Il est étonnant, pour ne pas dire choquant, que le gouvernement, notamment le Ministère de l'Intérieur, ne s'affiche pas plus offensif dans l'élucidation ces affaires, quels qu'en soient les suspects potentiels. Idem pour les médias qui se contentent quasi unanimement des polémiques. Le débat public n'en sortirait que plus sain et apaisé. Une salubrité qui ces derniers jours lui fait cruellement défaut.


Aurélien
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vendredi 4 juillet 2008

Quand Ségolène Royal m'inquiète


Retour sur une déclaration de Ségolène Royal, en marge de la visite d'une délégation française, menée par François Fillon, au Canada pour célébrer le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec. Voici ses propos rapportés par l'Express:

"Tout le monde le sait, c'était une opération colombienne rondement menée qui prouve que les négociations avec les Farc étaient inutiles et n'avaient débouché sur rien[...] Voilà : ni polémique, ni récupération politique qui serait totalement décalée parce qu'en l'occurrence, Nicolas Sarkozy n'a été absolument pour rien dans cette libération."



Ségolène Royal, que l'on pourrait appeler l'omni-opposante de part son évidente volonté d'affronter l'omni-président sur tous les fronts, illustre par ces mots tous les doutes que je peux encore avoir sur sa personne et sa capacité à mener le pays plus efficacement et dans un esprit plus rassembleur que Nicolas Sarkozy. Elle déclenche illico, forcément, les réactions en chaîne du côté de l'UMP chez les Raffarin, Yade et autres Fillon, et j'imagine que Frédéric Lefebvre devrait demander des excuses officielles d'ici peu... À la suite de quoi, comme sait aussi le faire parfaitement le Président de la République, elle se posera en victime d'une quelconque pensée unique. Elle projette ainsi le pays dans une polémique supplémentaire et stérile qui, comme les autres, fera office d'écran de fumée masquant les enjeux réels et urgents; le pouvoir actuel n'en demandait pas tant...

D'abord, par cette déclaration, elle se "décale" elle-même puisqu'elle est seule, parmi les têtes d'affiches politiques françaises, à faire de la récupération à peine déguisée. "Surtout pas de récupération mais, au passage, mon adversaire n'a rien fait après avoir été totalement inefficace...", une hypocrisie totale. Pour ma part, j'ai trouvé l'Élysée étonnamment sobre et raisonnable depuis cette libération. Je n'ai vu aucune tentative de récupération politique de la part du Président. La libération d'Ingrid Bétancourt a pu être réalisée par d'autres moyens que ceux qu'il préconisait; il n'a pas cherché à prétendre le contraire, ni a ramener la couverture à lui comme il avait pu le faire pour la libération des infirmières bulgares.

Ensuite, il ne fait aucun doute que Nicolas Sarkozy s'est beaucoup investi pour Ingrid Bétancourt comme il le fait - je l'admet volontiers même si je n'aime pas le fond de son action ni la forme qu'il y met - sur chaque dossier. Je ne vois rien à lui reprocher sur le dossier Bétencourt. Sa stratégie de négociation était tout à fait défendable et d'ailleurs, contrairement à ce que Ségolène Royal prétend, elle a débouché sur au moins deux résultats: la preuve de vie obtenue fin 2007 et la libération des 6 premiers otages, dont Clara Rojas, proche collaboratrice d'Ingrid Bétancourt. De plus, rien n'indique que cette stratégie n'aurait pas, elle aussi, abouti à une libération. On imagine aussi très bien ce qu'auraient été les mots de Ségolène Royal si Nicolas Sarkozy avait, tout au long de cette affaire, préconisé une intervention militaire.

Enfin, qui sait vraiment si la France n'a pas joué un rôle indirect dans cette opération? Qui nous dit que la pression imposée par Paris n'a pas pesé dans la décision du gouvernement colombien de mener cette opération? Aurait-il pris cette décision sans la preuve de vie obtenue grâce aux négociations? Trop d'inconnues restent en question pour pouvoir dire que les uns ont tout fait et les autres rien du tout.

Pour moi cette actualité est extrêmement révélatrice du danger que peut représenter Ségolène Royal pour la France, pour son parti et ceux à qui elle annonce être ouverte aux alliances. Au même titre que Nicolas Sarkozy, elle communique à bras raccourcis sur tous les fronts, dans la provocation et la polémique, sans réfléchir, au-delà de l'onde de choc médiatique volontairement initiée, aux conséquences ni au sens profond de ses mots. C'est le genre d'attitude, sinon de stratégie, dont nous devons débarrasser la politique française au plus vite.


Aurélien

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