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vendredi 16 janvier 2009

Au-delà de l'héroïsme

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En parvenant à se frayer un chemin dans le ciel de Manhattan puis à amerrir son Airbus A320 sur le fleuve Hudson en préservant la vie de ses 150 passagers et de son équipage, et même l'intégrité de son appareil, Chesley Sullenberger est devenu un héros non seulement pour les États-Unis mais pour le monde entier. Une telle démonstration de sang-froid et de maîtrise, de chance aussi, sans doute, assortie d'une issue aussi miraculeuse ne pouvait que le couvrir d'éloges. C'est amplement mérité.

Cependant l'ampleur médiatique accordée à cet événement et la déferlante de commentaires admiratifs qui s'en suit m'interroge. Je ne doute pas une seconde de la sincérité du soulagement ni de l'admiration, ils sont justifiés et même bienvenus, là n'est pas la question. J'ai simplement l'impression que ce qui est unanimement qualifié de miracle ne se limite pas à cet avion et ses passagers. Comme si le monde se réjouissait de bien plus que ces 155 vies sauvées ; comme si un soupir universel nous soulageait tous d'une angoisse indicible.

Mais de quelle angoisse peut-il bien s'agir?





Chesley Sullenberger a sauvé non seulement les vies de ceux qu'il transportait, mais aussi les victimes d'une éventuelle collision avec un quelconque bateau navigant à ce moment précis sur l'Hudson, ou pire, celle d'un éventuel crash en plein coeur de Manhattan. Imaginez qu'en pleine crise Israélo-Palestinienne, alors que la guerre sans fin contre le terrorisme se poursuit en Irak et en Afghanistan, le jour même du discours d'adieu de G.W. Bush à la Maison Blanche, un Airbus A320 s'écrase en plein Manhattan. Imaginez d'abord la panique, le traumatisme pour des New-Yorkais qui s'efforcent depuis plus de 7 ans de surmonter la tragédie du 11 Septembre 2001. Imaginez ensuite la spéculation médiatique mondiale sur les causes d'un tel événement. Imaginez enfin l'éventuelle manipulation politique et géostratégique qui aurait pu s'en suivre.

Dans un contexte de crise mondiale économique, écologique, sociale ou encore ethnico-religieuse, l'espoir est mis à mal. L'espoir, dont la flamme vacillait d'abord en 2000 avec la victoire controversée de G.W. Bush sur Al Gore, avant de s'éteindre dans les décombres du World Trade Center, est réapparue en novembre dernier avec l'élection historique de Barack Obama. Un espoir si grand que devant les atrocités apparemment sans fin de Gaza, le monde entier se prend à avoir hâte au 20 janvier, date de prise de pouvoir du 44e Président des Etats-Unis, comme si l'humanité avait rendez-vous avec elle-même pour se remettre sur le chemin de la paix. Et comme un encouragement à y croire, le miracle se produit à quelques centaines de mètres de Ground Zero, quelques heures avant le discours de fin de mandat du pire président que l'Amérique ait connu.

La boucle est bouclée ; une nouvelle ère peut commencer.


Les grandes choses peuvent se manifester par de petits signes.
[Sigmund Freud]


Aurélien
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lundi 15 décembre 2008

On a les tentatives d'assassinat qu'on mérite...

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G.W. Bush aura décidément tout raté:




Parti en guerre pour démanteler un arsenal d'armes de destruction massive et mettre hors-jeu l'ennemi prétendu numéro 1 des U.S.A., G.W. Bush n'aura trouvé qu'une paire de souliers taille 43. Depuis 6 ans il mène la guerre contre la terreur, et c'est au cœur de cette guerre, aussi injuste qu'improvisée, qu'un simple journaliste vient lui prouver qu'il n'effraie plus grand monde. Des centaines de milliards de dollars dépensés, des dizaines de milliers de civils morts, blessés ou pris en otages, des milliers de soldats tués, un pays dévasté, un peuple divisé... tout ceci on ne peut plus simplement renvoyé à sa face de pire président de l'histoire par une insulte méprisante relativement banale dans la culture irakienne.

A-t-il seulement senti, dans sa très belle esquive, à quel point ces souliers étaient chargés de désespoir, de sentiment d'injustice et de colère? Mesure-t-il simplement le chemin émotionnel que cet homme a du parcourir pour oser ainsi défoncer toutes les barrières protocolaires et mettre sa vie en jeu par un simple jet de chaussures?

Cet incident, symboliquement, est magnifique.


Aurélien
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mercredi 2 avril 2008

L'Homme de l'Atlantisme



Pour ceux qui en doutaient encore...

Dans la tourmente du débat sur l’envoi d’un millier de soldats français en Afghanistan, et au-delà sur l’éventuel atlantisme du Président Sarkozy, je tiens à apporter une autre approche. Voici un article paru aujourd’hui dans la presse canadienne :






Par Joël-Denis Bellavance

Bucarest, Roumanie


Le premier ministre Stephen Harper refuse de confirmer que le président américain George W. Bush lui a formellement promis que les États-Unis déploieront 1000 soldats de plus dans le sud de l’Afghanistan afin de prêter-main forte aux quelque 2300 soldats canadiens en mission dans cette région dangereuse.

M. Harper a participé ce matin à un forum organisé par le « German Marshall Fund of the United States » où l’avenir de la mission de l’OTAN en Afghanistan a été au cœur des discussions.

Le président de l’Afghanistan, Hamid Karzaï, et le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, ont également pris la parole durant ce forum qui avait lieu quelques heures avant le début officiel du sommet de deux jours des 26 pays membres de l’Alliance.

Durant ce forum, M. Harper a indiqué qu’il avait confiance que le Canada obtiendra les renforts de 1000 soldats qu’il réclame d’ici février 2009 afin de maintenir des troupes en Afghanistan. Mais il a refusé de confirmer les informations de CTV News selon lesquelles le président Bush lui a donné la ferme garantie que les Américains enverront des troupes supplémentaires afin d’épauler les soldats canadiens.

Tout indique que la France enverra des troupes, vraisemblablement un contingent de 1000 soldats, dans l’est de l’Afghanistan, aux côtés des soldats américains, permettant ainsi aux États-Unis de redéployer des soldats dans le sud du pays.

M. Harper a indiqué n’avoir obtenu aucun engagement formel du président français Nicolas Sarkozy. Il a précisé qu’il importe peu d’où viendront les renforts. L’important, c’est que des soldats supplémentaires soient à pied d’œuvre dans le sud de l’Afghanistan.

Par ailleurs, le premier ministre a annoncé ce matin que le Canada appuie la demande de l’Ukraine de devenir membre de l’OTAN. M. Harper a aussi exhorté les autres membres de l’Alliance à accueillir ce pays qui faisait autrefois partie de l’URSS.


Selon M. Harper, la participation de l’Ukraine accélérerait la réforme démocratique et le développement économique dans ce pays.

«L’Ukraine a fait d’immenses progrès en matière de démocratisation et d’ouverture de son économie ces dernières années, a dit le premier ministre. Le pays est sur la voie d’un avenir meilleur pour sa population, et je presse nos partenaires de l’OTAN de reconnaître que nous devrions soutenir l’adhésion complète de l’Ukraine à l’Alliance.»

Le président Bush appuie aussi la demande de l’Ukraine alors que l’Allemagne et la France s’y opposent. La Russie, qui n’est pas membre de l’OTAN, s’y oppose aussi farouchement.



Cet article, comme d’autres précédemment, défini clairement le cadre dans lequel Nicolas Sarkozy a décidé de l’annonce de l’envoi de soldats français devant les parlementaires britanniques.

Le Canada est l'une des principales forces de l’OTAN en Afghanistan, au point de prendre le commandement des opérations dans ce pays durant neuf mois en 2006… Après la perte de 78 soldats, et devant une situation qui ne semble pas s'améliorer, le ras-le-bol commence à se faire sentir dans l’opinion publique comme dans les différents partis d’opposition canadiens. À tel point que M. Harper, contraint par le fait que son gouvernement soit minoritaire, a menacé de ne pas prolonger la mission canadienne au-delà de 2009 si un renfort en hommes et en matériel n’était pas concrétisé. Ce renfort exigé soulagerait les forces canadiennes responsables de la sécurité dans la région de Kandahar.

M. Harper est un néo-conservateur. Ses discours de campagne électorale et sa politique à la tête du gouvernement canadien ressemblent à s’y méprendre à ceux de l’administration Bush. Il supporte l'intervention américaine en Irak, il a renié la signature par le Canada du protocole de Kyoto, etc...

Le fait que le Président de la République Française annonce, devant les parlementaires du principal allié des USA dans le bourbier irakien, que la France assurera ce renfort auprès du Canada, politiquement parlant la principale succursale du néo-conservatisme américain, aligne définitivement notre pays sur l’ « Axe du Bien ». Bush, Harper, Sarkozy... Ensemble, tout devient possible.

EDIT: En complément, voici une excellente entrevue avec Emmanuel Todd.

Aurélien
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