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mardi 17 mars 2009

Bluff démobilisateur

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Je m'interrogeais vendredi dernier sur la véritable nature d'un sondage BVA. Aujourd'hui c'est un sondage Ipsos, ou plutôt la manière dont il est rapporté médiatiquement sur les sites du Point, du Figaro ou du JDD, qui me donne envie de publier régulièrement sur les sondages, d'en préciser et compléter l'information, ce que les journaux en ligne sont manifestement incapables, par manque d'intégrité, de volonté ou de compétence, de faire.

Voici ce qu'on nous dit sous des titres qui annoncent l'UMP en tête ou un gauche mobilisée:

L'UMP et le Nouveau Centre, qui font liste commune pour les élections européennes en France métropolitaine, arrivent en tête des intentions de vote, avec 27 % des voix, selon un sondage Ipsos, à paraître dans Le Point disponible en kiosque jeudi. Aux européennes de 2004, l'UMP a obtenu 16,6 % des voix.

Le Parti socialiste arriverait en deuxième position avec 24 % des intentions de vote (contre 28,9 % en 2004). Le MoDem rassemblerait 10 % des suffrages (l'UDF, d'où est issu ce parti, en a eu 12 % il y a cinq ans), tandis que le Nouveau Parti anticapitaliste et Europe-Écologie (Verts et associatifs) feraient jeu égal avec 9 % des voix.

La liste commune du Mouvement pour la France (MPF) et de Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) obtiendrait 6 % des voix (contre 6,67 % au MPF et 1,73 % à CPNT), tout comme le Parti communiste et le Parti de gauche (contre 5,6 %). Les points restants se partagent entre le Front national (5,5 % contre 9,8 %), Lutte ouvrière (2 %), Debout la République (1 %) et le Parti de la France (0,5 %).

Sondage réalisé les 13 et 14 mars, auprès d'un échantillon représentatif de 887 personnes âgées de 18 ans et plus. Les élections européennes se dérouleront le 7 juin. Il y a sept circonscriptions métropolitaines.

Contrairement au sondage BVA, celui-ci parle au moins du Mouvement Démocrate et lui donne un score faible par rapport aux sondages précédents le situant plus proche des 15%. Je ne vois pas ce qui dans l'actualité récente peut justifier une telle chute dans l'opinion, mais admettons.

Allons voir si, contrairement à BVA, Ipsos met un minimum de détails concernant ses enquêtes en ligne. Heureusement, la réponse est oui. On y retrouve les mêmes pourcentages... deux éléments majeurs non rapportés par les médias sautent aux yeux cependant:

1- Les scores n'émanent que des personnes s'affirmant certaines d'aller voter, soit seulement 49% des sondés, ce qui correspond à un taux de participation certainement plus faible qu'il ne le sera en juin prochain.

2- 15% des personnes certaines d'aller voter n'ont pas exprimé d'intentions de vote, ce qui laisse une porte ouverte sur de multiples scénarios.

Sans ces précisions, quelle est la pertinence de ce sondage? Surtout, quel est son sens?

Je pense que puisqu'il s'agit d'une commande du Point que l'on peut, sans choquer personne, qualifier de pro-gouvernemental, l'objectif de ce sondage, ou plutôt de l'article le rapportant, est de favoriser l'UMP en jouant notamment une carte bien usée en 2007: la bipolarité démobilisatrice du scrutin. Je précise que mon commentaire expliquant ceci sur l'article du Point a été censuré par les modérateurs...

En ne mentionnant pas les incertitudes sur la participation comme sur les intentions de vote, on présente comme acquis que le duel se limitera aux deux grands partis historiques, l'UMP et le PS qui ne demande sûrement pas mieux. On cherche à nous enfermer dans une lutte droite-gauche franco-française qui n'a que peu de sens à l'échelle européenne. Les troubles-fête que seraient le MoDem, le NPA ou encore les écologistes semblent définitivement largués. C'est commode... de quoi démobiliser ceux qui croient en une troisième voie, qu'elle soit centriste, verte ou anticapitaliste.

Par cette stratégie, l'UMP concentre les votes contestataires de sa politique sur son meilleur ennemi du PS qui, lui, aura beau jeu d'appeler les électeurs au très mal nommé "vote utile". C'est à mon avis assez révélateur du peu d'estime que la majorité et l'opposition ont en réalité pour la dimension politique européenne, alors que 80% des lois votées à l'Assemblée Nationale ne font qu'adopter les décisions prises en amont par le Parlement Européen. C'est là, de nos jours, que survit la démocratie.

Selon moi, si beaucoup de citoyens ne sont pas encore certains de leur participation ou de leur vote, c'est parce que la campagne n'a pas démarré. Les partis politiques comme les médias tardent à en donner le véritable coup d'envoi, pris par l'actualité toujours en ébullition sous l'impulsion de l'Élysée. L'OTAN, Hadopi... aujourd'hui la mini-polémique interne à l'UMP sur une éventuelle suspension du bouclier fiscal, sinon de la loi TEPA dans son ensemble. Les enjeux européens, majeurs et d'ailleurs souvent caractéristiques des partis plus modestes, sont renvoyés au mois de mai, au plus prêt des dates d'une campagne officielle ridiculeusement réduite (du 25 mai au 6 juin).

Du côté de l'UMP comme du PS, on semble oublier que l'Europe peut mobiliser les citoyens et contredire tous les pronostiques lorsque les enjeux sont importants et que le contexte social interne est particulièrement tendu. 2005 ce n'est pourtant pas si loin...


Aurélien
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lundi 9 février 2009

Élections européennes: le contexte

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Une étude de l'Eurobaromètre donne une indication de l'opinion publique européenne quant aux prochaines élections au Parlement Européen. Un condensé des résultats spécifiques à la France est disponible ici (fichier pdf). Alors que la campagne pour cette échéance de juin 2009 se met en branle et que le Mouvement Démocrate a présenté ses têtes de listes, il me semble intéressant de faire un état des lieux. Quel intérêt pour l'Union Européenne et son Parlement? Quels enjeux doivent dominer les débats? Où en est la citoyenneté européenne? Autant de questions que je vous invite à discuter dès aujourd'hui pour mieux suivre la campagne européenne du MoDem.




Intérêt

La première estimation présentée est pour le moins inquiétante. À l'automne 2008, moins d'un français sur cinq (contre un sur quatre européen) était au courant que les prochaines élections européennes auraient lieu en 2009. On ne leur demandait pas la date exacte, pas même le mois, mais simplement l'année. On peut chercher différentes explication à cela, notamment l'hyper-médiatisation, au moment de l'étude, des présidentielles américaines qui rentraient dans leur dernière semaine de campagne et, bien sûr, les premières secousses politiques autour de la crise financière et économique. Toujours est-il qu'une telle ignorance du calendrier de cette institution politique majeure, la seule où les citoyens des 27 pays de l'Union ont véritablement leur mot à dire, démontre un désintérêt certain pour la politique européenne.

Une fois informés de l'année des élections, 53% des français assumaient encore leur désintérêt pour ces élections. C'est d'une ampleur comparable à la moyenne européenne ; à comparer aux 73% qui reconnaissent une importance significative du Parlement Européen dans la vie de l'Union. Autrement dit, on sait quand les élections auront lieu, on sait que c'est important, mais une majorité reste désintéressée. Pourquoi?

Il est reconnu dans tous les courants politiques que nous ne sommes pas assez informés, par les médias comme par nos élus nationaux et européens, non seulement sur le fonctionnement européen mais surtout sur l'impact réel du pouvoir législatif européen sur notre propre vie politique française. Un chiffre est mis en avant ces jours-ci, notamment chez les eurosceptiques: 80% des lois votées par le parlement français sont des lois européennes à valider sans aucune discussion ni amendement possible. Il n'y a qu'une conclusion possible: si l'on est démocrate et que l'on veut pleinement jouer son rôle de citoyen, en Europe comme en France, ces élections européennes sont incontournables ; le désintérêt devient aussi irresponsable qu'absurde, aussi bien pour les pro que pour les anti-européens.

Lutter contre ce désintérêt sera une clé essentielle de ces élections. Il faut garder à l'esprit que les désintéressés ne sont pas forcément contre la construction européenne. Simplement, ils ne la connaissent pas, ne la comprennent pas. Il faudra être particulièrement pédagogue sur les enjeux, sur les propositions et sur la méthode. Se montrer enthousiaste et optimiste sera un atout mais ce ne sera pas suffisant. Il faudra d'abord démontrer que l'Europe est incontournable, qu'elle est capable et qu'elle est lisible. Il faudra aussi avoir le courage de se défaire du prisme franco-français pour se positionner en européen, oser parler du programme non pas du Mouvement Démocrate mais de l'Alliance des Démocrates et Libéraux pour l'Europe (ADLE), s'afficher sereins dans la dimension européenne.


Enjeux

L'étude liste une série de thèmes que les citoyens européens considèrent prioritaires. L'économie, bien sûr, l'environnement, évidemment, la sécurité, l'immigration... Je suis déçu de ne pas y voir la démocratie ou la citoyenneté. Ce n'est pas une surprise. Je suis persuadé que la très grande majorité des européens considère, par méconnaissance, la démocratie européenne comme ils considèrent leurs démocraties nationales: acquise. Pourtant l'Union Européenne n'est pas un projet achevé mais en construction. Le développement d'une véritable démocratie européenne est un thème que le Mouvement Démocrate se doit d'imposer pendant la campagne.

Si au niveau de l'Union Européenne les enjeux de l'économie et du chômage sont primordiaux, il est une spécificité française: le pouvoir d'achat. Depuis les présidentielles de 2007 ce thème est la priorité des français, à fortiori en période de crise. 70% des français le placent en critère principal pour leur vote de juin 2009. Pourtant, l'Union Européenne ne peut pas aujourd'hui agir à ce niveau et rien ne dit qu'elle pourrait le faire rapidement. Il faudra clairement et fermement replacer ce débat du pouvoir d'achat, comme tous ceux qui ne concernent pas directement le champ d'action du Parlement européen, dans son cadre national.

Parmi les grands enjeux: l'environnement. Avec la crise économique le thème perd un peu de son urgence dans l'esprit des citoyens, alors qu'il pourrait au contraire en gagner par le réservoir de croissance économique qu'il représente, mais la réalité n'attend pas. Le Mouvement Démocrate présente une liste particulièrement puissante en ce qui concerne l'écologie et l'ADLE, associant sa vision libérale à une politique environnementale solide, joue un rôle essentiel de médiateur au Parlement Européen. Il faudra mettre en avant la crédibilité de nos candidats - je pense à Corinne Lepage et Anne Laperrouze notamment - et le sérieux du groupe parlementaire.


Citoyenneté

La dernière partie de l'étude tente de mesurer l'identité européenne. Sur ce point la France ne dépareille pas trop de ses voisins. Ainsi la monnaie unique, les valeurs démocratiques et l'histoire commune constituent les principaux fondamentaux de l'identité européenne.

Quant à ce qui pourrait la renforcer, les européens semblent converger vers une politique sociale plus affirmée, énonçant le souhait d'un véritable système européen de protection sociale et médicale. Une proposition qui me paraît particulièrement intéressante est l'idée d'une force d'intervention européenne en cas de catastrophe naturelle n'importe où dans le monde. Personnellement je verrais bien cette idée se concrétiser avec celle d'un service civique européen basé sur le volontariat, pour aller vers une anthropolitique.

Je note également que les français se montrent particulièrement attirés par la possibilité d'élire un Président de l'Union Européenne au suffrage universel. L'idée me plaît aussi, mais il faudrait évidemment définir clairement ses pouvoirs et la séparation de ces derniers par rapport, entre autres, au Parlement et la Cour Européenne des Droits de l'Homme, ses conditions d'éligibilité et le cadre de son mandat. Imaginez qu'un omni-président concentrant tous les pouvoirs se retrouve à la tête du continent...

Une chose qui ressort de cette étude, c'est l'aspect secondaire accordé à une défense et une diplomatie européennes. Comme si les citoyens européens tenaient d'abord à consolider l'Union avant de la projeter sur la scène internationale, ce qui me semble tout à fait sage. Avant de parler de l'UE dans le Monde il faudra débattre de l'UE en Europe.


Le Mouvement Démocrate joue gros sur ces élections. Il est le seul parti français fondamentalement et totalement pro-européen, et le type de scrutin lui est favorable. L'Union Européenne elle-même joue gros sur ces élections. À l'heure de l'accumulation de toutes les crises génératrices d'angoisses, de protectionnisme et de nationalisme l'indispensable projet Européen doit plus que jamais être soutenu, clarifié, amélioré. Entre des extrêmes qui se trompent de terrain, une UMP aux têtes de listes forcées, sans enthousiasme, et un PS qui se retrouve face au révélateur de toutes ses divisions, le MoDem et l'ADLE devront rester sereins, pédagogues, rassembleurs et ambitieux.


Aurélien
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jeudi 5 février 2009

Les Jeudis d'Edgar - 15 - Penser l'Europe

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Chaque jeudi (ou presque...) je viens vous présenter un échantillon de l'œuvre et de la pensée d'Edgar Morin. Je souhaite ainsi, en rapprochant à ma modeste mesure ses idées de la politique en général et du MoDem en particulier, nourrir les débats qui prendront place pour définir, et éventuellement mettre en application, ce nouveau modèle de société que des millions de français ont appelé de leurs vœux en mai 2007.

Au lendemain de la présentation des têtes de listes du Mouvement Démocrate pour les prochaines élections européennes, il me semble pertinent pour ce quinzième billet des Jeudis d'Edgar de présenter l'une de ses réflexions sur la question européenne.

Ancien résistant communiste, Edgar Morin est, au sortir de la seconde guerre mondiale, anti-européen. Il perçoit le vieux continent comme un foyer d’impérialisme et de domination. Rejetant le stalinisme, dès 1951, il part soutenir les luttes du tiers monde, puis revient à l'Europe dans les années 70 parce qu'il considère le plus précieux dans la culture européenne lui semble aussi le plus vulnérable. Il appelle dès lors à concevoir une communauté de destin, une démarche essentielle pour restituer l’identité commune sous et dans la diversité.


Extrait de Penser l'Europe:


Ce qui est important dans la culture européenne, ce ne sont pas seulement les idées maîtresses (christianisme, humanisme, raison, science), ce sont ces idées et leurs contraires. Le génie européen n’est pas seulement dans la pluralité et dans le changement, il est dans le dialogue des pluralités qui produit le changement. Il n’est pas dans la production du nouveau en tant que tel, il est dans l’antagonisme de l’ancien et du nouveau (le nouveau pour le nouveau se dégrade en mode, superficialité, snobisme et conformisme).

Le doute européen est d’autant plus vivifiant qu’il allie le scepticisme à quelque chose qui le nie à son tour. Ainsi le doute n’est pas seulement au cœur de la méditation de Montaigne, il est au cœur de la méthode de Descartes, de la foi de Pascal, de l’empirisme de Hume. Et, pour prendre les vrais héros de la littérature européenne qui sont des héros anti-héros, dont la faiblesse est grandeur, le doute n’est-il pas au cœur du devoir sacré d’Hamlet, de la lassitude permanente d’Oblomov, de la tragédie d’Ivan Karamazov, de la misère de Stravoguine?

Aujourd’hui, Milan Kundera peut rétrospectivement reconnaître en Quichotte, Faust et Don Juan les héros typiquement européens parce qu’ils sont héros de l’échec et de la dérision dans la poursuite du sublime et de l’absolu. Chacun à leur manière, ils refusaient la finitude, croyaient à l’illimité, ignoraient le principe de réalité au moment même où il s’imposait à eux. Et cela, alors que le monde bourgeois, capitaliste, scientifique, obtenait les plus prodigieuses réussites parce qu’il obéissait à tous les principes réalistes. Mais nous savons aujourd’hui que le capitalisme, la science, l’Europe obéissaient en profondeur à des pulsions qui refusaient la finitude, croyaient en l’illimité et finalement allaient oublier le principe de réalité. La littérature européenne n’a pas cessé de porter en elle le négatif invisible, fait de souffrances et d’échecs, de l’image euphorique du progrès indéfini et de la conquête du monde.

N’y avait-il pas enfin quelque secrète et permanente connexion entre la négativité propre à la culture européenne et le processus finalement autodestructeur qui a entraîné l’Europe à la ruine?



Intéressante question que je n'hésiterais pas à formuler au présent plutôt qu'au passé, surtout en cette période qui ne prête guère à l'optimisme, où tous les pouvoirs sont défiés. Il y a sans doute un cercle vicieux, pernicieux, à rompre pour redonner de l'élan à la construction européenne. Le dialogue des pluralités dont parle Edgar Morin, c'est celui des peuples, des cultures et des époques. Il vient du passé et d'en bas pour aller vers le haut et l'avenir. L'Europe ne peut plus avancer sous une bureaucratie illisible qui depuis Strasbourg ou Bruxelles impose discrètement mais sûrement sa loi.

En ce sens, dans le cadre des élections européennes, l'équipe présentée hier par le MoDem porte un alliage très équilibré d'expérience, de nouveauté et de crédibilité. Elle me semble de loin la plus à même de saisir la complexité européenne et d'œuvrer à démocratiser l'Europe et la rendre enfin lisible à ses citoyens.

Pour lire ou relire tous les épisodes des Jeudis d'Edgar, c'est par ici.



Aurélien

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mercredi 28 janvier 2009

La CNIL s'oublie...

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Depuis 2007 le 28 janvier est la Journée Européenne de la Protection des Données. Il s'agit d'éduquer les citoyens européens sur leur droit fondamental au respect de leur vie privée. Un droit aussi essentiel que la liberté de circulation, d'expression ou encore de culte. Au travers de nos actes quotidiens, de nombreuses informations personnelles sont enregistrées dans des fichiers, communiquées à des tiers, rapprochées avec d’autres données ou ont des utilisations diverses ; effet amplifié par l'apparition des technologies nouvelles et mobiles.

Ainsi, selon la loi du 6 janvier 1978, le non-respect de nos droits d'information, d'opposition, d'accès et de rectification est sanctionné pénalement. En France, la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) a un rôle tout naturel à jouer lors de cette journée de sensibilisation. On s'étonnera donc de ne pas la voir figurer à son agenda... un oubli comme un aveu d'impuissance? d'indifférence? de capitulation? d'imposture? Les fleuristes ferment-ils à la Saint-Valentin?



Il faut dire que depuis sa création la CNIL a continuellement baissé sa garde de manière inquiétante, laissant proliférer les fichiers de police, le fichage ADN ou la biométrie. Diffusant en mode homéopathique quelques critiques timides ou vagues réserves, comme récemment contre le STIC et CRISTINA, respectivement frère aîné et demi-soeur d'EDVIGE, ses recommandations sont rarement suivies par le pouvoir et cèdent face à des intérêts "supérieurs".


Aujourd'hui les Français sont de plus en plus fichés et voient leurs libertés rognées au nom d'une sécurité collective sans que l'organisme sensé les protéger ne puisse intervenir efficacement. La sécurité... terme en vogue politiquement depuis la campagne présidentielle de 2002 sans qu'aucun danger ne soit clairement identifié ni mesurable. Un désir excessif de sécurité est adversaire d'une vraie liberté, disait Jean de la Fontaine dans la fable Le Loup et le Chien. Ou pour citer un autre connaisseur en droits fondamentaux, Thomas Jefferson: Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'un ni l'autre.

En cette journée européenne souhaitons donc que l'Europe soit plus à même de protéger nos vies privées. Voilà un enjeu important dont le MoDem devrait s'emparer pour les prochaines élections de juin 2009. À l'heure où les contre-pouvoirs sont à la peine en France, l'Union Européenne peut représenter sur bien des sujets un rempart salvateur. À condition, face à la démission des institutions comme la CNIL, que les citoyens prennent leur sort en main...


Aurélien
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dimanche 25 janvier 2009

Diversité: passe-partout?

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Depuis quelques années, en France, le débat sur la discrimination positive et le besoin de voir la diversité du peuple représentée fidèlement en politique se poursuit. Il est clair que les deux assemblées, pour ne citer qu'elles, sont très loin du compte. Toutefois je suis convaincu qu'il n'est pas souhaitable d'effectuer un rééquilibre précipité qui consisterait à promouvoir la diversité au détriment des compétences et de l'expérience.


Un exemple récent de cette éventuelle dérive touche directement le Mouvement Démocrate. Azouz Begag, ancien ministre du gouvernement Villepin puis candidat MoDem aux législatives à Lyon, annonce sa candidature à figurer en tête de liste aux prochaines élections européennes, pour la région Sud-Est.



Si je ne remets pas en cause son droit à se porter candidat, ni ne doute de la compatibilité de ses idées avec celles qui s'organisent actuellement au MoDem, deux éléments me poussent à la réserve sur cette candidature.

D'abord, Azouz Begag a déjà été candidat à beaucoup de candidatures... aux législatives de 1997 en tant que "divers gauche", parce que le RPR lui avait préféré un élu local malgré l'aval de Matignon, il se retira avant le scrutin, comme aux dernières municipales lyonnaises. Aux européennes de 1999 il était intéressé à figurer sur la liste du Parti Communiste, mais refusa faute d'y figurer en position éligible. Il aurait songé à se lancer aux municipales de 2001, mais finalement y renonça. Bref, jusqu'ici malgré de nombreuses prises d'élan son seul saut dans l'arène électorale jusqu'au scrutin fut celui des législatives de 2007.
Si je loue l'engagement politique, je suis sceptique devant autant de candidatures pour des postes totalement différents les uns des autres. Maire, député national et député européen sont trois fonctions tout à fait distinctes ; trois "terrains de jeu" bien séparés. Pour quelqu'un qui s'est toujours présenté comme relativement déstabilisé par les codes établis dans le monde politique, notamment lorsqu'il fut propulsé sans aucune expérience à la tête d'un ministère, il y a là un étrange et récurrent acharnement à se mettre en déséquilibre. J'y vois, peut-être à tort mais c'est bel et bien l'impression qu'Azouz Begag me laisse, un manque de lucidité, pour ne pas dire de sérieux.

Deuxième élément, et principale source de mon scepticisme: la raison qu'il invoque pour légitimer sa candidature à conduire une liste MoDem aux européennes. Pour lui c'est simple, il s'agit de diversité. Extrait d'un article de Libération:

"Les politiques français ne peuvent plus faire comme si rien ne s'était passé. Avec l'arrivée d'Obama, tout a changé. C'est pour cela que ma candidature tombe à pic". Azouz Begag dit avoir fait part de cette candidature à François Bayrou qui, selon lui, l'aurait pris comme un "cadeau". "Il faut que le MoDem joue cette carte. C'est l'hypothèse gagnante". Il assure qu'il peut faire "mieux" que Jean-Luc Benhamias, actuel député européen, et pressenti, tout comme l'ancien député de Saint-Etienne Gilles Artigues pour mener cette liste MoDem. Une bataille interne rangée qui ne semble guère effrayer le nouveau candidat à la candidature. Comme à son habitude, Azouz Begag rue dans les brancards de son parti sur fond d'une Obamania totalement assumée. Quitte à résumer sa candidature à la posture de la diversité. " Rachida Dati est candidate UMP à Paris, je dois être le candidat MoDem pour le Sud-Est."


Déjà, Gilles Artigues et Jean-Luc Benhamias ne sont pas n'importe qui au sein du Mouvement Démocrate. Les deux ont une longue expérience politique. Ils ont été élus, à eux deux, à toutes les fonctions auxquelles Azouz Begag à postulé - ou envisagé de postuler - et occupent des fonctions importantes dans le parti. Ils connaissent parfaitement tous les codes que lui perçoit plus souvent, selon ses propres termes, comme une cage. C'est notamment le cas pour Jean-Luc Benhamias au niveau européen qui nous intéresse dans cette élection. L'ancien ministre de l'Égalité des Chances affiche donc un culot certain en assurant pouvoir faire mieux que l'un ou l'autre.
Ensuite son argument unique, qu'il pense sans doute "massue", de la diversité est tout bonnement irrecevable à mes yeux. Qu'on écarte quelqu'un malgré ses compétences à cause de son appartenance à une minorité est honteux. Mais que l'on impose quelqu'un à un tel niveau de la vie politique sur sa seule appartenance à une minorité l'est tout autant. Même si son élection a changé beaucoup de choses, et contrairement à ce que semble penser Azouz Begag, Barack Obama n'a pas été élu parce qu'il était noir mais justement parce qu'il a su dépasser cette question. Il est totalement absurde de penser que toute personne issue d'une minorité ait automatiquement acquis une quelconque légitimité politique suite aux dernières présidentielles américaines. Idem pour la diversité "faire valoir" actuelle au gouvernement.

Si Azouz Begag veut prendre exemple sur Rachida Dati, je lui recommande vivement d'écouter le discours de Nicolas Sarkozy en clôture du conseil national de l'UMP. Dans une digression sensée vanter le tandem qui mènera la liste UMP en Île-de-France, Nicolas Sarkozy s'étend d'abord sur le cas de Michel Barnier, auquel il prête toutes les qualités du monde, et le présente comme celui qui aura longtemps assuré à lui seul la crédibilité de toute la droite française sur le plan européen... avant de dire qu'il formera avec Rachida Dati un binôme tout à fait complémentaire. La future ex-Garde des Sceaux appréciera. Si c'est par ce genre d'exploitation opportuniste de l'actualité qu'Azouz Begag veut défendre une cause aussi importante que la diversité en politique, c'est qu'il n'a pas intégré les valeurs fondamentales du Mouvement Démocrate. Souhaitons que sa profession de foi soit un peu plus étoffée et centrée sur la nature de l'élection.


Là où elle n'est pas suffisante, la diversité doit être un objectif. En ce sens, pour celui qui veut représenter tous ceux qui ne le sont pas encore, l'appartenance à une minorité est une condition nécessaire mais elle ne peut en aucun cas s'avérer suffisante.



Aurélien
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mercredi 14 janvier 2009

Quatre mousquetaires à l'assaut de l'Europe

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Ils sont quatre à avoir récemment créé un parti politique et à le présenter pour la première fois au suffrage d'une élection européenne. Pour ces quatre-là, ces prochaines échéances revêtent une importance particulière puisque le mode de scrutin - proportionnel plurinominal à un tour - permet aux "petits" partis de tirer leur épingle du jeu. C'est l'élection qui leur est non seulement la plus favorable mais aussi, sans aucun doute, celle qui se joue sur un terrain et des enjeux qui leur tiennent à cœur, au point souvent d'être à l'origine de leur volonté d'indépendance de l'UMP ou du PS.

Les candidats français se départageront 74 sièges en juin 2009, et nul doute que les luttes seront acharnées. Dans un contexte de crise quasi-générale qui ne prête pas à l'optimisme pour l'UMP au pouvoir, contre lequel se retourne souvent les électeurs dans ce type d'élections, ni pour le PS toujours pris dans ces divisions, toujours inaudible et qui retrouve ici le thème européen sur lequel il s'était déchiré en 2005, il est certain que les partis "marginaux", dont le message pro ou anti Union Européenne est connu, fort et porteur, peuvent faire un "coup".

Quelles sont leurs forces, leurs faiblesses, les risques qu'ils encourent?




1 - François Bayrou - Mouvement Démocrate

L'Europe est le terrain de prédilection de François Bayrou, et plus généralement des centristes. Sur la question le Mouvement Démocrate possède une crédibilité à la fois historique et porteuse de changement. La troisième force politique de France représente donc le danger numéro un pour les deux gros partis que sont l'UMP et le PS, qui ne devraient pas se gêner pour sortir l'artillerie lourde, d'autant que le mode de scrutin et la présence du MoDem au sein de l'ADLE permettront d'éviter la question des d'alliances. Un score identique aux élections de 2004 (autour de 11%) serait un bon résultat, mais je pense que le Mouvement Démocrate peut légitimement espérer mieux et pourquoi obtenir un des deux meilleurs scores au niveau national.



2 - Jean-Luc Mélenchon - Parti de Gauche

Le clivage entre son mouvement et le PS est né suite à sa campagne active pour le "non" lors du référendum de 2005. La question européenne n'ayant pas été réglée depuis au PS, le Parti de Gauche devrait être en mesure, pour sa toute première élection, de réaliser un score intéressant au détriment de ses amis socialistes. Il se pourrait même qu'il fédère aussi, par son discours à la fois anti-Lisbonne et anti-Sarkozy, quelques voix communistes et d'extrême gauche. Ce qui est certain, c'est que pour montrer que son existence est légitime, il ne fera de cadeau à personne.






3 - Nicolas Dupont-Aignan - Debout la République

Il semble acquis qu'il représentera les euro-sceptiques de droite, puisque le MPF de Philippe de Villiers se rallie chaque jour un peu plus à la majorité UMP. Il se pourrait qu'il rassemble une bonne partie des voix gaullistes qui ont dans cette élection une excellente occasion de freiner l'élan sarkoziste qui les essouffle quotidiennement. La principale difficulté de DLR, par rapport aux trois autres "mousquetaires", sera d'être audible. Il ne bénéficie pas d'un espace médiatique aussi étendu que Bayrou, Besancenot ou toute source de discorde au PS, ce que sera la candidature de Mélenchon, et l'UMP, comme lors des présidentielles, jouera l'indifférence. À moins d'un sursaut inattendu dans les sondages la mission paraît impossible.



4 - Olivier Besancenot - Nouveau Parti Anticapitaliste

Plus que son discours euro-sceptique, c'est son discours anti-Sarkozy qui devrait lui apporter le gros de ses voix, cristallisant toutes les frustrations actuelles dues à la crise économique ainsi qu'aux réformes menées au pas de charge sur tous les fronts. La clé pour le NPA sera de bien gérer l'émergence du Parti de Gauche, ne pas se faire syphoner comme le PS. Jean-Luc Mélenchon tente d'ailleurs un rapprochement, sans doute plus dans l'espoir d'attirer les nouveaux venus à la LCR que pour définir une véritable stratégie d'alliance. Médiatiquement, il y a de fortes chances qu'il cède du temps de parole à... Jean-Luc Mélenchon toujours. Cette élection est à haut risque pour le parti d'Olivier Besancenot, qui n'avait pas rassemblé 3% des voix en 2004. Une bonne performance du Parti de Gauche pourrait hypothéquer son avenir à long terme.


La confirmation Bayrou, la demi-surprise Mélenchon, l'échec Dupont-Aignan et la déception Besancenot. Les deux premiers pouvant se mêler à la lutte entre UMP et PS. Voici ma prédiction pour ces élections européennes de 2009. Quelle est la votre?

Une des clés de ce scrutin sera, comme toujours, la participation. Pour ces quatre "mousquetaires", ils trouveront dans un taux de participation élevé un intérêt commun. Et puisqu'ils partagent ce baptême du feu européen, une même inquiétude face aux dérives du pouvoir en place à Paris comme à Bruxelles ainsi qu'une même envie de redéfinir le paysage politique français, peut-être pourraient-ils se rassembler pour un appel à un sursaut démocratique.


Aurélien
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mercredi 17 décembre 2008

À quoi servent les eurodéputés?

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À ça:

Le Parlement européen a supprimé mercredi la faculté laissée aux Etats membres d'autoriser une durée hebdomadaire du travail supérieure à 48 heures, une possibilité largement utilisée au Royaume Uni et appliquée par certains secteurs d'activité dans 14 autres pays.

L'amendement clé, qui supprime dans un délai de trois ans cette dérogation ("opt out" en anglais) permise dans une directive sur le temps de travail de 1993, a été adopté par 421 voix contre 273 et 11 abstentions.

Les eurodéputés ont également décidé, contre l'avis des gouvernements des Vingt-Sept, que les "temps de garde", période d'inactivité passée sur le lieu de travail, devaient être intégralement compris dans le temps de travail.


S'il vous manquait une bonne raison de regarder de près les programmes des candidats aux prochaines élections européennes et surtout de vous déplacer le jour J... ce n'est plus le cas.


Aurélien
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mardi 8 juillet 2008

Et l'Europe sauva la France des socialistes...

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Pendant que tout le monde ou presque déplore la petite phrase de Nicolas Sarkozy sur les grèves qui passeraient inaperçues, il en est une autre, prononcée au tout début de même discours, qui selon moi aurait du faire bondir non seulement l'opposition mais aussi tous ceux qui se réclament de la démocratie.

Dans un début de discours typique, après avoir été annoncé par Jean-Pierre Raffarin comme le Président de l'Union Européenne, un poste qui n'existe pas mais qu'il reprendra à son compte tout au long de son discours, Nicolas Sarkozy évoque des évidences sur un ton très agressif contre on ne sait qui les nieraient. Il liste quelques bienfaits de l'Union Européenne. Évidemment la paix franco-allemande, bien sûr la modernisation, en toute logique la chute du rideau de fer. Mais d'abord cette phrase:

"Imaginons un peu ce qu'il serait advenu de la France et de son débat politique lorsque nous avions des ministres communistes au gouvernement de la France, des dirigeants socialistes au gouvernement de la France, heureusement qu'il y avait l'Europe pour empêcher ceux-ci d'aller jusqu'au bout de leur idéologie et de leur logique. C'est aussi ça l'Europe."


Comment l'opposition PS-PCF a-t-elle pu passer à côté d'une telle déclaration?

Surtout, comment interpréter ces mots?

Selon moi, Nicolas Sarkozy révèle ici tout le "bien" qu'il pense de l'opposition: ni plus ni mois qu'un camp politique désireux de revenir au socialisme ou au communisme tel que conçu dans les pays de l'Est, notamment en Russie. Des adeptes d'un totalitarisme en berne depuis la chute du mur de Berlin.

Il illustrera de nouveau cette idée en évoquant le débat français sur le retour de la France dans l'OTAN. Ce débat faite sourire Nicolas Sarkozy. Pour lui, ceux qui ne souhaitent pas cette réintégration expriment simplement une peur illégitime des Américains et oublient de considérer ces pays de l'Est qui rejoignent gaiement l'OTAN après avoir vécu si longtemps sous le pacte de Varsovie. C'est noir et blanc - comme sous l'ORTF... - tout ou rien. L'idée qu'il puisse simplement être question de l'indépendance et de l'originalité de la voix française, qui ont fait de la France un pays écouté et respecté dans le monde, un recours pour beaucoup entre les deux blocs qui s'affrontaient pendant la guerre froide, ne l'effleure même pas.

Selon Nicolas Sarkozy donc, François Mittérrand, Lionel Jospin, Michel Rocard, Laurent Fabius, Charles Fiterman ou encore Marie-George Buffet et Ségolène Royal ont été autant de menaces pour la démocratie française qui ne doit son salut qu'à la vigilance de l'Union Européenne. Et avec eux, par extension, tous ceux qui ont cru et voté pour leurs idées et le font encore. Les parlementaires UMP applaudissent à tout rompre. Jose Manuel Barroso se marre, comme d'ailleurs tout au long de ce discours, ne sachant trop si le Président plaisante ou non.

Imaginons un seul instant le tollé que provoquerait François Hollande, même dans l'opposition, s'il remerciait l'Union Européenne d'avoir sauvé la France des dérives totalitaires fachistes, voire néo nazies, qui pesaient sur elle lorsque des hommes et femmes de droite étaient aux gouvernements de Jacques Chirac, Édouard Balladur ou Jean-Pierre Raffarin. Nul doute que la volée de bois vert en provenance de l'UMP serait impressionnante, et à juste titre.


Le Président de la République a parmi ses devoirs de veiller au respect de la Constitution. Celle-ci stipule dans son tout premier article que la République Française est, en plus de laïque et démocratique, sociale et indivisible. Par cette seule déclaration Nicolas Sarkozy bafoue ces deux impératifs et manque donc à son devoir de Président. Ce devoir qui l'oblige à se situer au-dessus des clivages partisans. Ce n'est pas faire de l'anti-Sarkozy ni du TSS que de le rappeler, c'est simplement exiger du garant des institutions qu'il soit à la hauteur de la mission que le peuple lui a confiée.


Aurélien
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vendredi 20 juin 2008

Bilan du sondage sur l'avenir de l' U.E.

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Le sondage ouvert il y a une semaine sur l'avenir de l'Union Européenne est clos. En voici les résultats:

Commençons par la participation d'abord. Si je considère que tous les visiteurs de la semaine écoulée ont vu le sondage, la participation atteint péniblement un maigre 25%. Pas terrible... et comme diraient nos meilleurs politiciens, j'en prends la responsabilité et je l'assume, en tant que néo-blogger, et veux bien reconnaître une erreur de communication.

Pour les résultats: à la question "Suite au "Non" Irlandais lors du référendum sur le Traité de Lisbonne, parmi les propositions ci-dessous, quelle serait selon vous la réaction, de la part des dirigeants de l'U.E., la plus démocratique?", un échantillon représentatif de lui-même s'est prononcé, au travers de 47 votes emplis de conviction et d'engagement (malheureusement peu commentés), comme suit:

1 - Refaire voter les Irlandais dans quelques mois: 0% (0 votes)

2 - Renégocier dans la transparence un nouveau traité, voire une nouvelle constitution, plus claire et compréhensible: 23% (11 votes)

3 - Aller de l'avant avec le Traité de Lisbonne sans l'Irlande, ou en lui accordant un statut spécial. 8% (4 votes)

4 - Engager une consultation d'ampleur des peuples européens sur leurs perceptions et leurs aspirations vis à vis de l'Europe. 68% (32 votes)




Quels enseignements peut-on en tirer?

D'abord, la première proposition est la solution que Nicolas Sarkozy semble privilégier. Avec 0 vote (rien, nada, nothing...) parmi les 47 participants, on peut sans aucun doute y voir une illustration claire du fossé entre les citoyens et leurs dirigeants sur la question européenne, ces derniers ayant tendance à ignorer, contourner la volonté des peuples. Pour étayer cette idée, un sondage ouvert sur Agoravox indique que 91% de 440 votants sont également contre cette issue au blocage actuel.

Si l'on additionne les votes qui se sont portés sur les propositions 2 et 4, on atteint 91% des votants qui manifestement souhaitent ardemment que l'Europe prenne un virage significatif vers plus de démocratie, en respectant le vote des citoyens, en étant à leur écoute et en les incluant dans le processus créatif. C'est révélateur d'un attachement profond à l'U.E. et d'une certaine foi en son potentiel. L'échantillon votant étant très probablement représentatif de la blogosphère MoDem, ceci explique sans doute cela.

Quant à la 3e proposition suggérant d'exclure ou de marginaliser l'Irlande pour permettre à l'U.E. de continuer sa marche en avant, elle n'a recueilli que 8% des voix. Ceci me laisse penser que l'immense majorité des votants sont aussi attachés à l'Union qu'à l'Europe.

Pour finir je relaye ce sondage qui révèle qu'entre 1/4 et 1/3 des français sont soit indifférents, soit ignorants, soit indécis sur l'avenir du Traité de Lisbonne. C'est aussi la preuve d'un immense échec de la part des dirigeants européens.

Merci à tous les participants. Je reconduirai prochainement l'expérience sur d'autres sujets.


Aurélien
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vendredi 13 juin 2008

Quel avenir pour l'U.E.?... Sondage


Suite au "Non" Irlandais lors du référendum sur le Traité de Lisbonne, parmi les propositions ci-dessous, quelle serait selon vous la réaction, de la part des dirigeants de l'U.E., la plus démocratique?



1 - Refaire voter les Irlandais dans quelques mois.

2 - Renégocier dans la transparence un nouveau traité, voire une nouvelle constitution, plus claire et compréhensible.

3 - Aller de l'avant avec le Traité de Lisbonne sans l'Irlande, ou en lui accordant un statut spécial.

4 - Engager une consultation d'ampleur des peuples européens sur leurs perceptions et leurs aspirations vis à vis de l'Europe.

Pour voter, c'est en haut à droite de ce blog... Merci de justifier votre choix dans les commentaires.


Aurélien
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