jeudi 19 février 2009

Le Mépris

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L'État, le gouvernement, les ministres, les médiateurs et, bien sûr, Nicolas Sarkozy lui-même... c'est de là que viennent le dédain, l'indifférence, l'humiliation. Mépris: c'est le mot qui revient partout en ce moment de part la multiplication des conflits sociaux. Un mépris qui suinte des cabinets ministériels. Le fiel se disperse de tribunes de presse en plateaux de télévision. À longueur de communiqués on stigmatise, on ringardise, on culpabilise. On écoute... et on ne tient pas compte.


Mépris: Sentiment par lequel on considère quelque chose
ou quelqu'un comme indigne d'estime ou d'intérêt.


Trois semaines de grève illimité et toujours le blocage. Des années de mobilisation et une porte qui se ferme à double tour. Un mois et un mort pour enfin montrer aux citoyens de Guadeloupe qu'on sait qu'ils existent. Les sources d'information, essentielles en démocratie, sont dépréciées. Les rares moyens de protestation sont raillés. La fonction publique n'est pas plus respectée. Les principes élémentaires de séparation des pouvoirs sont bafoués. Les diplômes sont ridiculisés. On méprise même les frères et les cousins.


Partout, sous différentes formes mais toujours offensant, le mépris. En face, la société française fait preuve d'une résilience communautaire impressionnante. Patience ou résignation? Les citoyens ne sont pas que des récepteurs d'information. Ils valent mieux que des simples cerveaux au temps disponible. Au bout des lignes de communication de plus en plus grossières de cette équipe gouvernante, il y a des individus, des familles qui, elles, se heurtent chaque jour à la réalité. Les mensonges et les injures venant d'en haut s'y révèlent.

Sous le choc du réel le mépris change sa course pour revenir en boomerang vers ceux qui l'ont déversé. Mais ceux-ci n'entendent pas. Ils ne voient que réflexes archaïques, conservatismes et mauvaises volontés. Alors ils redoublent de mépris et la spirale infernale poursuit son expansion.

Jusqu'où? Jusqu'à quand?

Serait-ce, là encore, l'écume de quelque chose?



Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme.
[Albert Camus]



Aurélien

7 commentaires:

Christine a dit…

C'est exactement ça.

BGR a dit…

Le mépris prépare aussi la révolte ou la révolution, soudaine, imprévisible, violente...

Alcibiade a dit…

@ BGR : plutôt soulèvements, emeutes ou insurrections que révolution malheureusement.

"mépris" en effet Aurélien. Partout on entend ce mot. Et Boomerang aussi par voie de conséquence...

marie laure a dit…

Je viens de te tagguer ici http://hypos.over-blog.com/article-28109359.html
;)

passage a dit…

Ce qui empêche la prise en compte des revendications citoyennes, c'est qu'elles restent des revendications individuelles.
Le gouvernement joue !
Il réforme ici ou là et chacun réagit seulement lorsqu'il se sent concerné parce que ça le touche.

Alors chacun pour soi, pour sa famille, entraîne de petites actions que l'on peut stopper.

Le gouvernement dénie

Et lorsqu'une personne a le pouvoir d'informer, d'agir et en use
Le gouvernement punit

Et l'on oublie parce qu'on n'a pas le temps de réfléchir, il y a trop de réformes, trop de causes à défendre ici ou là. Et puis il y a le parti, il faut des élus pour...

La réponse à ce mépris est entre les mains des citoyens et leurs revendications non individuelles...
Pas pour demain...

Aurélien a dit…

@Passage:

C'est vrai... même si je sens poindre un début de convergence. Il y a eu le regroupement des médias indépendants et l'appel des appels qui concentrait les professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, par exemple, et bien sûr le mouvement général du 29 janvier avec une forte participation du secteur privé. Peut-être un autre le 19 mars... À suivre...

C'est aussi une preuve que ce sont les fondamentaux communs qui sont menacés.

voyance gratuite en ligne par mail a dit…

Très bel article, je suis totalement d’accord avec toi.

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