vendredi 27 février 2009

Les Jeunes Pop à la rescousse

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Les Jeunes Pop ne doutent de rien et surtout pas de Nicolas Sarkozy. Ce n'est plus un Président de la République qui a été élu en mai 2007 mais un héros, le Jack Bauer de la la politique nationale, européenne et internationale. Celui qui fait tous les sacrifices au nom d'un idéal, pour le bien de tous. Que nous sommes niais de ne pas en avoir pris conscience plus tôt. Heureusement les Jeunes Pop sont là pour nous rappeler, avec toute l'objectivité et l'humilité qui les caractérisent, notre chance d'être guidés par Lui. Jugez plutôt:



C'est toute une campagne de réhabilitation de leur champion que les Jeunes Pop ont décidé de mener. 50 000 affiches, 500 000 tracts et l'inévitable groupe Facebook pour soutenir un "président à la hauteur des enjeux". Ils ne se contentent pas de le défendre mais le présentent comme l'homme qu'il nous faut pour passer au travers de cette crise mondiale.

Petit décryptage de leur propagande:

Le monde traverse une crise sans précédents. Dans cette tempête qui met à mal toutes les certitudes, et particulièrement celles de notre génération, élevée dans la conviction que le capitalisme était un système inébranlable, Nicolas Sarkozy a démontré une nouvelle fois qu’il était à la hauteur des enjeux.

Je ne sais pas vous, mais moi je n'ai jamais été élevé dans la conviction que le capitalisme, ni quelque autre doctrine que ce soit, était inébranlable. Mais je comprends la fébrilité des Jeunes Pop dans cette phrase. Quand nos illusions nous explosent en pleine face il est rassurant de prendre son cas pour une généralité.

Le capitalisme est ébranlé et le monde traverse la pire crise de tous les temps. Pire, donc, que 1929 ou les deux guerres mondiales. Pourtant tous les dirigeants de la planète, dont Nicolas Sarkozy, admettent leur incapacité totale à prévoir l'ampleur des dégâts qui seront causés par cette crise et sa durée. Ce que l'on peut reconnaître, c'est que le Président a agi, mais juger aujourd'hui de sa performance est impossible puisque rien de ce qu'il a initié en réponse à la crise n'est encore mesurable. Le glorifier à ce point est donc absurde.


En tant que Président de l’Union européenne, il a prouvé qu’ensemble et mieux coordonnés, les peuples d’Europe seraient plus forts pour affronter cette crise du siècle qui plonge toutes les économies mondiales dans un coma économique et financier. Il fut sans aucun doute, et de l’avis de tous, un grand Président de l’Union européenne qui s’est forgé, dans des circonstances exceptionnelles qui exposent les hommes au regard intransigeant de l’histoire, la stature de porte-parole des nations déterminées à moraliser en profondeur le capitalisme.

Nicolas Sarkozy n'a jamais été Président de l'Union Européenne. Ce poste n'existe pas. Il en a présidé le Conseil Européen. Il n'a pas rassemblé sur les solutions à la crise au niveau européen puisque chaque pays a élaboré son propre plan de relance. Il nous a d'ailleurs dit tout le bien qu'il pensait des plans de nos voisins lors de son intervention télévisée du 5 février. Encore une fois, même si l'on peut parler d'une relative réussite, prétendre que les avis sur la présidence française de l'Union Européenne sont unanimes et sans nuance est tout simplement faux.


En tant que Président de la République française, Nicolas Sarkozy n’a reculé devant rien, n’a cédé ni aux sirènes du renoncement ni aux tentations de la fatalité. Au lieu d’appliquer bêtement une doctrine économique, il s’est montré avant tout comme le Président de la réalité, pragmatique dans les réponses apportées aux problèmes concrets rencontrés par des millions de Français. En décidant de mesures de justice à l’occasion du « sommet social », il a fait le choix de ne laisser personne au bord du chemin et inscrit son action dans une stratégie claire : préserver l’emploi, parce que sans emploi, pas de pouvoir d’achat !

Recul sur les lycées, sur le travail du dimanche ou sur l'enseignement supérieur ; inflexion de sa politique sociale. Président de la réalité face aux problèmes concrets des français? Comme cette toute première mesure du bouclier fiscal? Comme le triplement de son salaire? Comme le traitement en urgence de la réforme de l'audiovisuel et de la loi Hadopi? Préserver l'emploi? Quid de ces constructeurs ou sous-traitants automobiles qui reçoivent des millions sinon des milliards de l'État sans remettre en question une seule seconde leurs plans sociaux?


En plaçant la jeunesse au premier plan de la relance de l’économie française, Nicolas Sarkozy a bien compris qu’il ne fallait pas laisser notre génération sombrer dans la peur de l’avenir, cette peur insidieuse, cette peur dangereuse. Il est aujourd’hui de notre devoir d’affronter la crise avec lucidité mais aussi avec confiance, pour qu’à l’orée du XXIème siècle la jeunesse de France renoue avec l’espérance.

Ici, les Jeunes Pop confondent le plan de relance de 26 milliards coordonné par Patrick Devedjian et les mesures sociales annoncées le 18 février dernier à hauteur de 2,6 milliards. Parmi ces mesures une seule, loin d'être la plus importante, concerne la jeunesse: faciliter l'accès aux indemnisations en cas de chômage. C'est ça "placer la jeunesse au premier plan"?

Lorsque l'on place cette mesure face aux 6 à 8 milliards du paquet fiscal qui favorisent les plus aisés des français, on réalise à quel point la jeunesse est en arrière plan, en zone floue. Elle n'est pas prêt à renouer avec l'espérance grâce à Nicolas Sarkozy qui en a une trouille bleue, au point de virer les préfets si elle s'approche d'un peu trop prêt, gueule un peu trop fort.


C’est en ce sens que nous avons voulu mener cette campagne. Elle est désormais entre vos mains, celles de dizaines de milliers de militants et de sympathisants qui ont à cœur de soutenir l’action du Président de la République face à une gauche à genoux et qui n’apporte pour seules réponses à la crise qu’intox, manipulation et récupération, laissant au passage sa dignité au placard.

Cet article des Jeunes Pop est en ligne depuis 2 jours. Il a suscité, sur leur propre site, 3 commentaires plutôt hostiles. Autant dire que cette campagne n'est pas gagnée... C'est qu'il est compréhensible que les "dizaines de milliers" de militants et sympathisants UMP ne se bousculent pas au portillon pour distribuer ces tracts et coller ses affiches. Ils savent très bien l'accueil qui leur sera réservé sur les marchés, dans la rue ou sur les campus. La droite se recomplexe, son manichéisme n'est pas plus pertinent aujourd'hui que celui de cette "gauche à genoux". Espérons que le silence qui répond à leur appel totalement hors sujet pourra, au final, leur être utile.


Nous en avons tous la conviction, l’histoire ne repassera pas les plats une seconde fois et nous n’avons en cet instant qu’une seule responsabilité, une seule mission : défendre ce que nous savons juste, au nom du Mouvement Populaire, pour l’avenir de la France.

Le "Mouvement Populaire"... euphémisme Coué d'une agitation populiste en vase clos au secours d'un homme qui à force de divisions et de communication débridée ne sait plus quoi faire ni quoi dire. Quel espoir, quelle révolution cette jeunesse "populaire" là peut-elle porter?


Aurélien

2 commentaires:

Charles-Henri a dit…

Salut Aurélien,
Triste jeunesse. Au contraire de ce qui se passe au Québec, où les jeunes n'hésitent pas à "brasser la cage" à leur leader... À en croire la glorification de ces jeunes populaires envers leur chef et à constater leur aveuglement face aux réalités, je ne peux m'empêcher de penser à certaines "jeunesses" du passé. Bien triste jeunesse en effet...

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