mardi 8 juillet 2008

Et l'Europe sauva la France des socialistes...

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Pendant que tout le monde ou presque déplore la petite phrase de Nicolas Sarkozy sur les grèves qui passeraient inaperçues, il en est une autre, prononcée au tout début de même discours, qui selon moi aurait du faire bondir non seulement l'opposition mais aussi tous ceux qui se réclament de la démocratie.

Dans un début de discours typique, après avoir été annoncé par Jean-Pierre Raffarin comme le Président de l'Union Européenne, un poste qui n'existe pas mais qu'il reprendra à son compte tout au long de son discours, Nicolas Sarkozy évoque des évidences sur un ton très agressif contre on ne sait qui les nieraient. Il liste quelques bienfaits de l'Union Européenne. Évidemment la paix franco-allemande, bien sûr la modernisation, en toute logique la chute du rideau de fer. Mais d'abord cette phrase:

"Imaginons un peu ce qu'il serait advenu de la France et de son débat politique lorsque nous avions des ministres communistes au gouvernement de la France, des dirigeants socialistes au gouvernement de la France, heureusement qu'il y avait l'Europe pour empêcher ceux-ci d'aller jusqu'au bout de leur idéologie et de leur logique. C'est aussi ça l'Europe."


Comment l'opposition PS-PCF a-t-elle pu passer à côté d'une telle déclaration?

Surtout, comment interpréter ces mots?

Selon moi, Nicolas Sarkozy révèle ici tout le "bien" qu'il pense de l'opposition: ni plus ni mois qu'un camp politique désireux de revenir au socialisme ou au communisme tel que conçu dans les pays de l'Est, notamment en Russie. Des adeptes d'un totalitarisme en berne depuis la chute du mur de Berlin.

Il illustrera de nouveau cette idée en évoquant le débat français sur le retour de la France dans l'OTAN. Ce débat faite sourire Nicolas Sarkozy. Pour lui, ceux qui ne souhaitent pas cette réintégration expriment simplement une peur illégitime des Américains et oublient de considérer ces pays de l'Est qui rejoignent gaiement l'OTAN après avoir vécu si longtemps sous le pacte de Varsovie. C'est noir et blanc - comme sous l'ORTF... - tout ou rien. L'idée qu'il puisse simplement être question de l'indépendance et de l'originalité de la voix française, qui ont fait de la France un pays écouté et respecté dans le monde, un recours pour beaucoup entre les deux blocs qui s'affrontaient pendant la guerre froide, ne l'effleure même pas.

Selon Nicolas Sarkozy donc, François Mittérrand, Lionel Jospin, Michel Rocard, Laurent Fabius, Charles Fiterman ou encore Marie-George Buffet et Ségolène Royal ont été autant de menaces pour la démocratie française qui ne doit son salut qu'à la vigilance de l'Union Européenne. Et avec eux, par extension, tous ceux qui ont cru et voté pour leurs idées et le font encore. Les parlementaires UMP applaudissent à tout rompre. Jose Manuel Barroso se marre, comme d'ailleurs tout au long de ce discours, ne sachant trop si le Président plaisante ou non.

Imaginons un seul instant le tollé que provoquerait François Hollande, même dans l'opposition, s'il remerciait l'Union Européenne d'avoir sauvé la France des dérives totalitaires fachistes, voire néo nazies, qui pesaient sur elle lorsque des hommes et femmes de droite étaient aux gouvernements de Jacques Chirac, Édouard Balladur ou Jean-Pierre Raffarin. Nul doute que la volée de bois vert en provenance de l'UMP serait impressionnante, et à juste titre.


Le Président de la République a parmi ses devoirs de veiller au respect de la Constitution. Celle-ci stipule dans son tout premier article que la République Française est, en plus de laïque et démocratique, sociale et indivisible. Par cette seule déclaration Nicolas Sarkozy bafoue ces deux impératifs et manque donc à son devoir de Président. Ce devoir qui l'oblige à se situer au-dessus des clivages partisans. Ce n'est pas faire de l'anti-Sarkozy ni du TSS que de le rappeler, c'est simplement exiger du garant des institutions qu'il soit à la hauteur de la mission que le peuple lui a confiée.


Aurélien

8 commentaires:

Anonyme a dit…

bonne analyse d'un texte révèlant le raisonnement binaire de Sarkozy, un manichéen qui se cache derrière le masque de pourfendeur du politiquement correct.

Anonyme a dit…

Salut,

Heu, juste une petite question.

Si, Nicolas SARKOZY, n'était pas vivant, vous posteriez envers qui ?

N'en prenez point ombrage car très souvent vos notes sont très bonnes, bien faites.

Mais, depuis quelques temps, c'est toujours vers la même personne !

Pourquoi ne pas écrire envers Montebourg, Valls, Peillon et les autres...

A plus. Cordialement.

JD
gueulante.fr

Aurélien a dit…

"Si, Nicolas SARKOZY, n'était pas vivant, vous posteriez envers qui ?"

Sans doute sur la personne qui occuperait les plus hautes fonctions.

Soyez honnêtes, je n'écris pas que sur Sarkozy. Seulement il occupe volontairement un très grand espace médiatique et cette dernière semaine il nous a particulièrement gâtés, et chaque fois que j'y verrai une dérive j'en parlerai.

Plutôt que de me poser cette question, j'aurais aimé avoir votre avis sur sa déclaration comme quoi l'Europe a sauvé la France des socialo-communistes.

Anonyme a dit…

Salut,

"Plutôt que de me poser cette question, j'aurais aimé avoir votre avis sur sa déclaration comme quoi l'Europe a sauvé la France des socialo-communistes."

La réponse à votre question envers la déclaration du chef de l'Etat de la France est celle-ci :

"Ridicule" !

Des fois, il devrait relire ses discours écrits pour lui...

Franchement, le plus grave est que la gauche ne bouge même plus !

Vous devriez poster votre note sur le site du PS.

Bravo à vous. Et pour une fois (souvent) nous sommes d'accord.

A plus

JD
gueulante.fr


PS : A l'heure où versac ferme, vous devriez prendre la place car votre plume est très bonne...

Aurélien a dit…

Merci d'avoir répondu.

"PS : A l'heure où versac ferme, vous devriez prendre la place car votre plume est très bonne..."

Merci du compliment.

Ceci dit, en plus d'être encore un novice, je n'ai pas d'ambition particulière en tant que blogger, et puis son dernier billet ne donne pas vraiment envie d'être à sa place, c'est le moins qu'on puisse dire.

arnaudh a dit…

Bien vu Aurélien.

Heureusement qu'il y a l'Europe pour empêcher Nicolas Sarkozy d'aller jusqu'au bout de son idéologie et de sa logique. C'est aussi ça l'Europe, que ce soit pour l'UpM mal ficelée, en matière d'immigration ...

Anonyme a dit…

merci Aurélien

Sarkozy : "l'Europe nous a sauvé des dirigeants socialistes" - Vidéo

Anonyme a dit…

Bravo pour votre billet, que je découvre grâce à "Les mots sont importants".

Vous êtes un des seuls à vous scandaliser et c'est encore un scandale (dans le scandale): ce silence des médias. Outre celui du PS et celui du PC.

(Il y a aussi le blog de ferrailleur : http://ferrailleur.over-blog.com/article-21110289.html )

Pourquoi ce silence ? Tout simplement parce que le P"S" s'est rendu complice du OUI au referendum et a trahi le 4 février. Du coup ils sont ligotés. Quant aux medias ils ont fait campagne aussi bien pour le OUI que pour la ratification du 4 alors faut pas compter sur eux hormis pour la rétention d'information et son maquillage. Reste le PC, mais ses membres eux-mêmes ne comprennent plus rien à ce qui s'y passe, sauf qu'il ne veut pas gêner le P"S" et qu'il concentre ses attaques dérisoires sur le facteur...

Merci infiniment et longue vie à vous et votre blog, que je mets illico dans mes favorits

(c'est quoi "versac" dont il est question dans les commentaires ?)

darwinspirit de chez no-log.org

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