mercredi 9 avril 2008

Modem : le mort à abattre


Suite l'échec de l' U.M.P. aux dernières élections municipales, Nicolas Sarkozy décide de se donner les moyens d'organiser la majorité en vue des prochaines échéances régionales et européennes. L' outil salvateur sera un "comité de liaison" entre l' U.M.P. et ses satellites (Nouveau Centre, Parti radical, Forum des Républicains Sociaux, Gauche Moderne, Progressistes).

Un article paru hier sur le site de l'hebdomadaire Marianne, et relayé depuis par d'autres rédactions, décrit ce projet. Deux groupes de travaux sont prévus, le premier pour les élections européennes et le second pour les régionales.

Après la fameuse "branlée" des municipales, on aurait pu penser que le but premier de ce comité de liaison serait de rassembler les forces du camp Sarkoziste, en ratissant le plus largement possible, pour faire face au regain de forme socialiste ; le P.S. est aujourd'hui majoritaire dans les régions et villes de France.

Et bien non, le premier intérêt de ce comité de liaison, notamment du second groupe, est de torpillé le Modem et François Bayrou.



"Le second groupe étudiera les régionales pour lesquelles le Premier ministre a proposé de modifier le mode de scrutin, en passant à la proportionnelle à un tour. Une telle réforme, obligeant au rassemblement dès le premier tour, aurait, aux yeux de la majorité, l'avantage d'être défavorable à François Bayrou, le président du MoDem. "La force de M. Bayrou, c'est les scrutins à deux tours parce qu'il peut monnayer très cher, à gauche comme à droite, l'appoint qu'il peut apporter pour gagner au second tour", a noté une source UMP."

Alors que les médias ont unanimement présenté les résultats des municipales comme un défaite majeure, voire fatale, pour le Modem, celui-ci reste manifestement la force politique à étouffer. Il serait bon de s'interroger sur les raisons de cet acharnement.

J'y vois la preuve que le Modem est encore en vie ; que tous ceux qui ont affiché haut et fort les 16% de moyenne réalisés, au premier tour des municipales, dans les villes de plus de 10 000 habitants avaient raison d'être fiers.

J'y vois la peur non plus seulement d'un homme, mais d'un mouvement dans son ensemble, large, déterminé, lucide.

J'y vois l'aveu d'un parti qui, lui, a effectivement connu une défaite fatale aux municipales: le Nouveau Centre. Ce comité de liaison est en réalité une nouvelle étape de la digestion du centre droit par l' U.M.P..


Par ailleurs, il est de notre intérêt à tous, français, que le Président de la République reste en recul du débat politique entre tous les partis. Il ne doit pas prendre partie s'il est (s'il veut être) le président de tous les français. Or ce "comité de liaison" sera piloté par Nicolas Sarkozy lui-même. Autant dire que le Président de la République s'implique directement dans l'exclusion organisée d'une partie de peuple dans le débat publique, assumant ainsi une dérive anti-démocratique affichée. Le slogan 2008 de l'Élysée: "Ensemble, sauf la moitié, tout devient possible."


Face à cela, le Modem, plus que jamais attaché à démocratie, à la justice, à la vérité, est en vie. Il fait peur du haut de ses un an. Vivement qu'il en ait cinq.


Aurélien

2 commentaires:

Thierry P. a dit…

Merci Antonin de relayer cette information. Même pas peur !
En effet, cela illustre le fait qu’ON estime qu’il y a peut-être péril en la demeure bleue. Si c’est comme ça que l’UMP espère se refaire une santé électorale, c’est une dérisoire stratégie à quat’sous.
Plutôt que de proposer un projet, on cherche la castagne.
Ce qu’ON n’a pas compris, c’est que le MoDem semblerait sortir plus fort de la stratégie d’étouffement qu’il subit. Bien sûr, il ne faut pas se voiler la face, nous en aurons reçu des bordées de coups bas. Mais, la plus mauvaise claque que va se prendre JE et ses sbires, c’est de s’être franchement planté de cible. En effet, nous eûmes droit à une tactique au petit pied de débauchage de notabliaux provinciaux dignes des chromos Balzaciens. Des gens plus soucieux de prébendes que sincères dans leurs convictions.
Semer la zizanie dans les troupes de l’adversaire, c’est une stratégie connue depuis l’Antiquité.
Les moins résistants ont donc, c’est humain, cédé aux sirènes. Mais ON a finalement rendu service au MoDem en contribuant à l’aider trouver sa force dans les adhérents courageux qui ont tenu bon. Car, ON ne sait pas qui nous sommes !
Si nous nous sommes spontanément retrouvés presque près de 60.000 à trouver un sens dans le projet qu’a initié François Bayrou après la présidentielle, ça signifie qu’il y a une lame de fond qui s’est formée. Beaucoup de novices se sont primo-encartés (dont moi), mais ils sont aussi pour beaucoup insérés dans les différentes strates de la société.
ON a voulu éreinter cette force orange, ON nous a tanné l’écorce, mais cela nous endurcit…
Je vous le dis comme je le sens. Même pas peur des matamores et castafiores de l’UMP.
J’ai vu à Villepinte ce que ça donne quand nous sommes ensemble, « tout est possible ». ON n’pas le monopole des clichés, avec nous aussi « tout est possible ».
Résister c’est bien… mais en parallèle, il faut mettre toute notre énergie et toutes nos compétences pour élaborer ce projet d’espoir pour la France.
Amitiés oranges @ toutes et tous
Thierry P.

Aurélien a dit…

@Thierry p.

Merci pour ce premier commentaire argumenté sur ce blog, ça fait plaisir. :)

Je pense que cette ambition de torpiller le Modem, en plus d'être vaine, est une triple erreur:

1 - L' U.M.P. renforce en réalité le Modem dans ses convictions et la défense de ses principes, et lui crée même un espace politique en l'excluant du sien.

2 - Que cette stratégie réussisse ou non, elle ne peut qu'augmenter le nombre de sympathisants Modem qui penchent vers la gauche plutôt que vers la droite.

3 - Les satellites de l' U.M.P. ne sont pas des forces additionnelles à celles de l' U.M.P. en terme de soutien populaire et de voix, puisque les parlementaires du N.C., entre autres, ont été élus avec les voix de sympathisants U.M.P. et clairement étiquetés à droite.

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