jeudi 3 avril 2008

Besoin de rien, envie d’un toit…


En sociologie plusieurs modèles existent pour classifier, hiérarchiser les besoins humains; ceux que nous ressentons tous, consciemment ou non.

Par exemple, la Pyramide de Maslow hiérarchise les besoins sur cinq niveaux, du plus matériel, physique, animal au plus intellectuel, spirituel, humain :

Besoins physiologiques (respirer, boire, manger, dormir, …)

Besoins de sécurité (logement, ressources, stabilité familiale, …)

Besoins d'appartenance sociale (amour, amitié, intégration sociale, …)

Besoins d'estime (respect, succès professionnel, loisirs, …)

Besoins d'auto-réalisation (apprentissage, amélioration, …)


Autre exemple, plus simple :

Besoins primaires (vitalité et physiologie)

Besoins secondaires (vie en société, habitation, alphabétisation, …)

Besoins tertiaires (vie personnelle, santé mentale, loisirs, travail, …)


Ce que l’on peut remarquer dans ces deux cas, et d’autres modèles pourraient le confirmer, c’est que la satisfaction des besoins les plus primaires (niveaux 1 et 2 dans le modèle de Maslow) doit être assurée avant d’aborder les niveaux supérieurs entre lesquels, en revanche, la hiérarchie s’assouplit.

En effet, il difficile, voire impossible, de nos jours et dans nos sociétés occidentales, d’envisager une intégration sociale sans aucune ressource financière. En revanche, avoir un logement et jouir d’une stabilité familiale peut suffire pour entreprendre l’approfondissement de ses connaissances où encore s’impliquer dans une association.

Ceci nous amène à constater, pour rejoindre l’actualité récente, que les besoins en ressources (pouvoir d’achat) et en habitation (logement) sont essentiels au bien-être non seulement des individus, mais aussi de la société dans son ensemble.

Il devrait donc être fondamental pour un pays démocratique, au pouvoir théoriquement exercé par le peuple et pour le peuple, de garantir le contentement de ces besoins. J’irai même plus loin : cette garantie devrait inclure une qualité, un niveau de satisfaction supérieur au minimum requis pour une simple survie, sans quoi les niveaux supérieurs du développement personnel et social, décris plus haut, resteraient inaccessibles.

Or, il est une période de la vie, pour la majorité d’entre nous, où l’accès aux niveaux supérieurs est indispensable au bien-être sur l'ensemble de notre vie. Cette période, c’est l’enfance. L’enfance dans son sens le plus large, de 0 à 25 ans, du stade du nourrisson à celui de jeune diplômé prêt à devenir officiellement adulte en rentrant dans ce qu’on appelle la vie active ; comme si tout ce qui précède ne relevait exclusivement de la passivité…

Si l’on se concentre sur l’âge « pivot » auquel correspond la vie étudiante, où l’on est ni enfant ni adulte, cette période où l’individu goûte à l’autonomie, se tresse un tissu de connaissances, de relations, d’aspirations et se dessine un avenir, alors la satisfaction des besoins de reconnaissance et d’appartenance sociale, d’estime et d’auto-réalisation doivent impérativement être satisfaits.

Il ne saurait en être autrement pour une société qui aspire au progrès de ses individus, d'elle-même et même au-delà, de l’ Humanité. « Le véritable progrès démocratique n'est pas d'abaisser l'élite au niveau des foules, mais d'élever la foule vers l'élite. », disait Gustave Le Bon.

C'est avec ces deux idées à l’esprit, le besoin essentiel du logement pour n’importe quel individu et le caractère « charnière » que porte la période étudiante dans une vie, que j’ai signé des deux mains la pétition lancée par le collectif Jeudi Noir.

Pour de trop nombreux étudiants de France, le logement est aujourd’hui devenu une contrainte, une angoisse, un péril. Ils font face à un problème qui ne devrait pas exister et surtout, ne devrait avoir d’impact ni sur les chances de réussite, ni sur la liberté avec laquelle chacun d’entre nous souhaite faire ses choix de vie.

Avec autour de lui une foule d’associations et de mouvements politisés de (presque) tous bords, le collectif Jeudi Noir avance onze propositions pour « sortir les jeunes de la galère du logement » :

- Application de la loi SRU, inéligibilité pour les maires qui ne font- aucun effort pour respecter la loi et mise sous tutelle par la préfecture de leur politique du logement;

- Doublement, et application aux bureaux, de la taxe sur les logements vacants;

- Application de la loi de réquisition de 1945;

- Construction massive de Cités U';

- Vérifier régulièrement la situation des locataires du parc social, quadrupler les surloyers de solidarité, donner congé aux locataires du parc social qui ont une résidence secondaire;

- Gel des loyers;

- Le cautionnement solidaire (GRL) doit s'appliquer à tous;

- Limitation simple et claire des pièces justificatives qu'un bailleur peut demander;

- Moduler la taxe d'habitation en fonction des ressources;

- Élargissement des critères sociaux donnant accès aux bourses d'études;

- Re-fiscalisation des intérêts d'emprunts et plus-values immobiliers.


Si vous pensez comme moi qu'il est de notre intérêt à tous que pour tout étudiant la précarité soit une impossibilité, rejoignez les signataires.


Aurélien

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