jeudi 27 novembre 2008

Le MoDem est-il révolutionnaire?

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J'ai forcément sourcillé à la lecture d'un passage du surprenant livre de Jiddu Krishnamurti "Le sens du bonheur". Extrait:

Vous considérez l'état actuel de la société comme allant de soi. Pourquoi? Vous qui ne faites pas partie des classes pauvres, mais qui êtes relativement aisé, pourquoi ne vous révoltez-vous pas - pas en tant que communiste ou socialiste -, mais pourquoi ne vous révoltez-vous pas contre l'ensemble du système social? Vous pouvez vous le permettre, pourquoi donc ne vous servez-vous pas de votre intelligence pour trouver la vérité et créer une nouvelle société? Le pauvre, lui, ne va pas se révolter, parce qu'il n'en a pas l'énergie, il n'a pas le temps de réfléchir, il n'a pas une minute à lui, il a besoin de nourriture, de travail. Mais vous qui avez des loisirs, un peu de temps libre pour mettre à profit votre intelligence, pourquoi ne vous révoltez-vous pas? Pourquoi ne découvrez-vous pas ce qu'est une société juste, pourquoi ne bâtissez-vous pas une nouvelle civilisation? Si ce n'est pas avec vous que les choses commencent, ce ne sera évidemment pas avec les pauvres.

Nous ne parlons pas ici de ce que les riches devraient abandonner au profit des pauvres. Quoi qu'ils cèdent de ce qu'ils ont, les pauvres ne seront jamais satisfaits - mais là n'est pas la question. Vous qui êtes à l'aise, et qui avez donc l'opportunité de cultiver l'intelligence, ne pouvez-vous pas, en vous révoltant, créer une nouvelle société? Cela dépend de vous et de personne d'autre ; cela dépend de chacun d'entre vous - pas des riches ou des pauvres ou des communistes. Mais nous n'avons généralement pas en nous cet esprit de révolte, ce désir ardent de briser les chaînes et d'aller à la découverte. Et c'est cette attitude qui compte le plus.

Pourquoi ai-je "forcément sourcillé"?



Je me souviens de divers sondages parus lors des élections de 2007 qui indiquaient que l'adhérent ou sympathisant moyen du Mouvement Démocrate étaient plus aisé et plus éduqué que l'adhérent ou sympathisant politique moyen. Je n'arrive plus à mettre la main dessus donc si l'un de vous peut me donner un lien quelconque vers de tels documents, je suis preneur.

Je me souviens aussi des nombreux discours de François Bayrou depuis 2 ans dans lesquels le mot "révolution" revenait régulièrement. Révolution citoyenne, politique, sociale...


Seulement je doute de ce caractère révolutionnaire... Le MoDem tel qu'il se construit prépare-t-il une révolution? Le peut-il, seulement, que ce soit par volonté ou par nature? Se donne-t-il les moyens d'être révolutionnaire?

Je suis pour ma part convaincu que l'aspiration, sinon la volonté, à véritablement révolutionner notre société, nos pratiques politiques et citoyennes est sincère et engagée. Je redoute cependant que cette aspiration ne soit prise de vitesse par le système en place et que, dans une précipitation forcée, notre révolte ne perde en intensité, en radicalité, en profondeur surtout.

Je me réjouis de voir les nombreuses commissions au travail et ne doute pas qu'il en sortira d'excellentes idées, ni que le projet du MoDem sera le plus intéressant, le plus complet et le plus réaliste de ceux qui seront proposés aux français d'ici 2012. Je regrette cependant qu'il n'y ait pas de commission, ou sous-commission "Brainstorm cosmogonique" ou "Architecture politique". En effet, pour que la révolution soit totale il faut litéralement tout retourner, tout réinventer. Pour nos instutions, cela passe donc aussi par une reconception complète du monde politique.

Pourquoi nécessairement rester, par exemple, sur une ligne unidimensionnel allant de l'extrême gauche à l'extrême droite? Pourquoi se définir politiquement uniquement par son rapport à l'idée qu'on se fait de l'économie et/ou de la souveraineté de la Nation? Il me semble que non seulement la représentation populaire mais aussi, et surtout, l'efficacité de l'appareil politique s'en trouve mutilées.

Quid des nouveaux enjeux sociaux, environnementaux ou énergétiques? Ne représentent-ils pas une urgence assez forte, au niveau mondial qui plus est, pour qu'un nouveau paysage politique se dessine autour d'eux? N'est-ce pas d'abord là (et seulement là?) qu'une véritable révolution pourrait se concrétiser?

Je sais que des modèles alternatifs ont déjà été proposés et étudiés, comme par exemple celui-ci. J'appelais aussi de mes vœux une telle réflexion dès le premier billet des Jeudis d'Edgar. Je souhaiterais en ce sens, pour résumer ma pensée, que le MoDem se montre créatif et audacieux aussi sur ce qu'il y a de plus fondamental.

Brisons les chaînes, allons à la découverte.


Aurélien

9 commentaires:

Passage a dit…

"pour que la révolution soit totale il faut litéralement tout retourner, tout réinventer"

Persuadée aussi que tout doit commencer par là.
Je crois que dans l'intention de la majorité de ceux qui ont suivi la "Modem Impulsion" il y avait ce désir de participer à une révolution.

Je suis sûre aussi que chez chez ceux qui observaient la naissance de ce parti, de loin, il y avait ce désir de voir cette révolution.

Et puis... Cette volonté de gagner a empêché celle de penser autrement.

Alors, si je ne pense pas forcément vrai, je réfléchis aussi et c'est drôle, je reçois plus d'écho en m'exprimant auprès de citoyens qui ne militent pas pour le Modem.

Au sein du parti, c'était un dialogue de sourds avec des actifs de la gagne qui "savent que c'est comme ça la politique"

Et l'actualité leur donne raison au fond. On commence à considérer ce parti. On en parle partout parce qu'il est devenu un parti d'opposition et que les fans de Ségo, la moitié du PS, l'utilisent pour des besoins de stratégie...

En réalité, ce parti devient un appareil au service d'un homme. C'est dommage

Claudio Pirrone a dit…

Je ne partage pas l'avis de "Passage". Il y a une ... impatience dans ce discours qui est signe d'un certain manque de lucidité. Quelqu'un a déjà participé à la naissance ex-nihilo d'un parti politique ? Laissez moi dire que c'est quelque chose d' extrêmement difficile à faire aboutir.

De plus le MoDem est la fusion de plusieurs choses : il porte donc avec soi la mémoire du fonctionnement et des logiques des groupes humains qui l'ont fondé.

Le "nouvel adhérent", individu, se retrouve au départ relativement seul vis-à-vis des groupes humains pré-existants. Ce n'est ni bien ni mal, c'est juste la dynamique des groupes humains.

Je crois que le MoDem est révolutionnaire, oui. Mais que cette caractéristique ne pourra être visible que à l'horizon 2012. Présidentielles ? Pas du tout.

En 2012 on aura conclu le premier cycle des nouvelles instances locales (oui, il y en a pas mal qui ont changé), passé le cap des européennes et, surtout, des régionales. On aura vu si l'organisation du travail en commission de programme aura été efficace. On aura, j'espère, commencé à fidéliser l'électeur.

On sera, en synthèse, assez vieux pour assumer, au bon moment, notre être révolutionnaires.

Le parti au service d'un homme ? Je vois plutôt un mouvement représenté par un homme. La nuance est de taille.

Passage a dit…

@ Claudio Pirrone

Bonjour,

J’apprécie particulièrement ce rappel à la réalité des difficultés que traverse, de toute façon, un parti naissant. Parce que c’est vrai.

Cependant, le Modem a désormais une histoire construite par tous ces nouveaux adhérents (puisque nouveau parti) venus chacun avec la « mémoire de fonctionnement et des logiques des groupes humains » de sa famille politique antérieure.



Voyez-vous, je ne comprend pas sur quoi se baserait mon impatience puisque lorsque je m’exprime sur le Modem, ce qui compte, c’est le phénomène du changement et son évolution, pas une échéance.

Donc, le but du Modem, pour moi, c’était l’aboutissement d’une politique écologique. C’est ce que je croyais être sa dynamique de travail puisque qu'il aurait été en mouvement.Je lui accordais même le droit à l’erreur pour peu qu’on ait la volonté de la rectifier.

Il semblait que, logiquement, si on additionnait ces richesses générées par la diversité des « intelligences, » si on en tenait compte, on commencerait à apprendre à travailler ensemble. Et on apprendrait aussi à gérer les conflits que la diversité amène obligatoirement. Cette gestion ne pouvait être qu'originale.

Malheureusement, si les nouveaux entrés dans l’appareil politique ont parfois évolué vers une sorte d’assimilation ou quitté le parti; les stratèges à but électoral se sont mis en place très tôt par ceux qui avaient l’expérience d’autres partis et qui savaient « comment ça fonctionne en politique»

C’est aussi ça la lucidité. Les dernières élections internes du Modem n’ont rien à envier à celles du PS. Même si je ne reviens sur les moyens employés pour amener à un choix limité de candidats puisés dans la « nouvelle génération politique » (rires)

La démocratie a parlé et désormais les représentants de la majorité des votants et les quelques uns qui n’ont pas pu leur prendre la place se retrouvent (en proportion) autour de la table où l’on prendra des décisions. Elles seront justifiées parce que la majorité s’exprimera en tenant compte de l’enjeu pour ceux qu‘elle représentera.

Une décision est-elle la meilleure pour un pays, une ville, un quartier, parce qu’autour de la table on tient surtout compte de l’avis des représentants plus nombreux puisqu’élus par la majorité des votants ?

Ne peut-on jamais prendre conscience de la bombe à retardement que représente l’inconvénient d’un projet concernant une minorité d’individus ?
On y est pourtant en plein avec Sarko…


Personnellement, je ne vois pas ce qui change.
Parce que l’appareil est semblable aux autres.

La politique interne du Modem a illustré par l'exemple son incapacité à dépasser les conflits, les fractures dans son propre parti.

Ses leaders ont par là démontré leur manque de volonté de faire de la politique autrement. C'est mon constat lucide.

Et quel que soit le programme qu‘il présentera, il se limitera au slogan ponctuel qui devrait séduire le potentiel électoral qu'il vise...

J'aurais préféré que le scrutin en faveur du Modem soit considéré comme le résultat d'une avancée des mentalités vers une prise en compte des intérêts de l'ensemble des citoyens, pas le but.

Aurélien a dit…

@Passage et Claude:

D'abord merci pour vos excellents commentaires.

Je pense que vous avez tous les deux raison.

Dans un premier temps, dont l'échéance reste 2012, il est clair que le MoDem devait s'organiser en fonction de la réalité politique du moment. En ce sens ce n'est pas plus mal que les plus expérimentés aient pris leurs responsabilités. Pour ma part je leur accorde ma confiance pour l'instant. Ils l'ont gagnée en soutenant le pari risqué, et même entêté, d'un homme, ce n'est pas anodin.

Ce que je crains, parce qu'aujourd'hui rien ne semble engagée dans cette voie, c'est qu'en parallèle de tout ce travail qu'on pourrait qualifier d'"implantation" du MoDem, la réflexion sur une véritable révolution, sur une société réinventée, n'ait jamais lieu faute de temps, de recul, de moyens... peut-être faute de patience.

Une des forces de Bayrou en 2007 a été de ne pas prendre les français pour des ânes. Il n'a pas eu peur d'être parfois technique, de décrire sa vision a long terme, il fut toujours pédagogue. Je suis sûr que le MoDem gagnerait du terrain s'il gardait cette attitude pour faire passer dans l'esprit des français que le MoDem prépare une alternative radicale, et non seulement une prise en main du système actuel.


Auré

Passage a dit…

@ Auré

Bonsoir,


" ce n'est pas plus mal que les plus expérimentés aient pris leurs responsabilités. Pour ma part je leur accorde ma confiance pour l'instant. Ils l'ont gagnée en soutenant le pari risqué, et même entêté, d'un homme, ce n'est pas anodin."

C'est exactement ce que je voulais croire et j'ai passé plus d'un an à calmer les uns et les autres qui s'opposaient. Je voulais faire confiance. Seulement, ils ont gagné (en interne) en "empêchant que les autres gagnent." Ils ont utilisé leur expérience pour leur accession personnelle au pouvoir.

Ils ont usé (gagnants et perdants) de manipulation, de passe-droit, de verrouillage, de rétention d'information.

Je ne crois pas que mon département est le seul où l'on observe que les plus expérimentés dans la magouille ont gagné.

Et je sais que pour la plupart des dysfonctionnements graves, François Bayrou est informé et pratique la politique de l'évitement.

Je ne me fais plus aucune illusion sur son "grand projet humanitaire." surtout tel qu'il nous l'a rédigé.

Ce n'est pas pour moi une question de temps. Je n'ai plus confiance. Celle que j'avais n'a pas résisté aux mensonges et aux lourdeurs des manipulations auxquels d'autres, pourtant se soumettent.
Et s'il est convaincu qu'en faisant du Modem le parti d'opposition principal, il n'a pas conscience qu'en le limitant ainsi à ce rôle, en tentant de se substituer au PS, il perd tout ce qui rendait le Mouvement séduisant pour les Français.

Sa meilleure tactique aurait été d'expliquer aux Français comment il souhaitait gouverner. Parce que tous les partis sont des partis d'opposition aujourd'hui...

Et au lieu de travailler sur un programme spécifique, le premier travail est de réfléchir à la manière nouvelle de travailler puisqu'on est censé travailler ensemble et c'est ça la difficulté, le pari du Modem...

Non ?

Aurélien a dit…

@Passage:

Je comprends votre désillusion, et je n'exclue pas que ayez raison.

Pour ma part je pense que ce que vous racontez était prévisible, je reste cependant optimiste pour la suite car je sens une réelle envie, au sommet comme à la base du MoDem (peut-être pas de manière générale aux niveaux intermédiaires), de faire surgir de nouvelles têtes, de nouvelles méthodes, de nouvelles idées.

Je pense que ce que vous décrivez faisait partie intégrante du calcul de Bayrou et de son choix de limiter la casse pour que le MoDem soit implanté le plus largement possible et le plus rapidement possible. C'était en quelque sorte le prix à payer. Un risque important, certes, mais calculé.

Je crois qu'il attend beaucoup de la base et de ses plus proches collaborateurs pour réduire et éliminer, avec le temps et du travail, les archaïsmes les plus décourageants.

Vous dîtes:
"Et au lieu de travailler sur un programme spécifique, le premier travail est de réfléchir à la manière nouvelle de travailler puisqu'on est censé travailler ensemble et c'est ça la difficulté, le pari du Modem..."

Tout à fait d'accord. Simplement la différence entre nos analyses est que selon moi ce travail "introspectif" ne se fait pas / ne s'est pas encore fait parce que le calendrier électoral et le choix stratégique de développement de Bayrou ne le permettait pas, tandis que selon vous (corrigez-moi si je me trompe) le MoDem a été trop vite verrouillé par les anciens.

Sans doute y a-t-il du vrai dans les deux analyses... Toujours est-il que ce travail reste à faire et je ne désespère pas de le voir un jour accompli.


Aurélien

Claudio Pirrone a dit…

Eh bien, tout d'abord merci à Aurélien et Passage pour ce débat :-)

@Passage
Bon, je vais me faire encore quelques ennemis mais je veux vous dire une chose. Voyez, je fais parti de ceux qui "ont de l'expérience". En effet, je crois sans fausse modestie d'être un des rares à avoir participé à l'essor d'un grand parti populaire de masse (qui sombra plus tard dans le populisme, d'où mon abandon) et à avoir fondé un parti (avec des anciens députés, des anciens ministres, etc.) et l'avoir vu échouer.

Avec ces bagages je me suis mis au service du collectif, car je crois que seul le collectif peut permettre au mouvement de se creuser un sillon électoral. Pas de voix, pas de Mouvement.

Je sais bien, la mue du parti en mouvement n'est pas sans a coups. Cependant, dire que les choses sont immobiles n'est pas exact.

Oui, il y a des équipes qui ont réussi à s'imposer à la régulière partant de la position d'outsiders. Elles sont rares, mais elles existent.

Cela dit, "gagner" une élection interne n'est qu'une étape d'un processus long. C'est pour cette raison que je tirerai un bilan juste avant 2012.

Pardonnez-moi une question. Mise à part la tentation du désengagement, quelle alternative au MoDem ? Je vous taquine un peu, n'en me tenez pas rigueur :-)

Passage a dit…

@ Aurélien

Merci pour votre patience,
Je me rends compte des difficultés à faire passer mes « réflexions.»

Juste une petite correction. J’ai dû mal m’exprimer. Le verrouillage s’est fait par les anciens ET par les nouveaux.

Et ça depuis le début. C’est vraiment ce qui m’a dégoûté. Et les adhérents qui applaudissent, qui suivent un clan ou l’autre… Encourageant encore cette fracture et affaiblissant encore l’impact du parti en donnant un spectacle minable…

Je suis sans doute différente, trop ignorante des réalités de la politique. Et pourtant, je suis sûre de moi.
L’évolution de la politique se fera avec l’évolution des mentalités.

Je suis née trop tôt (Rires)

Passage a dit…

@Claudio


Tssss… J’ai occupé le rôle de rapporteur lors de réunions, de commissions, et je peux vous dire que j’aurais apprécié l’aide des personnes d’expérience, des personnes compétentes, pour peu qu’elles y soient présentes autrement que pour venir écouter poliment les comptes rendus… Et parader au premier rang ou à la table des VIP d’un camp, ou de l’autre…

Gagner une élection interne ce devrait être le résultat d’un travail interne qui permet d’évaluer les capacités des personnes qui veulent prendre des responsabilités. Là elles gagnent la confiance.

J’ai peut-être un ou deux articles sur mon blog qui expliquent un peu mieux mon point de vue. Ou sur e-soutien s’il existe encore…
Nous avions échangé sur e-soutien et nous semblions assez d’accord à l’époque…

Pourquoi vous faire des ennemis parce que vous avez de l’expérience ? On n’est pas au Modem ici ! On est au bord de la fenêtre…

L’alternative au Modem, je ne la cherche pas puisque le Modem ressemble pour moi aux autre partis.

Par contre, l’alternative à ce système, oui, je la perçois chaque jour un peu plus clairement.

Prenez la définition du Modem telle que la claironne François Bayrou, rajoutez-y la foi, la cohérence le « avec » à la place des « ni »
Un pincée de respect de la parole donnée, une louche de considération pour l’outsider, un kg de maîtrise des barons et des militants trop motivés par leur carrière et de la clarté. Vous vous faites déjà une idée.

Ce n’est pas bien le lieu ni l’heure mais j’ai plus sympa à conter sur cette alternative qui ne peut que fonctionner si on joue le jeu.

(Ben quand on me taquine on prend une punition d’une page à lire na !)

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